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2 avis

˜La œdistraction des gares

Debruxelles, Monique (1953-....). Auteur

Edité par Éd. Rue des promenades. [Paris] - 2011-10-06

Langue : français

ISBN : 978-2-918804-32-1

Description physique : 1 vol. (163 p.). ill., couv. ill. en coul.. 17,0 cm x 11,0 cm x 1,0 cm


Un jour, j'eus l'idée d'ouvrir à nouveau mon agenda. Nous étions le mercredi 10 septembre 2008. à la date du mercredi 10 septembre 1980, je vis : « Istoub, 20 heures, le Fourneau. » C'était un restaurant réputé où seuls, en principe, les autochtones pouvaient dîner. Je voulus tout de même y aller. Pour l'occasion, j'achetai une robe et des escarpins rouges. Le maître d'hôtel ne fit pas de difficultés pour me laisser entrer. Il m'installa à une table, contre le mur du fond, ce qui me permit de voir l'ensemble de la salle. Il n'y avait pas grand monde et personne ne faisait attention à moi. Les spécialités culinaires ne m'étaient plus étrangères. Je pris plaisir à mon repas, mais d'Istoub, point. Je réglai la note assez épicée, pris en souvenir la carte que me tendait le maître d'hôtel et sortis. En passant devant la statue du guerrier Gémor, j'eus l'idée de regarder le rectangle de bristol. Sous l'adresse du restaurant, on avait griffonné quelques mots au crayon noir : « Allez demain rue des Fleurs, au 151, à 18 heures. Istoub. » La Distraction des gares est un fantastique recueil de nouvelles fantastiques. On y visite une foire aux seins et on s'y débarrasse de ses tics. On y croise des trains, une fabrique, une péniche, une esthéticienne, des boucs émissaires, on y déguste un navarin d'agneau et une poule. Mais l'apparente banalité de ces réalités ordinaires est trompeuse. Au détour d'un mot, on est déjà ailleurs. Les repères anciens ne fonctionnent plus, attention, territoires inconnus.

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Avis des lecteurs

  • 5/5

    Une belle petite surprise de la Voie des indés ! Monique Debruxelles et son complice illustrateur Julos Menez savent nous plonger dans ces nouvelles aux univers troubles et absurdes : les limites du roman noir et fantastique y sont allègrement franchies. La précision des descriptions et les images évoquées — se référant souvent à la nature et à ses rythmes : « dans le jardin, les prunus en fleur avaient un air nigaud » — sont une invitation subtile à s'embarquer dans l'histoire. Les illustrations qui rythment les passages d''une nouvelle à l'autre évoquent une étrange matière organique : on pense à des lichens ou à des circonvolutions intestinales ou cérébrales… Ambiance, ambiance. Une réalisation très soignée, en livre de poche dos carré collé mais avec des rabats et des illustrations sur le dos des rabats et sur les pages de garde. C'est pas cher et dans le métro on a l'impression de sortir un petit trésor de sa poche.

    par philit Le 23 janvier 2016 à 10:39
  • 5/5

    Quitter son quotidien n’est pas une chose facile, il faut un point de départ, une décision bien réfléchie ou un coup de tête… Les personnages de la « Distraction des gares » voyagent dans l’espace et dans le temps mais aussi, à l’intérieur d’eux-mêmes. Au moment où ils font leurs adieux, le monde extérieur a peu d’importance, (le noyé de La Rectitude des jours), l’essentiel reste d’arriver au bon port (le squat sécurisant d’Apulée dans Au soir sanguinaire). Fuir le présent ne s’avère pas toujours possible car la fatalité ne permet pas d’échapper à son destin (Jéricho, La vaisselle, La distraction des gares). Le voyage à la rencontre de soi peut surprendre donnant les résultats inattendus (Jour de foire, Comme un grain de sable) et une chute absurde. Comme dans « Les Croisés chez Kordilès », M. Desbruxelles nous dépayse avec des histoires mystérieuses et déconcertantes où les personnages ne sont pas toujours conscients de leur situation. Bogusia

    par Bogusia Le 23 mai 2015 à 11:46
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