Pasdel

16 billets

Aucun abonné

Billet

Publié le 24 avril 2017 à 11:56

blog-post-featured-image

La déstructuration politique

"Et en admettant qu'il eût encore été capable de croire à l'amitié ou à l'amour, et qu'il eût même pu revoir ses amis, il leur aurait demandé de se sauver de ses rêves. De fuir loin des pages. Loin des tiroirs de sa vie abandonnée".

  Il rêvait de liberté, d'amour, d'amitié; il se voyait écrivain, amant... La vie, l'histoire en décideront autrement. Dans la grisaille et la tristesse des quartiers est-berlinois, ses idéaux s'estompent, détruits insidieusement par les tenailles de la Stasi. Les fenêtres ne s'ouvrent plus que dans les souvenirs champêtres d'une enfance ensoleillée par la nitescence de sa grand-mère, dans les lettres exaltées de Marie. Arno K. se réfugie dans un silence accablant, engloutit par le tumulte politique, par le système policier. Jugé hostile et négatif, Arno perdra jusqu'à son existence gommé, extirpé du regard des autres, de leur mémoire. Né dans l’espérance du communisme, il grandit dans l'ombre du mur, emprisonné dans la réalité économique et politique d'une dictature, reclus dans les murs de l'amnésie.


  Par des phrases elliptiques, pleines de non-dits, Karsten Dümmel nous livre une fiction forte et bouleversante, dénonce les exactions de la Stasi et les méthodes de déstructuration mise en œuvre dans les années soixante-dix. 


  De courts chapitres, des fragments de souvenirs mis bout à bout sans chronologie réelle qui déstabilisent volontairement le lecteur, des fantômes gravitant ou s'évanouissant dans la vie du héros, des images qui se volatilisent sans laisser de traces, une mort qui n'apparaît même pas salvatrice. Autant de procédés pour mettre en exergue le fonctionnement d'auto-destruction préconisés contre les opposants politiques où ceux qui ne qui ne souscrivaient pas aux idéaux politiques. 

Description du blog

Ce blog ne contient pas de description et l'auteur n'a rien écrit a son sujet.