4/5

5 avis

˜La œfille derrière le comptoir

Dubosc, Anna (1974-....). Auteur

Edité par Rue des Promenades. [Paris] - 2012-05-10

Langue : français

ISBN : 978-2-918804-37-6

Description physique : 1 vol. (124 p.). couv. ill. en coul.. 17,0 cm x 11,0 cm x 0,9 cm


Qui est-elle, Sofia, la fille derrière le comptoir ? Avec Chloé et David, elle travaille « Chez Ben », snack de quartier. Et puis elle a un mari, elle voudrait un enfant. Mon Dieu, mon Dieu, la vie est là, simple et tranquille. Cet emprunt à Paul Verlaine incarcéré dit bien ce que ressent le coeur à lire La Fille derrière le comptoir. Anna Dubosc nous emmène dans ce monde-là, qui est aussi celui des frères Dardenne, où la simplicité dit la complexité de la condition humaine.

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Avis des lecteurs

  • « Fallait pas croire, c’était pas le genre à se laisser faire. En attendant, elle était là. » 3/5

    Lorsque vous achetez un sandwich, vous ne vous demandez jamais qui est réellement la personne qui vous sert. Anna Dubosc raconte le quotidien de Sofia qui travaille dans un snack : ses réflexions, ses rêves, ses freins. Voici un roman court et touchant qui donne la voix à une personne ordinaire, une de celles dont on parle peu et si mal, un roman qui, s’il n’a pas l’air d’avoir de prétention artistique, est riche de sens. [...] Cette Sofia, je l’ai bien aimée. J’ai aimé ce récit sans jugement négatif ni misérabilisme, et même empreint d’humilité envers les travailleurs ordinaires. Certes, Sofia a ses défauts et peine à se défaire de ses entraves, mais j’ai ressenti de l’empathie envers elle, empathie qui émane d’une langue proche du quotidien, avec ces petites phrases en apparence ordinaires mais qui font sens, comme celles qu’on peut lire chez Romain Gary. J’ai dévoré ce livre qui donne la parole à une personne ordinaire. S’il n’a pas de prétention littéraire ou artistique, il a la volonté louable de raconter la vie de ceux dont on parle si peu, et si mal. Il donne aussi à voir au-delà du costume de travail. [...] Sofia m’a fait penser très fort à une personne de ma famille qui, comme elle, ne sait pas s’arrêter pour prendre le temps de vivre pour soi, qui ne sait pas dire « non », qui a une vie simple mais riche de bon sens. Il y a ce consentement à l’exploitation, qu’elle soit économique ou familiale, cette loyauté indéfectible envers le travail, cet amour du travail bien fait, qui sont révélés dans ce roman. [...] Bref, j’ai aimé ce roman, publié par les éditions indé Rue des promenades, qui, sous ses airs de roman sans prétention artistique, parvient à jeter sa flèche assez loin. L'article entier sur Bibliolingus : http://www.bibliolingus.fr/la-fille-derriere-le-comptoir-anna-dubosc-a126129940

    par Lybertaire Le 22 juin 2016 à 13:31
  • La vie derrière le comptoir 4/5

    Sofia est une jeune femme dont la vie se résume au comptoir derrière lequel elle passe ses journée. Vendeuse dans un snack, elle voit défiler les clients en égrainant les petits gestes qui font son quotidien : ouvrir et fermer la boutique, préparer les "plats du jour", prendre les commandes, rendre la monnaie, autant de taches simples et ingrates qui meublent sa semaine en lui donnant l'illusion d'une vie sociale. D'origine algérienne, elle est mariée à Jérôme, un garçon limité et soumis à son emprise domestique, mais qui ne semble pas prêt pour autant à fonder une famille. Voyant les années défiler Sofia sent parfois monter l'aigreur, celle d'être passée à côté d'une existence plus épanouissante. Mais sa conscience professionnelle, l'opium du peuple des précaires, lui donne une raison de se lever chaque matin. L'énergie, la combativité et la jeunesse de Chloé, une jeune étudiante qui a d'autres horizons et vient travailler à mi-temps, lui sont comme une oasis dans ce désert d'ingratitude. Son patron, une grosse feignasse qui s'est contentée de reprendre l'entreprise familiale, profite sans scrupule de son dévouement. Confrontée au paternalisme primaire, au racisme ordinaire ou tout simplement à la condescendance des clients, Sofia tient le cap en s'accrochant secrètement à son désir d'enfant. Un roman tout en nuance et en délicatesse, dans lequel chaque détail à priori anodin donne une résonance particulière et éclatante à l'existence de cette femme du commun. "Les gens, ils font n'importe quoi avec leurs mômes et après ils chialent de se faire marcher dessus..." (p. 25) / "Mais les gens, ils te mettent dans une case et, quand t'en sors, ils sont largués. Ils ne peuvent pas imaginer que tu fais quelque chose d'autre que des crêpes. Tout ce qu'ils veulent, c'est leur crêpe. Ta tête, elle va avec." (p. 80) : "Cet abruti, il se croyait tout permis avec son enfance de malheur. Permis de tirer la tronche jusqu'à perpette. Sa vie de merde, il y tenait." (p. 104)

    par sovane Le 23 mars 2016 à 14:27
  • 4/5

    Sofia , d'origine algérienne, travaille dans un petit snack "Chez Ben", chaque jour, elle confectionne consciencieusement les mêmes sandwichs et pâtisseries. David, le fils du patron qui travaille à ses côtés ne fait pas grand chose, toujours près à s'éclipser et à lui refiler l'ouverture et la fermeture du snack. Mariée à Jérôme, son couple n'est plus très flamboyant. Elle est devenue transparente , elle se fond au papier peint de la cuisine, où elle continue assidument à préparer les repas et faire le ménage. Il ne se passe pas grand chose dans sa vie. Les tâches se répètent au travail, à la maison. Elle côtoie chaque jour les mêmes clients. Sa vie n'est pas très palpitante, mais c'est la vie tout simplement. Pourtant l'occasion d'en changer se présente parfois : un restaurateur lui propose de travailler pour sa crêperie. Sofia campe sur ses principes , elle pourrait changer, trouver mieux, mais non elle est réglo, elle, elle ne fera pas ce coup là à David. Malik qui passe toujours les jours rêvent de la chouchouter et de la rendre heureuse. Rangée sous son lit, une valise prête au départ. Elle la remplit quelquefois, nostalgique d'une autre vie, nostalgique d'un pays qu'elle ne connait pas. Son rêve, avoir un enfant , mais Jérôme ne l'entend pas de la même façon. Découvert grâce à la voie des indés , ce petit livre se lit tout seul, très agréable. On se fond vite dans l'arrière-plan du quotidien de Sofia, sérieuse, travailleuse et méritante. Justement ne mériterait-elle pas mieux? Sofia semble pleine de volonté mais va-t-elle bousculer sa vie, prendre des risques pour la changer. C'est ce qu'on se demande au fil des pages de ce roman, bien écrit, d'une écriture simple et fluide.

    par chezolivia74 Le 26 janvier 2016 à 13:50
  • 4/5

    Chère Sofia Vous m’avez accompagnée le temps d’une soirée et j’étais bien en votre compagnie. Bien sûr, elle n’est pas trop gaie votre compagnie, vous vous êtes résignée. Votre vie semble vide comme le ventre que votre mari ne veut ensemencer. Vos jours sont gris, tristounets, vides entre un mari silencieux et aux abonnés amoureux absents et votre cousine insouciante. Heureusement, vous avez votre travail !! Vous êtes la fille derrière le comptoir, mais comme vous l’illuminez de votre présence ce comptoir. A fourbir le sol, derrière les frigos et que sais-je encore !!! Et puis, vous aimez mettre les mains dans la farine, cuisiner pour vos clients dont vous connaissez les goûts, enfin pour les habitués. Là, vous éclairez la boutique brinquebalante de votre présence. Quelques clients vous draguent, Malik est dingue amoureux, mais vous ne le voyez pas, vous ne voulez pas le voir trop occupée à sentir ce ventre vide, à faire tourner cette boutique dont David, le fils du patron et Benoit, dit Ben, le père de David s’en contrefoutent tant vous travaillez bien. La monotonie, la grisaille, la frustration sont partout et arrivent en vous. Pourtant, vous voudriez tant qu’un arc-en-ciel arrive sous la forme de cette petite fille que vous espérez tant. Vous osez vous rebeller, le mot est trop fort, vous osez faire la grève de l’amour pour rompre cet ennui, mais pas trop longtemps, une caresse, une petite attention vous suffisent. Comme dans le poème d’Aragon : Un mot m'était promission Et je prenais les campanules Pour les fleurs de la passion Oui, comme nous, vous êtes banale ; votre vie quotidienne est faite de petits riens. Vous n’avez pas de grands discours, vos phrases, vos dialogues sont d’une grande banalité, mais tellement vrais. Vous êtes une fourmi dans la fourmilière et Anna Dubosc vous en a extraite avec délicatesse pour faire un portrait sincère et beau de la jeune femme frustrée, résignée que vous êtes. Je vous le souhaite cet enfant, mais sera-t-il un enfant de l’amour ??? "La voix des indés" organisée par Libfly et de petits éditeurs indépendants m’a permis de lire ce petit bijou. Grand merci à eux ainsi qu’aux éditions Rue des Promenades. Les livres des éditeurs indépendants que j’ai eus entre les mains ont été sources de très bonnes lectures et de belles découvertes.

    par zazy Le 18 octobre 2012 à 12:52
  • 5/5

    J’ai lu ce livre dans le cadre de La voix des indés ; un grand merci à Libfly et aux éditions Rue des promenades pour l’envoi de ce roman. Sofia a 29 ans. Elle est serveuse « Chez Ben ». Avant, c’était une épicerie tenue par Benoît, maintenant retraité. C’est son fils David qui a pris la suite et qui a transformé l’épicerie en snack. On suit les réflexions de Sofia face aux divers événements de sa vie, et chacun en prend pour son grade. Commençons par David, le gérant. Il passe ses journées à téléphoner, à faire des tours en moto, et à épier ses serveuses dans la pièce du bas, équipée d’une vidéosurveillance. Et il a toujours des prétextes pour ne pas donner de coups de main : c’est un prodigieux flemmard qui attend que l’oseille lui tombe dans les mains. La seconde serveuse, c’est Chloé. Sofia l’aime bien. Chloé est une véritable miss catastrophe (elle est d’ailleurs surnommée « la gauchère ») mais elle a de la joie de vivre à revendre, donc elle est acceptée. Jérôme, c’est le mari de Sofia. Ils se connaissent depuis 5 ans et sont mariés depuis 3. Sofia n’attend qu’une chose, c’est d’avoir enfin un enfant. A l’aube de la trentaine, elle estime que ce n’est pas peu demander. Mais Jérôme ne veut pas. Sofia est résignée. Mais pas pour longtemps. Car elle y tient à ce futur enfant. Sofia pose un regard détaché, mais en même temps teinté de jugements, sur les clients, les habitués, qu’elle côtoie quotidiennement. Elle ne connaît pas forcément leur nom, mais utilise des surnoms pour les décrire « le blond », « le petit vieux », « le noir du Holiday Inn »,… J’ai beaucoup aimé les mots choisis, le style d’écriture avec une alternance dialogues clients / serveuse et les réflexions de Sofia, la sincérité qui s’en dégage, la lucidité aussi. On suit Sofia et on l’imagine fort bien derrière son comptoir, observant les clients en essuyant les verres, en faisant les crêpes. Des phrases courtes, percutantes, dites dans un langage brut voire même trivial décrivent la petite routine, le manège quotidien de Sofia. C’est bien simple, elle passe ses journées de travail et son week-end de repos à faire les mêmes tâches : boulot, ménage, serpillière, rangement, cuisine, dodo,… Mais elle ne s’en plaint pas pour autant, elle est tout à fait résignée, blasée et pragmatique. On la quitte presqu’avec regret. Au fil des chapitres, elle était devenue une copine, qui nous confiait ses pensées.

    par Bibeli Le 28 septembre 2012 à 07:26
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