4/5

6 avis

˜Le œdessin des routes

Dubosc, Anna (1974-....). Auteur

Edité par Rue des promenades. [Paris] - 2014-03-14

Langue : français

Collection : ˜La œGrande semeuse ; ˜La œgrande semeuse

ISBN : 978-2-918804-49-9

Description physique : 1 vol. (140 p.). couv. ill. en coul.. 17,0 cm x 11,0 cm x 1,3 cm


Diane s'est mise à jongler avec trois oeufs, en faisant des petits pas en avant et en arrière. Puis après elle a fait sauter les crêpes en tournant sur elle-même, avant de les rattraper. On était tous à la regarder. Christian a ricané qu'elle aurait pu faire autre chose que crevarde. Elle a continué de faire sauter ses crêpes sans le calculer. Elle savait bien qu'il la charriait parce qu'il l'aimait encore. Même moi, je le savais, ça sautait aux yeux. J'ai pensé que cette fille-là, c'était du feu et qu'il valait mieux pas en tomber amoureux. Si Arnaud n'avait pas été voir un film vendredi soir à Loctudy, il ne se serait pas fait doubler serré par un camion, et jamais il n'aurait rencontré Diane et Pierre. Ça tient à peu, des fois. Les teintes sobres de l'écriture d'Anna Dubosc font de ce récit simple - l'histoire d'une rencontre ratée, d'une famille qui n'arrivera pas à se construire - un instant de grâce.

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Avis des lecteurs

  • 5/5

    Le Dessin des Routes Anna Dubosc Edition Rue des Promenades Un dessin de couleur qui broie le lecteur de douleur et d’appel à de l’oxygène vivifiant. Nous voici dans le centre des lignes qui s’entrecroisent dans un froissement chaotique. Mais voilà, cette histoire de vie, de Diane, son enfant Pierre, Christian le père et le narrateur fil conducteur de cette dernière est captivante et réaliste. Trop. Diane, jeune mère qui se cherche et qui est en plein déni de sa réalité. Pierre, petit être quasi transparent pour cette dernière est attachant. Nous ne sommes pas dans Poil de Carotte, plutôt à l’orée du chemin des incertitudes d’adultes froissés par les galères, la marginalité extrême. Et cette puissance de liberté extrême frôle manichéenne le nihilisme de leurs vies. Le narrateur stable conformiste essaie de remettre d’équerre les protagonistes de ce récit. Mais le jeu ne prend pas. Il n’arrivera pas à faire de Diane une vraie mère. Christian ne reviendra pas. Pierre sera protégé. Reste de cette superbe écriture d’Anna Dubosc l’impact de la vie sinistre de Diane. On n’arrive pas à fuir de cette histoire malgré la fin. On est plongé bien après dans les scènes délabrées, la morosité, la légèreté superficielle des sentiments de Diane pour tous et les entrelacs d’écriture perfectionniste d’Anna Dubosc. Le narrateur filme plus qu’il ne parle. Mais joue son propre rôle en relevant le défi de tout changer. Il est fil à plomb, certitude et volonté. Il se relèvera de son propre défi, plus tard sans doute dans l’ébauche d’un nouveau Dessin des Routes. Ce livre signale surtout que de telles situations sont hélas courantes. Le lecteur ne juge jamais. Anna Dubosc a réussi un tour de maître habile. Même au centre du dessin le lecteur n’est pas un voyeur mais un cœur qui palpite à vitesse folle, page après page sans aucun arrêt possible. Il n’y a pas de gomme pour effacer le Dessin des Routes. A lire sur front de mer. Evlyne

    par Evlyne Le 08 février 2015 à 16:49
  • 5/5

    Coup de cœur ! Il y a une grande détresse et un grand malaise social dans ce court roman d’Anna Dubosc. Mais il y a de l’amour aussi. « Le dessin des routes » est une belle rencontre entre un homme mal dans sa peau, solitaire, peu gâté par la vie et un enfant en mal de (re) père élevé tant bien que mal par une mère immature, toujours entre deux amants et quelques cuites. La pudeur, elle connaît pas vraiment, toujours à se balader à poil sous l’œil de son fils. Elle l’envoie à l’école quand elle y pense ou quand l’assistante sociale se manifeste. Et petit Pierre, dans tout ça, eh bien il résiste, il se fabrique une vie et des rêves. Il a des poules et aime les observer et les nourrir. Il se sent responsable de ces êtres plus faibles que lui. Et un beau jour, il fera la connaissance d’Arnaud, ensemble ils partageront des moments de bonheurs simples, des ballades sur la plage, une glace au café de la place, des petits moments privilégiés et plus parfois lorsque la mère lui confie la garde du garçonnet pour aller vivre sa vie. « Je prends Pierre dans mes bras et monte à l'étage. Je cherche sa chambre, je pousse les portes du coude. Finalement je la trouve, au fond du couloir. La lune éclaire la pièce. Je couche le petit, je lui enlève ses pompes et je descends dormir sur un canapé. » L’écriture simple et directe d’Anna Dubosc fait de ce court roman un petit bijou de tendresse. Cette histoire n’est pas triste, elle est porteuse d’espoir, même si l’avenir reste bien incertain.

    par isabelleisapure Le 17 janvier 2015 à 08:41
  • 3/5

    Arnaud travaille à la criée, au Guilvinec. Il vide, écaille et tranche les poissons, notamment les seiches parce que les autres ça les dégoûte toute cette encre noire qui tache les mains. Arnaud est un homme, tout jeune encore, à peine sorti de l'adolescence on suppose. Sa vie, un jour, a basculé vers le blanc de l'hôpital. Il était petit et il regardait sur l'écran du moniteur de contrôle ces traits qui faisaient « comme des routes ». L'image a dû le marquer car, devenu grand, il observe d'un œil lucide les routes choisies par sa mère, vieille ado attardée qui va de jules en jules, « c'est plus fort qu'elle. Il faut qu'on la remarque. Il lui faut des hommes, des flatteries. » Fatigué de la voir s'enivrer et faire comme s'il était son mec, Arnaud l'observe et prend les décisions adultes qui s'imposent. Quand sur sa route, il rencontre Diane, jeune mère adolescente bohème et irresponsable, là encore il se comporte comme le seul adulte du paysage : il prend en charge. Diane et ses excès, ses petits copains, ses disparitions soudaines qui lui laissent le petit Pierre sur les bras. Tout. Rien ne serait bien grave s'il ne s'amourachait pas de la belle écervelée et, surtout, s'il ne s'attachait pas d'une tendresse vive et douce à ce petit garçon malmené, oublié par sa mère. Les personnages virevoltent comme des confettis dans ce court roman, légers, légers...Totalement asociaux, totalement en danger, totalement séduisants et inquiétants. Merci à Zakuro pour ce moment de partage. Hebelín

    par hebelin Le 03 janvier 2015 à 13:52
  • 4/5

    J’avais aimé « La fille derrière le comptoir » et c’est donc avec une certaine curiosité que j’ai suivi le dessin des routes. « Ça fait cent ans que je suis né. Dans ma tête, j’ai cent ans » Ainsi débute le dernier livre d’Anna Dubosc. Ainsi parle Arnaud, quadra en friche. Il végète entre son boulot, le rad où il picole avec ses copains, son scooter, sa mère et ses jules qui défilent. Les avances de la gamine de 13 ans, fille de sa logeuse le font bander, mais il ne cèdera jamais. C’est un mec droit. Tout au long de ce livre, j’ai vu un beau défilé de gueules cassées, fracassées par la vie, la loterie leur été favorable au jeu des paumés. Ils ont gagné le gros lot. Oui, il y a eu une grosse erreur lors de la distribution des rôles entre Arnaud centenaire, sa mère -et ses jules- éternelle adulescente, même pire, car elle ne doit plus être très jeune. Diane totalement immature, mère d’un garçonnet, Paul, qui fait l’école buissonnière comme sa mère fait maman buissonnière, le père incompétent et Paul qui est peut-être le plus mature… Ces « héros » n’ont rien de sympathique, on a envie de les secouer, puis on s’y attache. Rien à faire, l’impression que leurs destins sont tracés. Ils me font penser à ses insectes qui se brûlent les ailes à la lumière des ampoules. Impossible de changer de destin, de prendre volontairement une autre direction, un autre chemin. Pourtant ce livre n’est absolument pas sordide, il y a de l’amour, de la bonté, même s’ils ont abandonné toute velléité d’espoir, baissé les bras. Avec des phrases percutantes, courtes et pourtant d’une grande douceur elle narre la rencontre entre ces paumés, la rencontre entre Arnaud et Paul. Ce fut bref, comme un rayon de soleil perçant entre des nuages noirs, une embellie, cela a eu le mérite d’exister. Après, chacun reprend sa route -même sans dessein- pour aller où ? Reprendront-ils le « droit chemin » ou emprunteront-ils encore et toujours des chemins de traverses ? Arriveront-ils à surmonter ce désespoir quotidien qu’ils parent des falbalas de liberté ? Un très bon livre sans pathos sur des égarés de la vie qui essaient de vivre, même mal

    par zazy Le 21 décembre 2014 à 21:44
  • 4/5

    Le narrateur est un homme rescapé dont la vie est balisée de repères. Il se réveille pour aller travailler dans un port de pêche et finit sa journée en fréquentant le café du village. Un quotidien monotone et répétitif, une vie en pointillé qui va se raccrocher pour un temps à la présence d'un enfant, Pierre. Sa mère, Diane, est une jeune femme fantasque et pleine de vie mais totalement irresponsable envers son enfant. Pendant les absences fréquentes de Diane, le narrateur s'occupe du jeune garçon comme s'il était le sien. Les successions de phrases courtes dévoilent les pensées et les gestes de manière si dépouillée mais tellement remplie de sens que l'ordinaire n'est plus banal. Le sens de la vie se joue là, dans toute sa nudité. Il n'y a ni pathos, ni jugement dans ce livre plutôt dérangeant qui bouscule les postulats bien établis. Ce livre est d'autant plus performant que l'auteure Anna Dubosc prête ici sa voix de manière très convaincante au personnage masculin du livre. J'ai lu ce roman avec un vif plaisir dans le cadre de l'opération "la Voie des Indés". Je remercie infiniment les éditions Rue des Promenades et Libfly pour m'avoir fait découvrir ce roman à l'orée des sentiers battus.

    par ZAKURO Le 04 octobre 2014 à 18:23
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