4/5

7 avis

Fatima ou les Algériennes au square

Sebbar, Leila

Edité par Elyzad - 2010-02-04

Langue : français

Collection : Elyzad poche

ISBN : 9789973580245


On est au début des années 80. Banlieue parisienne. La Courneuve. Fatima et ses amies algériennes de la cité se retrouvent au square. C'est leur patio. Elles sont les premières immigrées, héroïnes de la littérature française. Dalila, 7 ans, la fille de Fatima, ne quitte pas le flan de sa mère. Elle écoute les histoires du quartier. Violence et tendresse dans l'exil. Bavardages, rires, cris, colères, bagarre, viols, flics... Dalila, battue par son père a décidé de gagner.

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Avis des lecteurs

  • 4/5

    Dalila vit avec ses parents, ses frères et soeurs à La Courneuve, dans la cité des 4000. Victime des violences de son père, elle a décidé de quitter le domicile de ses parents. Mais avant, elle se remémore les histoires des habitants de ce quartier, celle de sa mère, Fatima, ou de ses amies qu'elle croise régulièrement au square. Dalila est une jeune fille craintive mais décidée à partir. Au square, elle reste dans les jupes de sa maman car elle ne souhaite pas jouer avec les autres enfants, mais aussi car elle très intéressée par les histoires racontées. Elle s'est notamment prise d'affection pour le petit Mustapha, dont elle a entendu l'histoire et celle de ses des parents, commerçants à Aubervilliers obligés de vivre dans l'arrière boutique. A travers les yeux de la petite fille, c'est toute une société souvent ignorée, cachée, que peint Leïla Sebbar. Tout le monde a entendu parler de ces cités de Seine-Saint-Denis qui font la une des faits divers, mais on entend assez peu parler les habitants de leur quotidien. Ce sont ces voix, ces histoires que donne à entendre l'auteur. Elle aborde tous les sujets, des plus banals aux plus cruels, comme les violences qu'inflige le père de Dalila à sa fille. Ou le très fort conservatisme de ces familles qui séparent les filles et les garçons au maximum, chacun ayant son domaine et ses habitudes. Ainsi, les virées à Barbès, dans Paris, sont presque exclusivement réservées aux hommes et quand les femmes doivent s'y rendre, elles sont rapidement perdues. On y retrouve également certains propos parfois entendus, comme les menaces de retour en Algérie pour les enfants turbulents. On y lit également la retenue de ces enfants face au pays d'origine de leurs parents, vu comme un lieu désert, d'ennui, où les vacances sont loin d'être idylliques. Ce qui est intéressant avec ce roman, c'est qu'il a été écrit en 1980. Sa réédition aujourd'hui permet de se rendre compte de ce qu'était ces banlieues du Nord de Paris à cette époque, et je serai curieux de lire le même type de roman aujourd'hui. Car si certains éléments doivent être assez proches, les évolutions de le société ont fait évoluer ces quartiers, souvent uniquement vus pour la violence, les trafics ou l'intégrisme religieux qui peuvent y régner.

    par Yohan59 Le 30 août 2012 à 12:25
  • 5/5

    Quelques mots sur l'auteur Leïla Sebbar est née le 9 Novembre 1941 à Aflou en Algérie d'un père algérien et d'une mère française, instituteurs. Elle vit en France depuis l'âge de dix-huit ans. Professeur de Lettres, elle a publié des essais, des critiques littéraires, des recueils de textes inédits, des nouvelles et des romans. Elle se définit comme l’auteur du 20ème siècle. Elle signifie par cette désignation la prégnance de l’Histoire (colonisation, l’exil, l’Algérie : sa communauté d’origine) et son histoire privée (l’inadéquation entre ses rêves et sa vie en France et les traditions du pays de ses pères) Ce roman « Fatima ou les Algériennes du square » est la retranscription du malaise des filles algériennes tiraillées entre la liberté, la réalisation de soi et l’asservissement de la femme imposé par le pays d’origine et par les hommes, « gardiens » de ces traditions. Critique Dalila assiste toute jeune enfant aux discussions entre sa mère et ses voisines algériennes, analphabètes, exilées, soumises et pauvres. Ainsi, elle comprends très tôt le sort peu enviable réservée aux filles et donc à elle même. Elle apprend aussi l'effroyable vie de ces femmes et par la même occasion celle de sa mère. De ce fait, le lecteur parvient grâce à Dalila à pénétrer dans cet univers clos, une sorte de gynécée où les femmes se livrent à la confidence. Il y a Aïcha qui ne pouvant plus supporter sa condition d'enfermement, devient mère maltraitante, il y a Malika, une prostituée qui rompt avec sa famille et rejette les traditions asservissantes. Il y a aussi Baya, jeune fille révoltée et intelligente à qui les garçons infligent "la correction" suprême: le viol dans la cave de l'immeuble. Et puis, Dalila, qui rêve chaque jour à sa libération. Séquestrée, frappée par son père, elle oeuvre en secret pour partir. "Fatima ou les Algériennes au square" est une formidable diatribe dirigée contre la communauté patriarchale et algérienne de l'exil. En effet, Leïla Sabbar dénonce l'attitude des mâles qui oppriment leurs filles et soeurs pour qu'elles ne puissent pas accéder à la dignité, au respect et à l'intégration par les études. Elle montre magnifiquement la peur de ces mâles (la plupart analphabètes ou méprisants l'école et l'instruction, délaissent les études) quant à l'affrachissement des femmes. Ainsi, ils les frappent. Les pères et les frères les surveillent et les menacent de les renvoyer au "bled" à la moindre "déviance". L'histoire de la copine marocaine de Dalila montre et atteste cette peur du déshonneur si le fille n'arrive pas vierge au mariage. Comme si l'honneur d'un homme, son salut se trouve entre les cuisses d'une femme! Mais l'attaque de Leïla Sebbar va plus loin. Elle montre dans son livre l'inadéquation entre ces coutumes, ces moeurs et l'intégration réussie de cette communauté. Le lecteur verra tout le long du roman le refus absolu des pères à se considérer comme Français. Le pays d'accueil n'est pas le pays où ils consentent à bâtir l'avenir de leurs enfants encore moins d'y mourir. De ce fait, ils éduquent leurs enfants en les obligeant à rester Algériens quand bien même ceux ci sont nés en France. Ils font peser la nostalgie de leur pays, l'exil sur les enfants qui sont français car nés en France créant ainsi une situation intenable et schizophrène. Cette schizophrénie est aggravante d'autant plus que les garçons (plus fragiles ici que les filles car moins armés quoiqu'on en dise) ne savent plus qui ils sont ni quelle est réellement leur identité. Ils se contentent alors de répéter comme un perroquet leur appartenance à un pays qu'ils ne connaissent absolument pas et qu'ils refusent d'y aller. A plusieurs reprises, les personnages affirment fortement ce désir de ne jamais s'y rendre. "Fatima ou les Algériennes du square" retrace aussi la place des mères dans la configuration familiale. Elles sont passives, laxistes envers les fils et impitoyables envers les f

    par tran Le 12 août 2012 à 17:13
  • 4/5

    Nous sommes assis avec Fatima sur les genoux de sa mère dans ce square de la cité des 4000, dans la banlieue parisienne. Ainsi nous sommes racontées la vie des femmes immigrées en France. Les Algériennes se racontent les histoires des unes et des autres et la difficulté de l’exil. Un livre hommage à ces hommes et ces femmes qui sont venus chercher l’espérance en France mais gardent toujours un lien fort avec leur pays d’origine. Une écriture simple nous entraîne dans ce monde à travers l’écoute de cette jeune fille, de la deuxième génération qui va essayer de trouver sa place dans la société française mais aussi au sein de sa communauté. Une kyrielle de personnages attachant. Après avoir lu « mon cher fils », j’ai retrouvé avec plaisir l’écriture et l’univers e cette auteure. Merci encore de m’avoir fait découvrir cette auteure, éditée par les Editions Elyzad.

    par catherine Le 21 mai 2012 à 08:33
  • 4/5

    Dalila a 15 ans, elle vit à La Courneuve dans la cité des 4000 avec sa famille. Parce qu'elle dépasse parfois le couvre- feu que son père lui impose, ce dernier la frappe. Isolée pendant plus d'une semaine dans la chambre de ses frères, une décision s'impose à elle, elle doit quitter l'appartement familial pour échapper à cette violence. Auprès d'elle, pendant cette semaine, nous partageons ses souvenirs d'enfance. Nous revivons les après-midi passées au square avec sa mère et ses amies. Celles-ci échangent sur la vie à la cité, le quotidien, la délinquance des fils, la violence, l'éloignement du pays, les relations avec les services sociaux, la police, l'amour, l'émancipation des filles... Leïla Sebbar raconte avec beaucoup de réalisme la vie au coeur de la cité, difficile de ne pas être touché par les différents personnages qu'elle met en scène. J'ai été particulièrement émue par cette femme qui face au déracinement et aux conditions de vie précaires de sa famille perd complètement pied, par son mari impuissant face à la situation, regrettant d'avoir entraîné sa femme et ses enfants dans un avenir sombre auquel il croyait tant. Trente ans plus tard, le roman de Leïla Sebbar n'a pas pris une ride, il approche des sujets au coeur de l'actualité et nous fait réfléchir sur la thématique du déplacement, ce que l'on préserve, ce que l'on met de côté, ce que l'on affronte.

    par liliwenn Le 12 janvier 2012 à 17:38
  • 4/5

    Nous sommes dans les années 80 dans les 4000 de La Courneuve. Beaucoup de familles maghrébines habitent ici. Fatima et les autres femmes, en majorité Kabyles totalement illettrées, se retrouvent souvent en bas de leur immeuble, toujours sur le même banc du square à côté d’un arbre, et parlent, racontent comme pour se libérer de la peur de l’inconnu, des inconnus que sont devenus leurs maris et enfants. Dalila, fille de Fatima, restait collée à sa mère pour les écouter parler et souvent, il n’y est question que de coups portés aux filles. Les mères voudraient tant que les enfants réussissent à l’école, elles qui n’y sont jamais allées. Si elles sont indulgentes avec leurs fils fugueurs, qui désertent l’école, il n’en va pas de même avec les filles. Au Pays, elles sont enfermées, ici, c’est plus dur et elles craignent pour leur virginité, véritable sésame pour un mariage arrangé lors de vacances algériennes…. Les garçons, et bien, ils abandonnent petit à petit l’école, se retrouvent à plusieurs à Paris. Leur soif d’argent facile poussent certains à se prostituer au Boul’mich. Pour d’autres, c’est la bande de petits malfrats. Que voulez-vous, le père a abandonné leur autorité sur eux. Alors, les mères, lorsque se déclenche une bagarre entre bandes et que les forces de l’ordre arrivent, ont peur qu’un de leurs fils soit emmené au poste… Les pères sont souvent absents de par leur travail et leur boulot au noir ou leurs arrêts aux bistrots. Les mères, quant à elles, ont tissé une certaine connivence avec leurs enfants, même si cela ne va pas jusqu’à les défendre lorsque les pères les bat. Tout cela Dalila l’entent, le retient et se dit Jamais. µDevenue adolescente, elle ose l’interdit en allant se balader à Paris avec une amie. Bien sûr, tout se paie cash et trash : lorsqu’elle rentre un peu tard ne voulant rien dire, le père prépare la ceinture et tabasse sa fille sans que Fatima ose, le plus souvent, intervenir. Pourtant, un jour, Dalila décide de sauter le pas : elle va partir de chez elle, fuguer… cela fait 8 jours que son père la tient séquestrée dans sa chambre. Et oui, que voulez-vous, au Pays, les filles sont séquestrées et pas besoin, à cette époque, d’aller trop à l’école, pour sa marier à 17 ans avec l’élu que votre père à choisi. Je souhaite bon courage et bonne chance à Leila, car son nouveau parcours ne sera pas facile. Je me pose une question. Est-ce ce manque de disponibilité du père, cette perte de repère qui a fait que certains se sont tournés vers des imams plus ou moins intégristes qui leur ont donné une ligne de conduite ??? ou ce besoin de racines qu’ils refusaient lorsque les pères leurs demandaient dans leur enfance d’apprendre les rites de tuerie du mouton pour les fêtes... ou lors des vacances au Pays ? Et oui, ce Pays, ce Pays de cocagne dont les pères leurs rebattent les oreilles. Ils vont même jusqu’à prévoir le retour de leur dépouille pour un enterrement là-bas, surtout ne pas être enterrés en terre mécréante !! Mais jamais il n’est question de mêmes dispositions pour la dépouille de leurs femmes. Le livre de Leïla Sebbar est une véritable immersion dans ce monde qui m’est inconnu. Une très jolie couverture et un beau papier l’agrémente. Une belle lecture qui ne fut pas toujours facile. Ce livre, dur par moments est très instructif. Je remerciement très vivement Libfly et les Editions Elyzad poche de m’avoir permis, dans le cadre de l’opération : Lire, partager, rencontrer : deux éditeurs se livrent - spécial Maghreb, de découvrir cette littérature. J’en ai par ailleurs beaucoup aimé la bannière. En cette période de vœux, je souhaite que tous ces coquelicots s’épanouissent pour un futur démocratique dans cette Tunisie si belle.

    par zazy Le 30 décembre 2011 à 22:34
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