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    <title>Libfly</title>
    <description>Bibliothèque de Artsouilleurs</description>
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      <title>La passion suspendue</title>
<description><![CDATA[Quand on est fan d’un auteur, voir réapparaître des entretiens oubliés est une chose grisante : on croyait avoir fait le tour du personnage et non ! Il y a encore des choses à découvrir (chouette, chouette, chouette) ! Alors vous pensez bien, je n’ai pas pu passer à côté de ces entretiens qui permettent d’en savoir un peu plus sur la personnalité aussi fascinante que déroutante de Marguerite Duras.

Leopoldina Pallotta Della Torre a fait un très bon travail puisqu’elle a réussi à interroger Duras sur les thèmes qui lui sont chers et qui reviennent souvent dans son œuvre. Duras se livre sur son enfance, sur Paris, sur son rapport à l’écriture et à la littérature, sur ses personnages, sur le cinéma et le théâtre, sur la passion, sur la femme et enfin sur les lieux qui l’ont marquée. Il y a donc de quoi se faire un portrait assez précis de l’écrivain.

Duras était une femme à la personnalité très riche. Ainsi, on la découvre un peu meurtrie lorsqu’elle aborde son enfance et ces années sombres où elle subissait la haine de son frère et vivait dans la folie de sa mère (cf. Un barrage contre le Pacifique). Questionnée sur son arrivée à Paris elle explique :
 
&quot;Est-ce qu’on ne fuit pas tous sa maison parce que la seule aventure possible est celle que notre mère a déjà prévue ?&quot;
 
On retrouve également une Duras tendre quand elle parle de Yann qui fut son dernier compagnon :
 
&quot;Avec Yann, j’ai découvert que la pire chose qui puisse arriver dans la vie est de ne pas aimer. J’ai été débordée par sa présence. (…) Je me demande encore comment c’est possible. La passion a été tragique, comme toutes les passions. Et elle est née de cette non-coïncidence, de cette irréalisation de notre désir.&quot;
 
Mais Duras présentait parfois un visage plus sombre. Elle avait un égo assez démesuré et se prenait pour l’un des plus grands, si ce n’est LE plus grand écrivain de son époque. Dans C’est tout, quand Yann lui demandait ce que faisait Duras, elle répondait « Elle fait la Littérature » ! Sans surprise, la modestie est donc absente de ces entretiens. Quand la journaliste l’interroge sur les autres écrivains contemporains elle répond :
 
&quot;Qui les lit ? Je les soupçonne d’être ennuyeux (…) et puis, écoutez, ces gens-là, je crois, ne me supportent plus. Ils sont envieux. (…) Aucun d’entre eux en tout cas n’écrira jamais un livre comme Le Ravissement de Lol V. Stein.&quot;
 
Mais au-delà de ces aspects liés à la personnalité de Duras, ces entretiens permettent de mieux comprendre le rapport que l’écrivain entretenait avec l’écriture et comment elle construisait ses personnages. Ainsi, à la lumière de cette lecture, j’ai maintenant un regard nouveau sur certains de ses romans.

Ce livre est très précieux pour tous les amateurs de l’oeuvre de Duras. L’écrivain s’y est livrée sans crainte et en toute franchise. Si la personnalité de Duras était déjà bien connue (je songe notamment à la passionnante biographie Marguerite Duras de Laure Adler), ces entretiens nous permettent de rentrer un peu plus dans la vie de l’auteur et, comme toujours avec Duras, c’est passionnant !
			[http://culturezvous.com Culturez-vous]]]></description>
      <id>1737290</id>
      <auteur>Marguerite Duras, Leopoldina Pallotta della Torre, René de Ceccatty</auteur>
      <isbn>9782021096392</isbn>
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      <title>La pile du pont</title>
<description><![CDATA[Depuis plusieurs mois je lis le blog d’Audrey Betsch avec beaucoup de plaisir. J’aime son écriture percutante qui va droit au but, elle sait utiliser les mots et le ton qu’il faut pour extérioriser le trop plein d’émotions qu’elle porte en elle. Avant même de me plonger dans son livre je savais que j’allais aimer et je ne me suis pas trompé.

Audrey Betsch nous propose donc de rencontrer Cloé, une jeune femme dont le quotidien est marqué par un passé familial trop lourd et par un travail très difficile auprès de malades du cancer. Seule lumière : sa fille, l’amour de sa vie qu’elle voit malheureusement trop peu souvent. Alors, chaque jour, la tentation d’aller heurter la pile du pont est présente. Mais Cloé ne veut pas se laisser aller aussi facilement, elle tient le coup grâce à son psy, aux artistes (Biolay, Dominique A, Bashung, Florent Marchet…) qui lui rendent – le temps d’une chanson – la vie un peu plus supportable et grâce à son blog dans lequel elle peut déverser ses pensées.

Je vous le disais un peu plus haut, Audrey Betsch aussi a un blog où elle ne fait pas mystère de sa vie d’infirmière. Il y a a donc probablement une part d’autofiction dans ce roman et bien malin celui qui arrivera à dire ce qu’il contient de réel et de fiction. Dans un texte, Arnaud Cathrine écrivait :
 
&quot;Il m’est arrivé d’écrire des pages dangereuses. Je me suis empressé de le passer sous silence ou de prendre une mine offusquée : fiction, mon cher ! qu’allez-vous croire ? Mais il reste tellement de pages impudiques, méchantes ou impardonnables que je n’ai pas écrites…&quot;
 
Il me semble qu’Audrey Betsch a écrit quelques-unes de ces pages dangereuses et je ne peux que saluer son courage pour avoir mis une part d’elle dans un tel livre.
Audrey Betsch nous livre ici une belle leçon de vie. A travers ce roman, il n’est pas seulement question de Cloé mais aussi des malades du cancer. Ce livre salue leur courage face au combat mené contre la maladie tout en apportant le regard d’une infirmière sur un service d’oncologie.
La pile du pont se lit très vite, les chapitres sont courts et le style très épuré d’Audrey Betsch donne à ce texte encore plus d’impact, chaque phrase fait mouche. C’est un livre troublant et touchant qui ne peut pas laisser indifférent. Une belle leçon de lutte pour la vie tant face aux problèmes personnels que face à la maladie.

Je ne suis pas prêt d’oublier ce livre puisqu’il s’agit du premier e-book que j’ai acheté. Malheureusement La pile du pont n’est pas disponible en version papier, vous ne le trouverez donc pas chez votre libraire mais il est disponible sur toutes les plateformes numériques (iPad, iPhone, Kindle, Kobo, PC…).
			[http://culturezvous.com Culturez-vous]]]></description>
      <id>1625018</id>
      <auteur>Audrey Betsch</auteur>
      <isbn>9782897170158</isbn>
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      <title>Le testament des templiers</title>
<description><![CDATA[Après avoir adoré Le livre des morts puis Le livre des âmes de Glenn Cooper, j’ai voulu poursuivre ma découverte de cet auteur. C’est donc avec beaucoup d’attentes que je me suis plongé dans la lecture du Testament des Templiers. 

Malheureusement, c’est souvent quand on en attend beaucoup d’un livre qu’il nous déçoit et quelle déception ici !

Si le style de Glenn Cooper est plaisant sur une histoire, on se rend vite compte qu’il utilise les mêmes ficelles d’un livre à l’autre :
- des chapitres courts qui ont toujours une fin donnant envie de lire la suite,
- des aller-retour récurrents entre différentes époques qui ont eu un impact dans le déroulement de l’intrigue
- quelques personnages qui essaient de percer les mystères d’un secret bien gardé tandis que d’autres font tout pour les empêcher d’y parvenir

La recette est agréable quand on la découvre mais lorsque vient le moment de se plonger dans le deuxième livre c’est comme si on regardait un spectacle de prestidigitation en connaissant le trucage : la magie n’opère plus. Par ailleurs, autant l’histoire du Livre des morts était bien conçue, autant ici on comprend assez vite ce qui se trame, l’effet de suspens est moins efficace. La déception se poursuit jusqu’à la fin du livre puisque Cooper a choisi d’avoir recours à la même astuce que dans son précédent ouvrage pour conclure son histoire…

Le Testament des Templiers m’est donc apparu plutôt comme un mauvais plagiat du Livre des morts que comme une nouvelle histoire originale. Glenn Cooper aurait-il cherché à épuiser les dernières miettes du filon ? Une chose est sûre, il faudra qu’il se renouvelle pour me séduire avec une prochaine lecture…
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      <id>1603971</id>
      <auteur>Glenn Cooper, Danièle Mazingarbe</auteur>
      <isbn>9782749118314</isbn>
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      <title>Le bilan de l'intelligence</title>
<description><![CDATA[Nous avons souvent tendance à penser que l’époque actuelle est celle de tous les bouleversements, tout semble aller trop vite. Pourtant, le discours de Paul Valéry bien que datant de 1935 évoque déjà les mêmes impressions. Mettons-nous dans le contexte de la première moitié du siècle dernier : la révolution industrielle bat son plein, la voiture remplace les chevaux, la médecine fait de gros progrès… après tout, le début du XXe siècle n’a pas été des plus calmes et a eu son lots de bouleversements ! De fait, malgré les 80 années qui nous séparent de ce texte, on y retrouve beaucoup de points communs avec notre époque.

Paul Valéry songe ainsi qu’à une certaine époque nous pouvions facilement prévoir ce qu’allait être notre vie qui ne différait pas énormément de celle de nos parents ou grands-parents. Aujourd’hui tout bouge si vite qu’il est impossible de savoir ce que nous vivrons dans quelques années.

Les propos de Valéry rejoignent un peu ceux de Lewis Caroll qui, en pleine Angleterre Victorienne écrivait dans Alice aux pays des merveilles :
 
&quot;Ici voyez vous, il faut courir aussi fort qu’on le peut simplement pour rester au même endroit. Si on veut se rendre ailleurs il faut courir encore au moins deux fois plus vite.&quot;
 
Dans cette époque où tout bouge, nous bougeons aussi pour pouvoir rester en place. De fait, Valéry constate que nous ne prenons plus le temps de nous arrêter :
 
&quot;Les mots « sensationnel », « impressionnant », qu’on emploie couramment aujourd’hui, sont de ces mots qui peignent une époque. Nous ne supportons plus la durée. Nous ne savons plus féconder l’ennui. Notre nature a horreur du vide.&quot;
 
Dans ce contexte, Paul Valéry critique l’importance accordée aux diplômes et notamment du baccalauréat qui, pour lui, bride le développement de la sensibilité et la formation d’esprits indépendants. Il prône au contraire une éducation qui valoriserait l’usage de la langue française mais aussi des langues mortes.

En bref, c’est un texte qui me semble encore pleinement d’actualité et que j’ai trouvé passionnant. Il se lit très vite et ne coûte que 3€ alors ne vous privez surtout pas de cette lecture !
			[http://culturezvous.com Culturez-vous]]]></description>
      <id>1053709</id>
      <auteur>Paul Valéry</auteur>
      <isbn>9782844853752</isbn>
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      <title>Clair de femme</title>
<description><![CDATA[Quand on ouvre un livre, on ne sait jamais ce qui nous attend. Si je connaissais déjà le talent de Romain Gary, je ne m’attendais cependant pas à être à ce point happé par ce roman. Malgré la tristesse de cette histoire il en ressort une beauté que j’ai rarement pu trouver ailleurs dans la littérature.

C’est un roman court, à peine 180 pages, mais rempli d’une intensité très forte qui va crescendo. L’histoire commence donc par une rencontre incongrue lorsque Michel qui sort d’un taxi heurte Lydia. On apprend à découvrir les personnages en même temps qu’ils font connaissance. Michel est saoul de malheur, sa femme est atteinte d’un cancer d’un cancer et sentant la maladie l’emporter elle le supplie de continuer à l’aimer à travers une autre femme et lui demande de partir afin qu’elle puisse abréger ses souffrances tout en restant digne.
 
&quot;Je vais disparaître, mais je veux rester femme. Je te serai une autre. Va vers elle. Va à la rencontre d’une autre patrie féminine. La plus cruelle façon de m’oublier, ce serait de ne plus aimer.&quot;
 
C’est donc avec Lydia que Michel va tenter de trouver patrie féminine. Elle aussi est amochée par la vie : sa fille est morte dans un accident de voiture quant à son mari qui était au volant, il relève maintenant de la psychiatrie. Depuis, elle porte avec elle le deuil de sa fille ainsi que la culpabilité d’avoir abandonné son époux. Ensemble, le temps de la nuit contée dans ce livre, ils tentent de combler leur solitude.
 
&quot;Nous vivrons après. Pour l’instant, il s’agit seulement de donner une chance à la chance. C’est une époque où tout le monde gueule de solitude et où personne ne sait qu’il gueule d’amour. Quand on gueule de solitude, on gueule toujours d’amour.&quot;
 
Entre Michel et Lydia, l’alchimie opère vite. Il l’observe avec amour, comme s’ils avaient déjà vécu de longues années ensemble, mais Lydia ne sait plus ce que c’est qu’aimer et craint de ne pas être à la hauteur des attentes de Michel. Jusqu’à la fin du livre on se demande où cette nuit va les mener, si Lydia donnera une chance à Michel ou si l’aube leur sera fatale.
 
&quot;Partez avec moi demain. Ne faites pas la bêtise de passer à côté par excès d’expérience. Partez avec moi, donnez une chance à l’impossible. Vous n’avez pas idée à quel point l’impossible en a marre et à quel point il a besoin de nous.&quot;
 
En toile de fond, nous faisons la connaissance de personnages atypiques à l’image du Señor Galba, dresseur d’animaux qui entretien une relation très forte avec son chien, ou encore de Sonia, une femme juive qui cultive son malheur.

C’est une véritable déclaration d’amour à l’amour que Romain Gary dresse ici avec une écriture admirable, remplie de douceur et de poésie. Ce livre est un très grand coup de cœur pour moi.
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      <id>179893</id>
      <auteur>Romain Gary</auteur>
      <isbn>2070373673</isbn>
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      <title>Papiers de soi</title>
<description><![CDATA[« Papiers ! Vos papiers ! Vider les poches et fouiller la mémoire. Retourner les tiroirs. Papiers d’enfance, lettres en souffrance. Que pourrais-je bien montrer ? ». Des papiers on en utilise tous les jours mais les papiers de soi sont plus rares. Martine Delerm utilise sa plume et son pinceau pour nous présenter ses papiers les plus précieux.

Les dessins sont magnifiques et agrémentés de quelques pensées qui font mouche. Martine Delerm nous explique ce que ces papiers lui évoquent : le bonheur de plonger dans les pages d’un livre, la sensation mélancolique que provoquent les lettres des disparus ou encore les doux souvenirs associés aux tickets de spectacles accumulés au fil des ans.

Si les papiers peuvent évoquer tout un tas de choses, ces quelques pages m’auront charmées et je pense à la chanson de Régine : « Laissez parler les p’tits papiers, à l´occasion papier chiffon, puissent-ils un soir papier buvard, vous consoler »…
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      <id>134567</id>
      <auteur>Martine Delerm</auteur>
      <isbn>2020556715</isbn>
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      <title>Les Petits chevaux de Tarquinia</title>
<description><![CDATA[Je ne pense pas que Les petits chevaux de Tarquinia soit le livre le plus accessible de l’œuvre de Duras. Chez Duras, les histoires ont toujours tendance à suivre une certaine lenteur : ce qui compte chez l’écrivain, ce n’est pas l’action mais les sentiments qui bouleversent les personnages.

Ce livre s’inscrit totalement dans cette tendance. L’histoire est assez simple : des amis passent des vacances ensemble et cherchent à s’occuper… aucun doute, vous n’êtes pas en train de lire un thriller ! Pour apprécier ce livre (et plus généralement pour apprécier Duras) il faudra vous intéresser aux réflexions de l’auteur. De nombreux thèmes sont en effet explorés dans ce livre : l’amour (récurrent chez Duras), l’amitié, l’envie de départ mais aussi l’alcool.

L’envie du départ est probablement le thème central du livre. Il y a bien entendu l’envie de sortir de ce lieu de vacances où il n’y a pas grand chose à faire mais surtout la volonté de changer de vie. Le titre du livre, Les petits chevaux de Tarquinia, vient de l’un des personnages qui rêve d’aller visiter Tarquinia pour sauver son couple et échapper à la monotonie du quotidien.
Je l’évoquais dans le résumé, en marge de ce que vit la bande d’amis, un démineur est mort dans la montagne. Les parents de ce dernier viennent chercher le corps mais refusent d’accepter la mort de leur enfant. Si au début on s’étonne de cette histoire, on comprend peu à peu qu’il s’agit là d’une mise en abyme du changement qui s’opère dans le groupe d’ami, procédé que l’on retrouve également dans le roman Yann Andréa Steiner.

En bref, les amateurs de Duras trouveront forcément leur compte dans ce livre mais si vous ne connaissez pas encore son oeuvre, je vous conseille plutôt de commencer par La pluie d’été ou Hiroshima mon amour qui me semblent plus adaptés à la découverte de ce grand écrivain.
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      <id>178746</id>
      <auteur>Marguerite Duras</auteur>
      <isbn>207036187X</isbn>
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      <title>Y revenir</title>
<description><![CDATA[Dominique A est un chanteur que j’adore, il est pour moi l’un des plus grands artistes de ce que l’on a coutume d’appeler la « nouvelle scène française ». Ayant vécu 6 années à Nantes, j’étais donc fier de proclamer dans un excès de chauvinisme : « Vous savez que Dominique A vient de Nantes ? ». Malheureusement ce livre m’apprend que je m’étais bien fourvoyé puisque Dominique A a grandi à Provins jusqu’à ses quinze ans avant de rejoindre Nantes.

C’est donc en fan du chanteur et piqué de curiosité par son aventure littéraire que je me suis lancé dans cette lecture. J’en suis ressorti avec un avis un peu mitigé. Soyons franc, je préfère largement le chanteur à l’écrivain dont le style ne m’a pas particulièrement charmé. Pourtant, j’ai trouvé ce livre très intéressant pour mieux cerner l’œuvre musicale de Dominique A. En nous parlant de son enfance, on comprend mieux où il a puisé son inspiration pour certaines chansons.

Par ailleurs, je me suis reconnu dans ce qu’il raconte : ce mal-être lorsque l’on grandit dans une petite ville avec l’envie d’aller voir ailleurs pour enfin vivre pleinement à la mesure de ce que l’on souhaite faire. Puis, arrivé dans cet « ailleurs », se rendre compte que la petite ville nous manque avec cette envie d’y revenir de temps en temps pour profiter d’un retour aux sources.

Sur un plan purement littéraire ce n’est donc pas un livre qui me marquera mais si vous appréciez le chanteur je pense que vous y trouverez votre bonheur !
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      <id>1637961</id>
      <auteur>Dominique Ané</auteur>
      <isbn>9782234071773</isbn>
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    <item>
      <title>L'école des saveurs</title>
<description><![CDATA[Quoi de mieux qu’un chocolat pour se remonter le moral ? Et que dire de ces aliments dont une simple bouchée nous rappelle un souvenir que l’on croyait disparu ? Lillian, plus que quiconque, sait que la gastronomie peut faire des miracles, elle a même décidé d’en faire son métier pour apporter du bonheur aux autres. Aussi, quand ses élèves passent la porte de l’école des saveurs, ils sont bien loin de se douter que leur vie va être bouleversée.

Au fil du livre, les histoires s’égrainent : des problèmes de couple au manque de confiance en soi en passant par le décès d’un proche ou encore par une maladie à surmonter, chacun des élèves porte en lui une blessure. Heureusement, Lilian connait à chaque fois la recette qui fait mouche pour les aider à retrouver confiance et progresser dans la vie.

Au début du livre j’ai été plutôt charmé. J’aime cuisiner et manger (!), je ne doute pas des bienfaits de la gastronomie sur notre moral alors j’ai trouvé plutôt intéressante l’idée de consacrer un livre à cette thématique. Mais au fur et à mesure, les histoires s’enchainent sous forme de nouvelles qui deviennent assez redondantes. A chaque fois le schéma est le même : une personne a un problème et Lillian a la solution grâce à la cuisine. L’auteur en a peut-être trop fait, un livre moitié moins gros aurait été parfait. Là je reste sur une note un peu amère, il n’y avait plus de surprise dans la seconde moitié du livre que j’ai eu du mal à terminer.
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      <id>1492632</id>
      <auteur>Erica Bauermeister, Mona de Pracontal</auteur>
      <isbn>9782253134572</isbn>
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    <item>
      <title>Le chat de Schrödinger</title>
<description><![CDATA[Pour illustrer l’un des paradoxes de la physique quantique, Erwin Schrödinger invente une expérience de pensée : un chat est enfermé dans une boite contenant un atome dans un état instable. Si l’atome se désintègre, un appareil déclenche l’évaporation d’un poison qui tuera le chat. De fait, tant que l’on n’a pas ouvert la boite, le chat peut être considéré à la fois comme mort et vivant. Deux états incompatibles mais qui pour autant doivent être considérés simultanément.

Philippe Forest utilise cette expérience comme point de départ de son roman. Dans la nuit, le narrateur voit un chat qui va passer un an avec lui avant de disparaitre. Ce chat, à la fois mort et vivant, lui permet d’entamer une réflexion sur la relation que l’homme entretien avec le réel mais aussi – et surtout – sur tout ce qui aurait pu avoir lieu si nos choix avaient été différents. Un voyage poétique dans tous les univers parallèles des vies que nous aurions pu vivre, afin d’évoquer l’enfance, le destin, la mémoire, le désir ou encore le deuil.

Rassurez-vous ! Si le point d’entrée de ce livre est une expérience scientifique, il ne vous sera pas nécessaire d’avoir des connaissances en physique quantique pour pouvoir vous y plonger. Non, il ne s’agit pas d’un ouvrage scientifique mais bien d’un voyage poétique que nous propose Philippe Forest.

Mais quelle drôle d’idée de partir de la physique quantique ? En fait, c’est plutôt bien pensé ! Etudiant différents états possibles (par exemple qu’un chat puisse être à la fois mort et vivant), la physique quantique crée tout un tas d’univers parallèles dans lesquels se déroulent l’ensemble des phénomènes envisageables. Forest imagine donc que notre vie est l’un de ces univers, perdu parmi la multitude des chemins qu’elle aurait pu prendre si nos choix avaient été différents :
 
&quot;J’en viens à voir le monde comme s’il était très semblable à une grande boîte qui, elle-même, en contiendrait une infinité d’autres dont chacune aurait la propriété que lui prête l’expérience de Schrödinger : recelant donc, en suspension, tous les possibles à la fois dans l’état qui précède l’instant où ceux-ci se précipitent, s’effondrent, pour que se constitue l’apparence unique de ce désastre en forme de mirage qui passe pour la réalité.&quot;
 
Il arrive un moment dans la vie où l’on commence à regarder derrière soi. On a perdu l’innocence de l’enfance et on se demande si nos choix ont été les bons. Quels chemins notre vie aurait-elle pu prendre si nous avions agis différemment ? Le problème, c’est qu’à trop s’interroger sur ces sujets, on en vient à se demander quel est le sens de la vie. Toutes les journées ne sont pas un long fleuve tranquille et nous portons tous en nous des blessures plus ou moins profondes dont certaines ne guériront jamais. Comment se faire à l’idée que certaines personnes ne sont plus là et que toutes celles que vous aimez subiront un jour le même tragique destin ? Comment, dans ce contexte, trouver un sens au train-train quotidien certes nécessaire mais parfois si monotone ? Je repense alors à Céline et à ce passage du Voyage au bout de la Nuit :
 
&quot;C’est l’âge aussi qui vient peut-être, le traître, et nous menace du pire. On n’a plus beaucoup de musique en soi pour faire danser la vie, voilà. Toute la jeunesse est allée mourir déjà au bout du monde dans le silence de vérité. Et où aller dehors, je vous le demande, dès qu’on a plus en soi la somme suffisante de délire ? La vérité, c’est une agonie qui n’en finit pas. La vérité de ce monde c’est la mort. Il faut choisir, mourir ou mentir. Je n’ai jamais pu me tuer moi.&quot;
 
Il ne faut pas être bien vieux pour savoir qu’il faut mettre de côté certains rêves et se contenter d’une réalité parfois douloureuse. Philippe Forest, sait de quoi il parle, il a vécu le drame de la perte sa fille lorsqu’elle était encore enfant (à ce sujet, je ne saurais que trop vous recommander la lecture de l’Enfant éternel). Difficile, donc, ne pas voir dans la disparition de ce chat une dimension autobiographique quand le narrateur s’interroge sur le voyage que peut faire le chat dans l’espace et dans le temps.

Sur la première moitié de ce livre, j’ai eu du mal à suivre Forest dans ses réflexions, certains chapitres étant à mon goût de trop. Mais la seconde moitié s’est avérée passionnante et je n’en suis pas ressorti indemne tant les mots de Forest ont pu faire écho en moi. Dans Le métier de vivre, Pavese disait que lorsque nous lisons, nous cherchons des pensées que nous avons déjà eues, à qui la page imprimée donne le sceau d’une confirmation et résonne en nous d’une façon particulière. Ce livre m’a fait cet effet là, Forest a réussi a mettre des mots là où j’en étais incapable. C’est un livre qui m’a beaucoup touché et qui restera encore longtemps dans mes souvenirs.
Tout comme avant d’ouvrir la boite on ne peut pas savoir si le chat est vivant ou mort, il est impossible de savoir si un livre va nous plaire tant qu’on ne l’a pas ouvert. Pourtant, si vous avez tendance à cogiter parfois un peu trop, je vous invite à lire les quelques morceaux choisis qui suivent et qui devraient vous convaincre de vous plonger sans attendre dans ce très beau livre.
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      <id>1745047</id>
      <auteur>Philippe Forest</auteur>
      <isbn>9782070138975</isbn>
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