4/5

11 avis

la sérénade d'Ibrahim Santos

Manai, Yamen

Edité par Elyzad - 2011-08-25

Langue : français

ISBN : 9789973580351

Description physique : 204 p.. 20,5 cm x 12,0 cm x 1,8 cm


LE LIVRE Dans la bonne ville de Santa Clara, celle qui produit le meilleur rhum du pays, personne n'est au courant de la Révolution que le dictateur Alvaro Benitez a menée il y a une vingtaine d'années. Les habitants vivent et cultivent comme autrefois, au gré des sérénades d'Ibrahim Santos, musicien météorologue. Alors forcément, l'intrusion des troupes armées révolutionnaires, et plus encore l'arrivée d'un jeune ingénieur agronome brillantissime, vont bousculer un peu les habitudes... Sur le mode du conte, avec une pincée de réalisme magique latino-américain, un roman drôle et satirique sur nos avancées techniques, et une parodie des dictatures.

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Avis des lecteurs

  • 5/5

    Puerto Novo, Caraïbes. Santa Clara, ville de la canne à sucre et du rhum, a été fondée il y a plus de 300 ans par... des ivrognes qui avaient embarqué avec eux quelques prostituées ! Un jour, le Président-Général Alvaro Benitez qui gouverne le pays « d'une main de fer depuis une vingtaine d'années » goûte du rhum de 15 ans d'âge de Santa Clara (ah, quel rhum !) mais il ne trouve pas la ville sur sa carte pourtant récente. Tout est alors mis en œuvre pour trouver Santa Clara. Pendant ce temps, à Santa Clara, la gitane Lia Carmen Sangalo voit dans son marc de café de sombres présages. Or, à Santa Clara, personne – même le maire José Ricardo Silva – ne sait que la Révolution a eu lieu et qu'un nouveau pouvoir est en place depuis 20 ans. Tout le monde est heureux et, chaque soir, c'est la fête sur la place principale avec les sérénades d'Ibrahim Santos qui prédit avec son violon le temps du lendemain. Mais le capitaine Manuel Jésus del Horno, ayant découvert Santa Clara avec ses deux lieutenants, annonce aux habitants que dans trois jours arriveront pour goûter le rhum et décider du sort du village le Premier ministre, Alfonso Benitez, frère du nouveau Président, et le Ministre de l'agriculture, Alvaro Uribe qui a créé une Académie agricole. [...] Ibrahim Santos doit écouter les trois militaires chanter le nouvel hymne national pour en trouver les notes et s'entraîner à le jouer avec ses musiciens. C'en est presque burlesque... Mais, après la visite des deux ministres, Uribe envoie son poulain : Joaquín Calderon, un orphelin qui est le premier sorti Major de promotion de l'Académie agricole. [...] Vous vous en doutez, tout ça va mal se terminer ! [...] Coccinelle

    par Catherine2 Le 23 juillet 2013 à 16:07
  • 5/5

    Chacun connait le fameux petit village gaulois qui résiste farouchement à l’envahisseur… Mais avez-vous déjà entendu parler de Santa Clara ? C’est un tout petit village perdu au fond d’un pays des Caraïbes, mais qui pourrait se situer dans bien d’autres contrées. À Santa Clara, il fait plutôt bon vivre. On y cultive le meilleur rhum qui soit grâce aux techniques ancestrales et aux prévisions chantées du musicien météorologue Ibrahim Santos. Et puis on y vit tranquille, si tranquille que la révolution n’a pas touché cette contrée isolée… alors qu’elle a eu lieu il y près de vingt ans ! Mais un beau matin, le Président-Général Alvaro Benitez décide de trouver d’où vient le sublime rhum qu’on lui a servi et envoie le capitaine del Horno en émissaire, car le village n’est même pas répertorié sur les cartes du pays, pour préparer ensuite l’arrivée d'Alfonso Benitez (premier ministre et frère du président) et d'Alvaro Ulribe, Ministre de l'Agriculture. Car ce rhum magique, envoutant, inégalable pourrait bien devenir le fleuron du pays, sa fierté, et leur permettre enfin d’avoir une vraie place parmi les plus grands pays de la planète. Mais quelle surprise lorsque le capitaine entre dans ce village du bout du monde où flotte encore le drapeau de l’ancien président, et où rien n’a été rebaptisé ! Avant la visite du frère du dictateur, il va falloir remettre tout ce petit monde dans le droit chemin et le voilà s’activant pour faire rebaptiser les rues, changer les portraits de l’ancien dictateur, apprendre l’hymne national aux habitants, et inciter la foule à crier « vive la révolution ! ». La première partie de ce conte est totalement délectable, drôle à souhait et je me suis surprise à relire plusieurs fois les pages pour en saisir toute la finesse, l’humour, le sens caché également. Car même si ce récit est traité drôlement et avec légèreté, le lecteur comprend bien vite qu’il se cache sous les mots bien autre chose. Impossible de ne pas penser à d’autres dictatures ou d’autres régimes politiques, et notamment à la Tunisie, pays de Yamen Manai, en proie au joug de son président alors qu’il écrivait ce roman (avant le fameux printemps 2011). Yamen Manai précise d’ailleurs dans la préface écrite en mai 2011 : « Je ne sais quel accueil aurait eu ce livre si le pays était toujours entre les mains de Bonnie and Clyde. Mes angoisses ont été réduites en cendres par le sacrifice d'un homme puis balayées par la révolte populaire. Que c'était magnifique ! Pourvu que cette montagne de dignité n'accouche pas d'une nouvelle souris manipulatrice. » Le conte devient par contre beaucoup plus noir et plus dur lorsqu’arrive dans le village l’ingénieur agronome Joaqu'n Calderon. Sa mission est d’appliquer les méthodes modernes de culture prônées par le Ministère de l’Agriculture et de faire oublier aux paysans leurs pratiques hors d’âge, pour favoriser le développement de la production. Il va arroser d’engrais ultra modernes les champs de cannes à sucre, utiliser les désherbants les plus puissants, fertiliser à tout va, construire une véritable usine, et n’est d’ailleurs pas peu fier quand les cannes s’élèvent à perte de vue et de hauteur dans les champs. Et bien sûr, il voue une admiration sans bornes à son fameux baromètre, qui peut calculer de façon scientifique le temps qu’il va faire, bien plus fiable que les prédictions d’Ibrahim ! L’auteur critique alors plus ouvertement la société de consommation, qui sacrifie son patrimoine pour d’hypothétiques rendements, qui ne voit pas plus loin que le bout de son nez avide et pressé. Yamen Manaï sous couvert d’un récit léger et drôle met le doigt sur l’absurdité des régimes totalitaires et souvent celle de leurs dirigeants. À cela, il oppose la sagesse du peuple, qui respecte les cycles de la nature, a gardé la foi dans les choses mystiques ou magiques et prend la vie comme elle vient en se réjouissant de ce qu’il possède, sans regretter ce qu’il n’a pas. Le bon sens contre la stupidité et

    par liliba Le 03 février 2013 à 17:59
  • 5/5

    La première partie est assez drôle, enlevée : l'opposition entre les habitants de Santa Clara qui vivent dans une sorte de félicité primesautière et les militaires au pouvoir qui viennent les voir emplit son rôle. Ces militaires sont ridiculisés, notamment le passage dans lequel le Premier Ministre (le frère du Président) a du mal à faire son discours, embêté qu'il est par "une mouche à la cuirasse verte et luisante [qui] n'arrêtait pas de se poser sur le bord épais de ses narines. [...] Il levait le bras en direction de la foule et faisait envers elle de grands gestes elliptiques, comme s'il la couvrait tout entière par la seule paume de sa main. Puis cette même paume venait tapoter avec noblesse sa poitrine décorée. Son autre main bougeait d'une façon nettement moins aristocratique, puisque l'amour que portait la mouche verte à ses narines était à son apogée." (p.55/59) Jusqu'à l'arrivée de l'émissaire, l'ingénieur agronome chargé de rentabiliser la rhumerie, tout va très bien dans le meilleur des mondes : les agriculteurs cultivent leur canne à sucre pour le plus grand bonheur des buveurs de rhum ; la farce et la fable sont encore joyeuses. Puis, suite à cette arrivée, le livre se fait plus dur, plus sombre. La fable devient critique de la société de consommation, de la soif de progrès et d'avancées technologiques au mépris des besoins réels, du bien-être des populations et du mal que l'on fait à la terre mais aussi aux hommes, donc à nous-mêmes Yamen Manai oppose les traditions qui permettent de vivre, chichement certes, mais heureux au progrès et à la course au profit. C'est sans doute banal comme opposition, caricatural sûrement, et un peu facile sans aucun doute, mais il le fait dans une écriture, souvent drôle avec de jolies trouvailles, je l'ai déjà dit, parfois plus noire et toujours très poétique et très liée aux contes. Les personnages ne sont pas en reste : Lia Carmen la belle liseuse d'avenir dans le marc de café, le vieux Ruiz, une sorte d'Agecanonix américain du sud plutôt que breton, Alfonso Bolivar le barbier qui se mèle de tout, Joaquin le jeune ingénieur par qui le malheur arrive est plus complexe que le simple "méchant" de service et Ibrahim Santos, le joueur de viole, qui à la fin de ses sérénades donne la météo à venir –sans jamais aucune erreur- et donc permet aux agriculteurs de s'adapter aux conditions, cette ville totalement coupée du monde réel qui vit sans contrainte : une sorte d’Eldorado pour les conditions de vie. Vers la fin, entre deux chapitres apparaissent des apartés : une phrase empruntée à Nietzsche, un passage du Coran ou encore, une nouvelle de 4 pages, un cauchemar de l’écrivain, a priori sans rapport avec le livre puisque très actuel dans l’écriture, mais qui n’est finalement que l’aboutissement de son raisonnement et ce qui risque bien de nous arriver si ce n’est pas déjà le cas. Si vous ne connaissez pas encore les éditions Elyzad, c'est le moment de vous y mettre et ensuite -ou avant ou pendant, je ne voudrais forcer personne- d'aller voir leur très beau et très bon catalogue ; si vous les connaissez, vous savez que vous pouvez y aller sans risque. Yamen Manai écrit là son deuxième roman, pas toujours l'exercice le plus facile, mais il passe brillamment le test. Yv

    par Lyvres Le 01 février 2013 à 09:19
  • 4/5

    La sérénade d'Ibrahim Santos est un joli conte sur la dictature et les conséquences désastreuses de décisions politiques arbitraires. Tout se passe dans la ville de Santa Clara que tout le monde a oublié et qui a continué à vivre sa vie sans prendre en compte les changements politiques. Mais la vie qui y est menée, traditionnelle et proche de la nature, ne rentre pas dans les plans du gouvernement en place, qui ne jure que par le productivisme et la science. C'est une jolie histoire, bien menée, qui fait penser à Isabel Allende ou à Carole Martinez, mêlant histoire politique et fantastique.

    par Yohan59 Le 14 décembre 2012 à 07:17
  • 4/5

    Que dire sans reprendre l'histoire... c'est drôle, grinçant parfois, tendre souvent. Yamen met en exergue les absurdités de toutes les dictatures, qu'elles soient ou non issues de révolutions... J'ai adoré et j'ai vraiment hâte de le rencontrer. Il vient à la bibliothèque de Verson le 4 octobre 2012. Avis aux normands

    par bib14 Le 03 septembre 2012 à 09:59
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