Édition : J. corti (grand format, 8 Janvier 2009)
ISBN-13: 9782714309860
Sa critique : Une véritable pépite que ce roman!!
Avec une écriture sensible et très touchante, Tatiana Arfel nous raconte le parcours de ces trois personnages très attachants qui vivent chacun à leur manière dans leur monde, à l'éca...[lire la suite]rt des autres.
Le thème de l'identité est très présent dans ce roman, entre Giacomo qui n'existe qu'en tant que clown, Melle B qui n'existe pour personne, et le môme qui vit seul à la façon d'un animal.
Le regard a beaucoup d'importance, car c'est justement celui des autres qui les fait exister de cette manière.
Les trois personnages se retrouveront pour un "tableau" final émouvant.
Un très beau roman, rempli de sentiments, de sensibilité et de couleurs!
Agathe
Édition : Points (poche, 5 Avril 2011)
ISBN-13: 9782757822388
Sa critique : C'est l'histoire de trois compères et d'un chien qui décident de remonter la Tamise.
Histoire on ne peut plus banale me direz-vous... Et bien non! Car ce livre est truffé d'anecdotes toutes plus hilarantes les unes que...[lire la suite] les autres!! Je me suis surprise à éclater de rire à la lecture de certains passages ont celui concernant l'oncle Podger qui "s'occupe de tout" quant à la mise au mur d'un tableau, mais ne peut s'empêcher de mettre toute la famille à contribution ce qui donne un épisode de quelques pages véritablement délicieux!!
Il ne se passe en fait pas grand chose mais chaque événement anodin est prétexte à raconter des aventures cocasses
L'écriture est magnifique, fluide et très agréable et nous découvrons un Jerome K. Jerome au vocabulaire soutenu et recherché mais très léger! Un véritable moment de bonheur
Difficile d'en raconter plus car tout l'ouvrage tient sur ces anecdotes toutes plus farfelues les unes que les autres et les raconter ici gâcherait le plaisir de la découverte!
Un conseil, emparez-vous de ce livre et ne le lâchez pas avant de l’avoir terminé! Vous serez conquis par cet humour British d’une finesse incroyable!
Agathe
Édition : Buchet-chastel (grand format, 1 Septembre 2011)
ISBN-13: 9782283025185
Sa critique : Difficile de parler de ce roman tant il est personnel. L'auteur lui-même s'y est repris à plusieurs fois pour trouver les mots justes et repasser dans sa mémoire les moments difficiles dont parle cet ouvrage.
Difficile ...[lire la suite]aussi parce que je sais que l'auteur lira mon billet!
Le récit suit la mélodie de Rich, la chanson de Lloyd Cole, qui est le point de départ du roman, puisqu'elle rappelle au narrateur un période de sa vie où, désemparé par la perte tragique de son père, sa mère et son frère en l'espace de quatre ans, il décide de partir à Morro Bay, plage californienne citée dans la chanson.
A 22 ans, il est orphelin et il a le sentiment de n'exister pour personne...
Il décide alors de liquider le reste des affaires paternelles et de partir, accompagné de Laure, sa petite amie (qui s'apprêtait à le quitter) et de Samuel, son meilleur ami.
Sur la route pendant trois mois ils rencontrent des personnages atypiques, chacun avec leur souffrance, qui renverront le narrateur à ses questionnements, ses souvenirs et à la nostalgie qui y est liée. C'est ainsi qu'il nous présente Rose, seule gérante d'un motel, qui attend le retour de son fils parti depuis plusieurs années. Alors que lui cherche à tout prix à oublier qu'il n'a plus de famille en voyageant, elle reste là, seule, à attendre un fils qui ne viendra sûrement pas.
Difficile d'en dire plus, car c'est un roman à lire et pas à raconter, pour la beauté de ses images, pour les émotions si bien retranscrites par des mots, pour une violence pudique qui saisit le lecteur.
Le sujet est traité pourtant avec beaucoup de légèreté (oui, oui!), les mots sont bien choisis, font sourire parfois, vont droit au coeur toujours.
C'est un roman du deuil et de la renaissance. Et en partant, il se donne ainsi la chance de revenir et de recommencer à vivre...
Agathe
Édition : Fayard (grand format, 17 Août 2011)
ISBN-13: 9782213663050
Sa critique : Les coeurs en skaï mauve de Sacha Sperling est un d'O.V.N.I. littéraire!
J'ai lu des critiques dithyrambiques et d'autres peu élogieuses sur ce roman qui a au moins le mérite de faire parler de lui!
Pour ma part, j'ai ...[lire la suite]beaucoup aimé. Je n'ai jamais lu de tel roman.
Des phrases courtes, percutantes et métaphoriques pour raconter à la manière d'un road movie, la rencontre et les quelques jours que passeront ensemble Jim et Lou, deux adolescents élevés à la culture de masse et à la surconsommation... Deux écorchés vifs qui vont rêver le temps d'un été d'un monde autre que celui qui les entoure, entre zone industrielle et fast-food.
Mais le retour à la vie sera brutal et le point final saisissant.
Car la vie, c'est pas du bidon, c'est du réel et on ne vit pas sa vie comme on fait un rêve...
Difficile de parler de ce roman car tout son intérêt réside dans le ressenti et l'impact de l'écriture.
J'ai véritablement été envoûtée . Ce fut une belle claque littéraire!
Agathe
Édition : Lattes (livrel (Tite-Live), 17 Août 2011)
ISBN-13: 9782709637664
Sa critique : Dans cet ouvrage qui se situe entre roman et autobiographie, Delphine De Vigan raconte sa famille et plus particulièrement sa mère, et cherche à comprendre sa personnalité obscure, ses souffrances et les causes de sa chu...[lire la suite]te dans la folie.
Plusieurs parties forment le récit, à travers trois époques différentes :
La première partie met en scène la mère de l’auteure, Lucile, lorsqu’elle est enfant. Le récit se fait grâce à des témoignages de la famille, et des cassettes que Georges, ce père aimant et tyrannique a laissées, et dans lesquelles il confie des passages de sa vie.
La deuxième partie nous raconte Lucile jeune femme. Le récit est alors mêlé de témoignages toujours mais également de souvenirs de l’auteure alors qu’elle était enfant.
La dernière partie concerne Lucile en tant que grand-mère et ses dernières années.
Le travail de l’auteure est énorme et ressemble parfois à une enquête. Elle questionne, déterre des souvenirs souvent douloureux, retrouve des écrits, confronte les différentes versions d’une même histoire…
Et tout ça, en plus de la souffrance que cela lui impose, lui fait se poser des questions sur l’héritage familial :
Quelle est la part d'obscurité que sa mère leur a légué, à elle et sa sœur ?
De quelle manière le passé joue sur notre personnalité?
et sur l’écriture :
Quelle est la part de vérité et de subjectivité dans ce qu'elle écrit, dans ce que lui raconte ses oncles et tantes?
A-t-elle le droit de mettre sa mère et sa famille en scène?
Quelles en seront les conséquences?
Quelle est la limite dans l’écriture, entre le réel et la fiction ?
"Je n'avais que des morceaux épars et le fait même de les ordonner constituait déjà une fiction."
J’ai eu beaucoup de mal à écrire mon avis tellement ce livre m’a bouleversée…
L’écriture est juste, sobre et d’une puissance incroyable.
La nostalgie, la souffrance et la mort imprègnent le récit et à travers les zones d’ombre et les non-dits, nous découvrons ce besoin sauvage qu’a l’auteure de comprendre pourquoi sa mère était tellement en souffrance et comment une famille apparemment unie et heureuse peut cacher en elle les racines d’un mal qui mène à la folie, des démons qui détruisent une vie…
Cela fait une semaine que je l’ai terminé et il me hante… Je ne cesse de regarder sa couverture, cette femme très belle et très sombre, dominée par une souffrance que l’on ne peut lui enlever …
Il en faut du courage pour écrire un tel livre… Il transpire l’incompréhension, la souffrance et l’amour… Il m’a assommée, bouleversée…
C’est un bel hommage que Delphine De Vigan rend à sa mère…
« Car au fond je sais que Lucile est toujours restée suspendue au-dessus du vide et ne l’a jamais quitté des yeux. »
« … il me semble que Lucile n’a rienaimé tant que boire, fumer et s’abîmer. »
Agathe
Édition : Elyzad (grand format, 25 Août 2011)
ISBN-13: 9789973580351
Sa critique : Voilà ce qu'on appelle un roman réussi! Ce fut un très beau coup de coeur qui m'a fait terminer l'année en beauté! !
Santa Clara est un village où l'on vit heureux, jusqu'au jour où le Président Benitez goûte son fame...[lire la suite]ux rhum et découvre l'existence de ce village. La tranquilité des habitants est alors mise à rude épreuve, car pendant 20 ans ils ont vécu en autarcie et ils ne sont nullement au courant de la révolution sanguinaire qui a mis à la tête du pays le Général Benitez.
Toutes leur habitude sont alors bousculées avant l'arrivée du Premier Ministre Benitez (le frère du Président!) : on change l'hymne, le drapeau, la devise le nom des rues...
Cette partie du roman est vraiment très drôle quoique teintée d'une ironie lourde de sens.
Qu'est-ce qu'on ne ferait pas pour éviter à Santa Clara un massacre, et au Président une colère!
Le gouvernement décide alors d'envoyer un ingénieur agronome afin de booster la production de canne à sucre, et ainsi produire plus de ce rhum si délicieux. Joaquin Calderon arrive donc à Santas Clara... Je ne vous en dirai pas plus car c'est un roman qu'il vous faut absolement découvrir.
Yamen Manai a su, à travers un récit écrit à la manière d'un conte d'Amérique du Sud, faire une critique à la douce et acerbe (si, si, c'est possible!!) des gouvernements totalitaires et des révolutions ( qui prend ici tout son sens propre ).
Tout m'a plus dans ce roman, et ce qui ne gâche rien, le livre en tant qu'objet est magnifique : papier épais, beige, couverture est épaisse et cette photo...! Juste sublime!
Merci à Libfly et aux éditions ELYZAD pour cette découverte que j'ai faite dans le cadre de la découverte de deux éditeurs du Maghreb.
Agathe