Édition : La contre-allée (grand format, 13 Septembre 2010)
ISBN-13: 9782917817063
Sa critique : Après la lecture de Du bulgom et des hommes d'Amandine Dhée et ma découverte des (éditions) La Contre Allée, je me suis attelé à la lecture d'un autre ouvrage de cette maison. Je viens de finir D'azur et d'acier de Lucie...[lire la suite]n Suel ! J'avais littéralement dévoré Mort d'un jardinier, paru à La table ronde, et suivi de près son travail de traduction du Livre des esquisses de Jack Kérouac.
Une fois n'est pas coutume, mais j'ai commencé par écouter l'adaptation audio proposée avec l'ouvrage. L'occasion finalement de découvrir davantage le site web de cette maison et le bel état d'esprit qui s'en dégage.
Belle, très belle que cette adaptation. Lucien Suel y est accompagné de Laure Chailloux, une accordéoniste douée d'une musicalité toute en émotion. Très sensible. J'en étais curieux. J'ai entendu plusieurs fois Lucien Suel lire. Je ne m'en lasse pas.
J'ai entamé la lecture dans la foulée…nimbé dans l'atmosphère générée par l'écoute de la lecture musicale. On voyage, c'est le moins que l'on puisse dire. Et cela, même si le tout se campe à l'échelle d'un quartier.
Chez Suel, une fois encore la forme sert le fond. Le texte se déroule brique après brique ! La brique des murs qui bouchent l'horizon, des murs qui abritent un passé sans lendemain, mais celles, aussi, de la reconstruction. C'est, à mon sens, franchement beau. Absolument contemporain. Un propos humaniste sans faille, terriblement lucide et généreux.
Édition : La contre-allée (grand format, 13 Septembre 2010)
ISBN-13: 9782917817056
Sa critique : Heureux de constater votre intérêt pour cet ouvrage, et tout particulièrement pour cette auteure. Je l'ai entendu lire et il est tout à fait juste que sa personnalité influe beaucoup et j'ai le souvenir de réactions enth...[lire la suite]ousiastes dans l'assemblée. Avec le recul, j'ai aujourd'hui le sentiment que l'humour qu'on lui prête, la qualité "orale" du texte.... tout cela, est pour autant immédiatement perceptible dans le texte. C'est une chance qu'Amandine Dhée soit dotée d'une telle personnalité et d'un réel talent de lectrice. Mais elle est surtout une excellente lectrice de "sa propre langue". Car c'est de cela dont il s'agit ici.
Une fois passé le premier chapitre où l'on se demande un peu ce qu'il en est, arrivé à la dernière phrase, quelques mots nous mettent de suite la puce à l'oreille. Ensuite, ça se déroule de digressions en digressions qui en disent long sur chacun de nous. Elles usent de références que l'on partage immédiatement. Une réelle empathie avec l'auteure prend corps. Vous n'êtes pas moins rapidement au beau milieu d'une scène, elle incarne forcément votre quotidien de citadin. On ne sait pas dans quelle ville cet ouvrage a été écrit, mais toutes s'y prêtent, assurément. Du moins, nous toutes et tous dans chacune d'elles.
Je ne connaissais pas cette maison d'édition, j'y serai attentif. Mais vraiment j'insiste, l'oralité, dans cette histoire, me parait liée à un savoir faire qui offre un naturel et une fluidité de lecture. Rien de novateur à cela, au contraire,et c'est heureux, l'usage d'un héritage du meilleur usage pour une écriture, pour le coup, ultra contemporaine. On attend la suite, c'est évident. Mais je reste curieux d'autres avis, sans pour autant douter du moins. Je lis beaucoup de nouveautés que j'oublie aussi vite. Ce livre m'est revenu plusieurs fois en tête et je me suis surpris à le sortir plusieurs fois de ma bibliothèque pour en lire un extrait afin d'illustrer un moment de conversations entre amis. Pour jouer au critique littéraire, je dirai un livre court qui ne manque pas d'épaisseur... Mais je ne suis pas critique littéraire et en suis très heureux.
Édition : Éd. invenit (grand format, 17 Juin 2010)
ISBN-13: 9782918698043
Sa critique : Quelle réussite que cette collection ! C'est souvent le cas, ma foi, lorsque cela s'impose avec la simplicité de l'évidence. Questionner le ressenti d'un auteur devant une peinture? Pour quelqu'un qui, comme moi, reste ...[lire la suite]un néophyte, me voilà tout simplement heureux de me laisser guider par le regard de qui n'est pas critique d'art. Plus précisément, cette lecture m'aura invité à me renseigner davantage sur la - cette - peinture. Comment lire une peinture... On se sent le désir de dire un lieu commun, mais ce type d'ouvrages devrait figurer dans tous les CDIs, tant il aiderait au dialogue et à la complémentarité des savoirs inculqués dans des matières qui ne devraient cesser de motiver le mélange des genres....
Édition : Éd. du seuil (grand format, 26 Janvier 2003)
ISBN-13: 9782020510806
Sa critique : 17 nouvelles poignantes d'une écriture d'une précision saisissante.Un ouvrage qui exige qu'on lui accorde du temps, ... et c'est heureux ainsi. Il me semble impossible d'enchainer les chapitres/nouvelles. Il nous faut re...[lire la suite]lever la tête. S'écouter un peu, laisser prendre le texte en soi. L'entendre. Y revenir. Poser, puis s'engager dans la nouvelle suivante...Au bout, la vie des hommes et finalement , au regard des événements actuels, on se demande quand saurons nous véritablement hériter de l'enseignement des (de nos) atrocités passées. On se sent un peu lâche et honteux. Un manifeste d'humanisme !
Édition : La fosse aux ours (grand format, 23 Avril 2010)
ISBN-13: 9782357070110
Sa critique : Un cheminement bienheureux que le mien pour aboutir à cet ouvrage. J'ai récemment posté ici une chronique à propos d'un livre, Du bulgom et des hommes. un premier roman où l'auteur, jeune, fait oeuvre d'un oeil aussi rem...[lire la suite]arquable que redoutable pour observer nos comportements citadins souvent discutables… Du coup, je m'étais attardé sur le site de la maison d'édition qui semble jeune, elle aussi. Merci jeunesse ! On y fait l'apologie de Maquis et de son auteur, Alfons Cervera. On y apprend que c'est le premier ouvrage traduit de cet auteur espagnol et cela à l'initiative des remarquables éditions de La fosse aux ours. On sera toujours un peu frustré de ne pas pouvoir lire un auteur dans sa langue, … Mais ici, si l'on se fie à la traduction de Georges Tyras, nous découvrons une langue d'une justesse et économie rare. Dans Maquis, les voix sont multiples… nous sommes, semble-t-il au coeur d'une tétralogie que les personnages traversent. Ils apparaissent, disparaissent jusqu'à ce que l'on s'y perde assez naturellement. Si ce n'est le but, mais si l'on en accepte le trouble, on entre alors de plein pieds dans ce qu'ont pu vivre comme, luttes, souffrances, privations mais rencontres et amours les habitants d'un village meurtri par une forte résistance armée dans un contexte marqué par la répression franquiste. Ici, nous sommes du côté de l'histoire vécue et écrite, comme jamais, de la mémoire des vaincus. Un contre point trop rare à l'Histoire dans sa version officielle.
Une véritable félicité que de pouvoir lire un auteur d'une telle acuité jusque là inaccessible pour qui ne lis que le français… L'occasion de saluer ces éditeurs qui font l'effort de publier des traductions. Celle ci, en l'occurrence, me semble majeure, tant pour la qualité de langue que pour sa contribution à la transmission - son enseignement ? - de notre histoire commune et contemporaine. Je ne lis surement pas assez, mais décidément, il y avait longtemps que je n'avais pas rencontré une écriture aussi bouleversante. Pourtant (heureusement devrais je dire), il n'y a aucun effet de style destiné à vous forcer l'émotion. Juste les faits, et le sens de la formule qui vous ébranle immanquablement. Chacune contribuant à votre chaque fois un peu plus disponible... Aussi, vous remontez assez souvent le cours de quelques pages, juste pour être sûr de ce qui vient de vous traverser. Vous êtes touché. Désespéré d'arriver à la dernière page et pourtant heureux du répit accordé à ceux qui les peuplent. D'exister enfin !
Je n'ai pu m'empêcher de penser à La belle écriture de Rafael Chirbes qui est incontestablement, l'un des livres que je garderai près de moi, quoiqu'il advienne. Je lui ai trouvé un compagnon, je crois. Le temps nous dira.
Dernière critique le
29 Juin 2009