Je suis une lectrice ordinaire. En aucun cas je ne me prétends critique littéraire. Ne sont présentés ici que des l...Lire la suite
Je suis une lectrice ordinaire. En aucun cas je ne me prétends critique littéraire. Ne sont présentés ici que des livres que j'ai aimés, en toute simplicité, avec une grande admiration pour les auteurs et leur travail... J'écris aussi, à mes heures, un peu de poésie Régine
Édition : Plon (grand format, 23 Août 2012)
ISBN-13: 9782259216623
Sa critique : Molly a très tôt compris que derrière la stabilité se cachait une forme de renoncement. Après un scandale causé par son aventure avec un homme marié, elle doit quitter sa famille et se réfugie chez son frère à Berkeley. ...[lire la suite]C’est là qu’elle rencontre John. Il est étudiant, elle suit quelques cours en dilettante. John accepte le silence de Molly, sa part insaisissable. Et puis un jour, sans explication, elle disparait.
Silence. 10 ans se passent. John, publicitaire dans une grande agence à New York, a tout quitté pour rejoindre le sud des états unis et participer à la création d’un vaste projet avec Mal, publicitaire visionnaire. Là va ressurgir Molly.
Belle réflexion sur les univers de l’art, du cinéma, de la publicité et de l'ingérences des uns dans les autres.
Édition : Cnrs (livrel (Tite-Live), 31 Mai 2012)
ISBN-13: 9782271074256
Sa critique : Comme on s’installe à la nuit claire pour observer les étoiles, on ouvre le livre de Daniel Kunth et l’on picore ici et là ces mots tout droit tombés du ciel…
Le ciel vers lequel notre regard s'enquiert d'une informat...[lire la suite]ion sur le temps (le temps qu’il est ou le temps qu’il fait), le ciel qui émerveille et fait rêver sans dévoiler tous ses mystères. Le ciel que l’on voit et celui que l’on vit, rythmé par le passage du jour à la nuit, du bleu azur au noir d’encre, le ciel gris lavis. Tellement présent à nos vies humaines qu’il ne pouvait en être autrement : nombre de mots de notre quotidien… descendent du ciel !
Chevauchons ainsi les galaxies, étonnons nous à la lune, embrasons nous au désir des astres.
D’aube en éclipse, de lumière en ouragan, Daniel Kunth nous livre sa moisson de mots, d'expressions et d'anecdotes, convoque les écrivains et les poètes et glisse quelques repères en encadrés.
J’ai eu la chance de lire cet ouvrage au tout début, de le voir se structurer et devenir ce qu’il est aujourd’hui. Merci monsieur l’astronome…
La préface est d’Hubert Reeves.
Édition : Mercure de france (grand format, 5 Janvier 2012)
ISBN-13: 9782715232136
Sa critique : "Il y a que je suis au bord du gouffre.
Au bord de tomber dans le cratère amoureux.
Il y a que demain, au plus tard après-demain, je serai fou de lui.
Et perdu"
Exploration du sentiment amoureux, de l...[lire la suite]’absence de l’être aimé et des tourments du temps qui sépare.
L’auteur voyage pour la promotion des traductions d'un roman qui lui valut le prix Goncourt.
En Roumanie, dès son arrivée, il croise Marian, libraire, et entre eux immédiatement une relation intime s’établit. Regards, effleurements. Mais comment faire coïncider cet amour inattendu avec la vie de chacun, Marian a la moitié de l’âge de Gilles. Questionnement sur l’âge aussi, le temps qui empreinte le corps et le cœur...
Une très belle évocation de ce dernier amour. La force et la profondeur des sentiments exigent une énergie et un désir que seuls deux mêmes volontés peuvent mettre en œuvre. Gilles sait tout des étapes de l’amour, la séduction, la fusion, les affres de la séparation, le doute, la peur de l’abandon… Il porte en lui trop de pertes, trop de deuils… et sa part de solitude est trop grande.
Le récit, même s’il est autobiographique, ne se vautre à aucun moment dans le pathos ou le nombrilisme. Il décrit le parcours d’un homme d’une grande lucidité, sans complaisance.
Une belle évocation aussi de cet âge où la sensibilité à fleur de peau rappelle un peu l’adolescence, parce que le corps déjà se modifie et laisse entrevoir, sans encore les accentuer trop, les prémisses de la vieillesse.
En abyme, l’évocation du couple Ceausescu et sa folie.
Édition : 10/18 (poche, 3 Mars 2011)
ISBN-13: 9782264054371
Sa critique : Trois femmes dans leur vie et leur époque respectives. Qui est Clarissa ? Dans quelles rues marche-t-elle ? Dans quel temps ? Entre quelles lignes ? Et Laura ? De quelle nature est le lien qui relie leur histoire à celle...[lire la suite] qu’écrit Virginia ? Chacune de ces femmes à un moment pose un pied sur cette limite fragile qui la propulse dans un univers plus vaste, plus profond, plus dense, au-delà des apparences.
Chacune est en quête d’une enfance, peut-être cette enfance promesse, qui demeure et se tient penchée sur l’épaule de l’écrivain, de la femme cherchant à être celle que chacun attend qu’elle soit, de celle encore dont le plus beau souvenir est un baiser sur une dune un matin d’adolescence.
"L’avant-veille, dans la nuit, il a arrêté sa voiture au milieu du désert de l’Arizona et s’est attardé sous les étoiles jusqu’à ce qu’il sente la présence de l’âme, ou appelez ça comme vous voulez ; la part permanente de lui-même qui avait été un enfant et se tenait maintenant debout – à peine un peu plus tard, semblait-il – dans le silence du désert sous les constellations."
Une lecture éblouissante. Le style, l’entrecroisement des histoires, la délicatesse des sentiments… Happée par l’univers de l’écrivain, j’ai déjà enchaîné avec le livre des jours. Et l’envie aussi de lire ou relire Virgina Woolf, dont le Mrs Dalloway est au cœur du roman.
Édition : Gallimard (livrel (Tite-Live), 23 Décembre 2011)
ISBN-13: 9782072464645
Sa critique : Fugitif, Aliocha, le jeune conscrit, déserte. Fugitive, Hélène, la "française", est en route pour Vladivostok situé à l’opposé de sa destination, la France. Improbable : la rencontre de ces deux êtres dans l...[lire la suite]e transsibérien. Lui a décidé de ne pas rejoindre sa caserne en Sibérie, elle vient de quitter l’homme qu’elle aime.
Le temps se dilate dans ce train qui n’est relié à la réalité du monde que par les rails. La nuit opaque derrière les fenêtres renvoie le reflet des visages.
Les gares comme autant d’échappées possibles pour Aliocha. Mais par maladresse ou par malchance, à chaque fois, il doit rejoindre le wagon. Les recherches s’intensifient dans le train... La "provodnitsa" veille. Elle en a vu d’autres !
Hélène a pris le transsibérien parce qu’il était le premier train à passer dans la gare le soir où elle est partie. Attendre aurait sans doute signifié renoncer à la fuite.
L’homme qu’elle laisse derrière elle est russe. Il vient de retrouver son pays après des années passées à Paris où ils s’étaient rencontrés. Mais Hélène ne parvient pas à apprivoiser ce pays dans lequel Anton semble renaître.
Entre les deux voyageurs s’instaure une relation de regards et de gestes, un dialogue corporel, aucun ne connaissant la langue de l’autre.
Le roman est très court, et cette brièveté va à l’essentiel : la fragilité, l’improbabilité et pourtant la solidité indéfectible du pacte silencieux.
Édition : Gallimard (grand format, 5 Mai 2010)
ISBN-13: 9782070783342
Sa critique : La nouvelle est un genre bien particulier. Ludmila Oulitskaïa le maîtrise comme personne. Peu importe le nombre de pages, la liberté en la matière est totale et la brièveté n’enlève rien à la force des mots. La précision...[lire la suite] avec laquelle est dressé le décor et sont campés les personnages est impressionnante. Magnifique galerie d’hommes et de femmes dans leur vie quotidienne, leurs amours, leurs espoirs et leurs défaites. Cris et silences. Ombre et lumière. Folle échappée d’un sourire.
Les sujets de notre tsar sont un voyage au cœur même de la société russe dans ce qu’elle a de plus vivant, de plus vibrant, de plus étonnant. Voyage sans concession, loin de l’âme russe romantique si chère aux touristes, mais au plus près de l’âme humaine…
J’aime dans mes articles tenter de rendre l’ambiance d’un ouvrage, presque de manière sensitive. Difficile avec ce recueil de 37 nouvelles ! Pourtant, comme fil conducteur, ce regard à mille facettes porté sur le trouble ou le basculement, juste à cet instant qui, redoutable ou rédempteur, bouleverse une vie.
De Ludmila Oulitskaïa, j'ai lu Sonietchka et Sincèrement vôtre, Chourik