Édition : Gallmeister (poche, 4 Avril 2011)
ISBN-13: 9782351785102
Sa critique : L’on connaît ici, mon goût prononcé pour les livres de petits formats, les opuscules (nan c’est pas une maladie nan), les mini-livres bref les poches (qui vous ne les trouent pas) sous toutes leurs (protéi)formes.
Diant...[lire la suite]re, c’est vrai quoi, rééditer à vil prix des textes oubliés, quasi-inédits (voir complètement) tient parfois du sacerdoce, en tout cas d’un VRAI engagement éditorial, qui par ces temps de vaches maigres (Crisis what Crisis?) ET d’ignorance crasse (moins de français au Bac!), relève du miracle culturel, du dumping social, voir du suicide pur et simple.
Et ben non !
V’là t’y pas qu’avec la création par le plus jouissif des éditeurs français américanophile (nan c’est pas une maladie nan), Oliver GALLMEISTER de sa collection TOTEM, j’ai renoué avec un vrai grand bonheur de lecture!
Pensez, un trentenaire, qui en quelques paires d’années se permet de lancer à lui seul et avec un vrai succès une niche littéraire, le Nature Writing, balkanisée chez d’autres, voir dispersée façon puzzle dans le groconcosme des cercles dits littéraires français (entendre « parisiens » hein) a de quoi coupé le sifflet à plus d’un et à filer la banane à tous les autres. Et, même, à nous rendre jaloux (‘tain l’est plus jeune que moi le gazier )
Bref, trèfle de plaisanterie, ouvrez vos mirettes mixomatosées, éradiquez vite fait votre hypertrichose auriculaire (le trop-de-poils-dans-les-oreilles ça gêne pour le port du kax à zic nécessaire à toute BONNE lecture) et partez en immersion sur « la montagne de la lune » de Mister Howard McCord.
Car au paradis des livres couillus, madrés, foutraques et barrés tangentiellement noirs et d’aventures IRL, traduits quasi-exclusivement de l’US (argh sortez le crucifix de l’exception française messieurs les censeurs) this book en est le Saint Graal ! D’aucuns vont le classé martien, genre OLNI (objet littéraire non-identifié), et ils auront raison les rustres, si, si ! C’est tout bonnement le chaînon manquant entre Jim Harrison et Tony Hillerman sans les indiens mais avec ce grand dehors cher à l’école de Missoula, sauf que ce n’est pas au Montana que nous entraîne Sieur Howard mais au Nevada, à l’assaut de la lune, la montagne de la lune et de ses noirs versants, au-dehors, au-dedans. Brrrr !
And now the pitch !
Depuis 5 ans, William Gasper a posé ses guêtres, son sac et sa misanthropie dans ce nulle part bardé de quelques uns des plus beaux canyons, failles, escarpes et éboulis de l’amérique sauvage, celle d’InToTheWild (LE film culte de Sean PENN >>Extrait ). Il erre, grimpe, escalade, crapahute pour mieux redescendre et recommencer. Adonc, un Sysiphe ricain égaré. De monologues en basse continue, de voyages in petto en trek hallucinés et forcément lunaires, le sombre héros (bon, je sors semble fuir ou parfaire une rédemption, ou simplement peaufiner un monstrueux entraînement. En tout cas, il nous happe dans son étrangeté, dans ce dehors magnifié, dans ce dedans tortueux, et, surtout, dans les résurgences qui sourdent de sa mémoire . Tueur, espion, sniper, guerrier, ermite, parano ? Un cocktail foutrement addictif ! Mieux encore, quand son instinct lui fait repérer au bord de son champ de vision un autre marcheur solitaire qui semble, non QUI le suit, on sait que c’est déjà trop tard : on est complètement piégé…
Le cliffhanger final vous réservera alors un grand moment d’anthologie !
Alors, Mister Oliver GALLMEISTER, Mister McCord, merci encore pour cette inoubliable trek littéraire !
PS: Dans le genre pépite (re)découverte par O. Gallmeister, lisez le SALINGER du polar: TREVANIAN et, particulièrement, dans la même veine que «la montagne de la lune » : LA SANCTION
ganeshmira
Édition : Éd. parenthèses (grand format, 8 Avril 2011)
ISBN-13: 9782863642542
Sa critique : Tudieu ! Ca faisait longtemps ! Pourtant, j’avais juré, croisé les doigts dans l’ dos, fais un neud à mon mouchoir en papelar, consulter les astres, fais appel à un devin-lecteur-de-vol-de-piafs-et-entrailles-de-putois (...[lire la suite]ou l’inverse), bref et donc, je m’étais mis en mode pause, tendance off même, côté nouveautés-ès-1ers-romans-français ! Because plein de mauvaises bonnes raisons ! Overdose de rikikibook nombrilistes, misanthropie vs les tycoons du 7-5 (yo panam), appétit goulu pour de la litté joufflue, orgastique, en trad’ pask-ailleurs-l’herbe-est-plus-verte (rayez/additionnez les mentions in/utiles), que-sais-je (comme disait feues les PUF à Vendôme)?
Et zou, la baffe, la claque number one, la mornifle, en pleine paix de l’âme, tout à ma joie de lire hors des sentiers battus, en tout cas loin des salons littéraires entre Seine et Loir/e, de ceux qui confondent bouillon de poules et Whisky blend écossais, autofictions prépubères et THE first one novel à forces telluriques assurées !
C’est vers Ré-la-blanche, Massilia et l’Arménie millénaire, soit W/S/E pour les lecteurs qui me suivent (une équipe de foot, en salle, la nuit) en mode géolocalisation aka GPS, que m’a entraîné le Sieur concerné par cette Ré(vélation) là : Henri Aram Hairabédian. HAH !
Dis-lui son Nom (car c’est bien le titre de l’opus, pas un bug neuro issu du jeu de mots à 2 roupies précédent), publié aux Editions Parenthèses, cises à Marseille (spé en archi, art, jazz), appartient à la collection Diasporales tournée depuis quelques paires d’années, vers la publication de textes de la diaspora arménienne en France (Collection, éditeur, que, pour une fois – nan je ne saurais vous mentir impétrants lecteurs nan – je ne pratiquais pas dans mes étagères bourrées, même nuitamment, même de loin), et à sa corrolaire, la promotion de la reconnaissance du génocide qui toucha ce peuple millénaire en 1915.
Dis comme ça, ça calme ; on pressent du lourd, de l’obus pour blindage épais, du noirissime tire-larmes option tripal, du politicaly correct à la bienpensance bobocentrée…
ganeshmira
Édition : Points (poche, 19 Mai 2011)
ISBN-13: 9782757821008
Sa critique : Apprentis écrivains, bibliophages, ou simples (?) addicts aux mots, ce livre est fait pour vous ! Un compendium enlévé plein de verve et de styles pour apprendre les trucs et actuces de l'amateur-qui-rêve-de-se-voir-publ...[lire la suite]ier-en-blanche. Drôle (très) et finalement...utile !
ganeshmira
Édition : B. grasset (grand format, 12 Janvier 2011)
ISBN-13: 9782246773412
Sa critique : On avait quitté Olivia Elkaim, il y a deux ans. Les yeux emplis d'un Chambord inédit, d'un château à des lieues de la meringue romantique pour touristes pressés, hanté par les mannes des disparus, des justes et des résis...[lire la suite]tants qui furent sauvés – ou pas, comme la Joconde, dans ses caves pendant la seconde guerre mondiale. Les « graffitis de Chambord » , son premier opus chez Grasset (réédité aujourd'hui chez J'ai Lu), fut une belle surprise de la rentrée de septembre 2008.
Deux ans plus tard, Olivia Elkaim attaque l'autre versant. Massada, ce rocher emblématique de la résistance juive aux romains, sera son EIGER au féminin, une montagne aride à gravir, dangereuse même, la face féminine de l'ordalie familiale. Mais à défaut du jugement de Dieu, l'homme, ou plutôt la/les femme(s), sont tour à tour les acteurs cruels et les victimes expiatoires de cette pièce
« Les oiseaux noirs de Massada », emprunte cette fois aux poupées russes son jeu narratif. L'Histoire de Klara, notre contemporaine, porte en elle celle de Mouna/Edna, sa grand-mère, celle qui l'a vraiment élevé, mais celle qui lui a tout caché du passé. Car jusqu'au jour où Klara a le coeur qui explose d'un dépit amoureux à la force dévastatrice, Mouna jamais n'avait parlé de la guerre et de ses secrets enfouis, et jamais Klara n'avait pu lui faire raconter. Chanteuse vedette de la comédie musicale « les oiseaux noirs de Massada » montée en Israel, dans le rôle étrange et sublime de la dernière femme de Massada, la dernière égorgée, Klara n'était avant LUI, le grand Amour, qu'une « Kleine chanteuse » de cabaret, jazz au Blue Bird avec son groupe Cohen'CO, traditionnelle dans les barmitsvas bobos. En total abandon, elle prend de plein fouet les rets de son amant, Ron, marié, forcément. La guerre dans la bande de Gaza, précipite sa fuite et son choix. La désespérance de Klara la rend muette, elle ne chante plus, la voix, l'âme cassée. Mouna, sa Mouna, sa grand-mère fera le chemin jusqu'à elle pour consoler l'inconsolable. Et enfin lui raconter, nous raconter sa propre histoire : Isaac, son amour, sa guerre, sa perte. Le pélérinage, réel cette fois, au rocher propitiatoire qu'est Massada, sera le réceptacle de cette parole, de cette confession nécessaire, absolue pour que Klara puisse continuer. Et comme corollaire, l'arbre de Jessée et sa métaphore contemporaine : l'arbre généalogique, les racines, la famille.
Encore une fois, Olivia Elkaim réussit cette gageure de magnifier des histoires par l'Histoire, de relier des temps et des lieux plus intimement encore que ses amants, de nous accrocher au coeur et à l'âme un poison subtil et addictif : l'émotion.
ganeshmira