Il était une fois une guitare rectangulaire de couleur bleu caraïbe-un modèle unique- sur laquelle était inscrit : « Bo Diddley, Blue Hawai n°1. » Arsène, grand black fauché, la subtilise dans une voiture anonyme, puis la donne à Désiré, qui l'échange contre des faux-papiers à Farid, qui se la fait voler par Bob, qui.Et nous voilà donc, de propriétaires très temporaires en mains plus ou moins bien intentionnées, conviés à suivre le très riche, très pittoresque et très mouvementé parcours de cet instrument d'exception, et à découvrir au passage
...quelques tranches de vie particulièrement frappantes, pour ne pas dire saignantes... C'est aussi, et surtout, l'occasion d'une balade truculente et parfois presque burlesque dans les coulisses et les arrières cours du Pigalle bigarré et multi-ethnique d'aujourd'hui, avec ses filles, ses maquereaux, ses dealers, ses flics ripoux et ses musiciens dans la débine.
Mené à un train d'enfer (et avec une délectation manifeste) par un tandem Chauzy / Villard au meilleur de sa forme, l'épopée (et la guitare itou) rebondira ainsi de personnage en personnage, jusqu'à retrouver Arsène, son initiateur involontaire, et se conclure en l'auguste présence de Bo Diddley himself, qui se montrera... disons, fidèle à sa légende. CQFD !
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des losers même pas mélomanes
Dans un Paris nocturne, la poursuite des aventures d'une guitare mythique, la « Blue Hawaï n° 1 », prétendument commandée au fabricant Gretsch par le légendaire Bo Diddley dans les années 50, est prétexte à une balade dans les quartiers nord, plutôt sordide, parmi des personnages perdants et perdus, ratés, à qui il arrive toujours quelque chose. Le dessin suit la narration, expressif, nerveux. On croit à la véracité du récit, Villard s'attachant toujo lire la suite