4/5

4 avis

tous nos petits morceaux

Urien, Emmanuelle

Edité par D'un noir si bleu - 2011-10-31

Langue : français

ISBN : 9782916499826


« Miroir, mon beau miroir. », petite phrase qui a bercé nos enfances. Mais les miroirs sont-ils beaux ? À force de réfléchir le monde et ses turpitudes, n'ont-ils pas développé des réflexions particulières ? N'ont-ils pas, témoins muets de nos intimités, appris à voir ce que nous cherchons à cacher ? Dans Tous nos petits morceaux Emmanuelle Urien donne la parole à ces objets du quotidien. Miroirs de poche ou grande psyché, chacun a une histoire à nous raconter, un aspect de nous-même que ces témoins silencieux reflètent à l'envie. Emmanuelle Urien a développé au fil du temps une écriture précise, incisive, sauvage parfois. Son talent, que ses lecteurs connaissent, a été reconnu en particulier lors de la sortie en 2007 de La Collecte des monstres chez Gallimard. On retrouve dans les douze nouvelles de Tous nos petits morceaux cet univers particulier, à la fois normal et étrange, ou la part d'humanité de chacun des personnages est décrite, parfois mise à mal, par ces objets inertes que sont les miroirs.

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Avis des lecteurs

  • 5/5

    Ce recueil témoigne d’une plus grande maturité dans l’écriture, difficile à traduire en mots ; cela relève plutôt de la perception de qui a lu les productions précédentes. La plume semble affermie, sûre d’elle, plus nuancée aussi. Le sujet est également traité de façon plus fine que d’habitude. J’ai souvent été étonnée par l’angle choisi, par le déroulement du texte et cela, à chaque fois, dans le bon sens. Ces textes reflètent bien les rapports complexes que nous entretenons avec cet objet particulier qu'est le miroir quel qu'il soit, rétroviseur compris, mais aussi avec nous-mêmes. Le miroir ne se contente pas de renvoyer une image, il révèle aussi notre âme, nous découvre. L’idée n’est pas nouvelle mais son traitement dans ces textes est vraiment intéressant, sans parler de la dernière nouvelle, tout simplement stupéfiante. Voilà un très beau recueil de textes que je recommande chaudement et qui vous fera prendre conscience de la place des miroirs de toutes sortes dans nos vies, y compris ceux auxquels on ne fait pas attention (mais, prenez garde : eux ont l’œil !).

    par mycupoftea Le 14 septembre 2012 à 09:52
  • 4/5

    Ah, si les miroirs pouvaient parler… ils en diraient des choses. Faire parler les miroirs, c’est ce que fait Emmanuelle Urien dans ce recueil, qu’ils soient de poche, imposante psyché, miroir d’acteur, glace de salle de bain de coquette vieillissante, miroir servant au médecin à vérifier que ses patients sont bien morts, etc. La suite sur le blog : http://lepandemoniumlitteraire.blogspot.com/2011/12/tous-nos-petits-morceaux-demmanuelle.html

    par Marianne33 Le 22 avril 2012 à 15:42
  • 5/5

    Les petits morceaux, ce sont des bouts de miroir brisés qui continuent malgré leur séparation à discuter, à échanger leurs idées et leurs sentiments sur les hommes qui les entourent. Car dans le monde de Emmanuelle Urien, les miroirs ont une âme, et un cœur, et une mémoire. Ils sont dotés de parole dès qu’un rayon de soleil les caresse de sa lumière et retournent au sommeil si le ciel se voile. Reflets des hommes, ils sont témoins de leurs aventures et mésaventures, de leurs habitudes, de leurs turpitudes. Ils nous voient dans notre intimité, sous nos jours les moins avantageux, décèlent nos secrets les mieux gardés, remarquent les fêlures, les failles, alors que nous ne voyons que nous-mêmes, imbus de notre personne et de son image. Grande psychée de maison bourgeoise, petit miroir de poche d’un médecin de campagne, vieux miroir de bar encrassé, miroir de loge de théâtre, miroir de chambre de bébé, ils en ont vu du monde ! Et des histoires, belles ou moins belles ! Voilà qu’ils livrent un par un leurs souvenirs, entassés qu'ils sont maintenant dans une cave, et que chacun raconte un détail de sa vie qui l’a marqué à jamais. On découvre alors les lâchetés des hommes, mais aussi parfois (moins souvent) leurs réussites, on croise parfois l’horreur, ayant envie de voiler la face de ce miroir pour ne pas devoir supporter de scène de ce genre (Témoin spéculaire), les folies des uns et des autres (Psyché et Thanatos), les rapports entre mère et fille, la peur du temps qui passe et de l’envol de la beauté (Voir Dieu), le drame de la solitude (Gentille alouette) (La corde pour se pendre), la différence (Le jour où la neige a recouvert la plage), la folie (Le signe du miroir), la mort (Le jeu de miroir) (L'article de la mort)… mais heureusement aussi l’amour (Tentative réussie d'approche de l'infini). Froids en apparence, ces miroirs dévoilent au fils de ces 12 nouvelles leur humanité. Ils sont vivants, capables comme vous et moi de ressentir, d’aimer, d’envier, de haïr. La plume de Emmanuelle Urien est absolument magnifique tout au long de ce recueil qu’on voudrait relire déjà une fois la dernière page refermée. J’ai aimé cette vision très originale des hommes à travers leur reflet, j’ai aimé l’écriture et la poésie des mots, la pudeur pour décrire certaines scènes et malgré tout le style incisif, précis, qui permet de ne rien cacher, tout dire, même les sombres reflets que l’on souhaiterait oublier. J’ai aimé ce monde étrange et ne me regarde depuis plus de la même façon dans mon miroir depuis ma lecture. Une très belle réussite et un livre à vous faire offrir et à offrir à vos proches ! Et une auteur dont je vais au plus vite lire d’autres titres tant j’ai aimé son écriture et son originalité. Liliba

    par liliba Le 29 février 2012 à 11:01
  • 5/5

    Une cave voûtée. Une collection de miroirs de toutes sortes : psyché, miroir de loge de théâtre, miroir-mouroir, miroir de poudrier, miroir de coiffeuse, miroir de bus... Une femme qui fait sa ronde la nuit et rajoute à l'occasion une nouvelle pièce à sa collection. Des miroirs qui, dès que le soleil se reflète sur eux, prennent la parole à tour de rôle ou ensemble, et racontent ce qu'ils ont vu et vécu : vite prendre la parole et la garder avant qu'un nuage n'obscurcisse le soleil et avant que celui-ci ne glisse sur un autre miroir. « Livrés à leurs réflexions, les miroirs ne s'entendaient plus. » (page 16). Tous ils racontent une histoire dont ils ont été les témoins, qu'ils ont reflétée, et souvent le drame n'est pas loin. --- Ces nouvelles où, malgré les humains, la parole est donnée aux objets, en l'occurrence les miroirs, reflets du corps, reflets de l'âme, sont comme un jeu d'ombre et de lumière : la vie, la mort. « […] les miroirs sont le réceptacle muet de la véritable nature des hommes. » (page 28). Les miroirs sont les témoins de la vie qui passe, des changement du corps et de l'âme. « De compagnon fidèle de toutes les réjouissances, je devenais le témoin d'une déchéance discrète et injustifiée. » (page 40). Ils sont les témoins de l'évolution des femmes et du mal-être de la société. « Les femmes, il faut le reconnaître, ne sont plus ce qu'elles étaient. Je suis dans la famille depuis près de deux siècles, et j'affirme qu'on les faisait bien plus solides avant. » (page 73). Les témoins non seulement de ce qu'ils voient mais aussi de ce qu'ils entendent. « Rien n'interdit aux miroirs d'entendre aussi bien qu'ils voient, il me semble. » (page 145). Qu'est-ce qu'elle écrit bien, Emmanuelle Urien ! Elle construit les histoires les unes dans les autres, comme des poupées gigognes. Car tous les petits récits que racontent les miroirs vont tendre vers une seule histoire. Et tous ces « témoignages » sont vraiment agréables à lire et intriguent de plus en plus. Clins d'œil à Alice : serait-elle la seule à être passée de l'autre côté du miroir ? [...] Catherine de La culture se partage

    par Catherine2 Le 30 décembre 2011 à 16:51
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