3/5

7 avis

˜L'œhomme-joie

Bobin, Christian (1951-....). Auteur

Edité par l'Iconoclaste. Paris - 2012-08-30

Langue : français

ISBN : 978-2-913366-45-9

Description physique : 1 vol. (180 p.). 19,0 cm x 14,0 cm x 2,0 cm


Christian Bobin, renouant avec sa fibre narrative, construit son livre en quinze récits : des portraits d'êtres chers (son père), des rencontres (Maria, l'enfant gitane), des figures emblématiques (Soulages, Glenn Gould), des visions, puis une longue lettre à la femme aimée et perdue, "la plus que vive". Entre ces récits viennent des paragraphes courts, parfois écrits à la main, condensés sur une pensée, fulgurants de profondeur et d'humanité. Un même fil rouge unifie ces textes, c'est la voix de Bobin à nulle autre pareille, et son regard de poète qui transfigure le quotidien.

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Avis des lecteurs

  • 4/5

    Il y a un mois, l'écriture de Christian Bobin, tellement poétique, m'était encore inconnue. Depuis j'ai partagé avec vous mon enthousiasme à la lecture de La Folle Allure et de Geai . Aujourd'hui, je récidive avec le dernier livre de cet auteur, L'Homme-Joie. Certes, je ne suis pas entrée en résonance avec la même intensité avec les quinze récits qui composent ce livre, mais certains sont vraiment sublimes. Lorsque Bobin nous parle de ses morts, son père atteint de la maladie d'Alzheimer, son épouse défunte, que c'est bouleversant, tendre, délicat et beau. Et même s'il évoque les moments difficiles qu'il a vécus, l'émerveillement n'est jamais loin. Si quand ils voient un miracle, la plupart ferment les yeux, lui reste toujours en éveil, près à capter les petits moments de bonheur simple. Le livre est ponctué de paragraphes manuscrits, ce qui crée une proximité avec le lecteur, comme si un ami s'adressait à vous. Malheureusement, j'ai rendu ce livre à la médiathèque, mais je pense que c'est un texte à lire et relire par petites touches pour mieux en appréhender toute la richesse.

    par Chris44974 Le 27 septembre 2013 à 15:58
  • 1/5

    Je suis un peu déçue et il est compliqué d’avouer ça à propos d’un auteur qui a l’air si charmant, si fraternel, mais je suis restée sur ma faim, sans doute attendais-je trop de belles choses ? Un petit livre qui se lit très vite et même si pétri de bons sentiments (trop ?), je ne vois pas ce que je vais garder en mémoire… Cocotcha

    par cocotcha Le 09 février 2013 à 14:52
  • 4/5

    La quatrième de couverture parle bien de ce livre... mais elle ne dit pas tout, elle invite à se glisser entre les pages, entre les mots de Christian Bobin, qui nous écrit aussi sur la quatrième de couverture : "J'ai rêvé d'un livre qu'on ouvrirait comme on pousse la grille d'un jardin abandonné." Dans ce livre, en dix-sept chapitres plus ou moins longs, Bobin vagabonde de la voix d'une Gitane à une nef de cathédrale, d'un chat au jardin à la musique de Bach sous les doigts de Glenn Gould. C'est la qualité du regard, de l'attention aux toutes petites choses du quotidien que je retiendrai ici : regard contemplatif sur des choses connues comme le noir de Soulages, attention à "la vie faible, la vie pauvre, contrariée, absente - irrésistible" (page 52). Derrière le visible du réel, le trépidant de la vie, Christian Bobin recueille des éclats de lumière, des bribes d'invisible qui donnent du goût à la vie, qui aident à traverser le jour, malgré la nuit, le deuil, la fragilité de notre condition humaine. J'ai bien aimé la façon dont il parle de l'absence, de son père, de la femme aimée, du soleil, des livres, de Glenn Gould. J'aime aussi la manière légère, qui ne se veut jamais péremptoire, de parler de sa recherche spirituelle. Comme toujours, j'ai aimé la poésie qui se dégage de son écriture, une poésie qui naît de l'épure, de l'amour des mots, de l'abandon. Je ne peux pas ne pas parler de la beauté de cet objet-livre dont les chapitres sont entrecoupés de pages écrites de la main de l'auteur, et qui contient aussi un magnifique cahier bleu manuscrit lui aussi, lettre à la "plus que vive". Christian Bobin, rencontré lors d'une présentation de son livre à Lille, a confié qu'il n'utilise pas l'ordinateur mais écrit toujours ses textes à la main avant de les faire taper. Un acte magnifié par cet objet-livre, dans la douceur du papier et la fraîcheur de l'encre à toucher, à renifler. Un plaisir de plus dans la découverte de Christian Bobin. Anne

    par Anne7500 Le 01 février 2013 à 19:02
  • 1/5

    <strong> Résumé </strong> : Christian Bobin nous livre des réflexions et des récits empreints de la poésie du quotidien. <strong> Critique </strong> : On le sait, la difficulté pour un auteur ayant déjà conçu une oeuvre considérable, reconnue, objet elle-même d'un quasi culte dans une société profondément désorientée, est d'apporter un souffle nouveau à chaque livre. C'est une réalité, en dehors des caprices de la même société toujours en quête d'autre chose (sans bien savoir ni quoi ni pour quoi) et de la pression des éditeurs pour se démarquer, maintenir dans un contexte difficile leur activité. Et c'est cette réalité à laquelle est confronté Christian Bobin dont le dernier ouvrage, --L'Homme-joie--, peut à certains égards, au premier abord, décevoir. Les redites, les oxymores systématiques et, il faut le dire, des vérités un brin banales, sont en effet légion : Rien de plus jeune qu'un vieux livre. Pascal jaillit du noir les yeux mouillés d'or{note: 1 - p. 94} , avec en écho J'ai pris la main du diable. Sous ses ongles noirs, j'ai vu de la lumière{note: 2 - p. 183} . Il y a dans la nature les fragments d'un alphabet ancien, des morceaux de lettres capitales, des ruisselets d'italiques, de grands espacements bleus de silence. Et parfois, par on ne sait quelle grâce, plusieurs lettres s'assemblent, des mots apparaissent avec ce qu'il faut de silence respirant - une phrase est tracée. Vous la voyez, vous la lisez, elle ne reste pas en place, elle s'efface très vite{note: 3 - p. 104} résonne avec Les morts sont des gens étranges. Leurs paupières ont la lourdeur des pierres de monastère. On les dirait captifs d'une lecture pour nous indéchiffrable{note: 4 - p. 157} . Outre ces relatives et sans doute inconscientes facilités, ce qui peut décevoir et même agacer réside dans le dolorisme tout religieux qui imprègne pesamment nombre de pages. Ainsi, on dirait que seule la souffrance ouvre à la vérité : C'était donc ça. Il fallait donc passer l'épreuve du noir, l'épreuve du naufrage prochain, certain, il fallait donc embrasser la peur aux yeux furieux, l'aimer comme du bon pain, continuer la traversée, perdre pied, perdre coeur et continuer quand même, voir le ciel passé à la limaille de fer, les étoiles en tomber comme de la sale poussière d'or, et entendre à cet instant, à cette perfection accomplie du désastre, entendre la bonne voix confiante, paisible, la voix jaune clair qui promettait de ramener le bateau au port{note: 5 - p. 96-97} . La souffrance est bonne car elle permet de s'endormir en pensant à chaque soir que le plus beau est à venir{note: 6 - p. 36} . Nous sommes donc de pauvres êtres, à l'image d'un être particulier au sein de la communauté : l'écrivain, partagé entre allumer la lumière dans les palais de nos cerveaux déserts{note: 7 - p. 98} et être enfin délivré de la corvée de dire et de taire{note: 8 - p. 46} . Tout porterait donc à renoncer, à refermer ce livre et puis, voilà, puisque de toute façon personne ne serait en quelque sorte à la hauteur. Et c'est justement là, lorsque pointent l'incompréhension, l'injustice face à une condition humaine saisie trop uniformément et à certains égards exécrée, lorsque guette le découragement, que ce recueil ouvre au contraire sur la possibilité d'une vie meilleure ici bas, maintenant. Car il y a chez Christian Bobin une vraie transcendance immanente, une invitation à être vivant grâce à la sensualité. Telle est la seule voie dans un monde que l'auteur ne manque pas, à bon escient, de critiquer âprement : Faire la vaisselle est une activité métaphysique qui redonne à un morceau de matière un peu de l'éclat du premier matin du monde. Dans les lointains une télévision accomplit sa morne besogne comme un bourreau tranchant sans émotion les têtes divines du silence et du songe. Un train de publicités déchire l'air, une pluie de miracles tristes s'abat sur le monde, dont les prophètes sont des créateurs jeunes, lisses, au sourire millimétré. Nous devons être t

    par nonfiction Le 07 décembre 2012 à 15:56
  • 5/5

    Ouvrir le dernier texte de Christian Bobin...L'Homme-Joie ... et découvrir une ode à la nature sous le bleu du ciel, admirerl'oiseau serviteur et quelques grains de sel angéliques, partir à la rencontre d'un roi soleil, assis sur le trône rouge de la grande salle de notre coeur, lire quelques pages imbibées de ciel bleu, faire la connaissance de Maria, l'alliage du farouche et du pur, admirer les oeuvres de Soulages avec la paix massive face au calvaire d'or, comprendre l'exil irrésistible de Glenn Gould, apprendre que le silence des morts est le même que celui des fleurs... Lire L'Homme-Joie c'est partir à la rencontre de textes brefs, d'une plume poétique qui enchante la vie, c'est une formidable relecture de Corneille et Suréna, du Typhon de Conrad... c'est ranimer La Plus que vive tant aimée, cachée dans chacune des pages, c'est honorer la vie dans l'infiniment petit...Un immense merci pour la grâce poétique de ce livre que l'on referme après avoir ressenti une joie radieuse.

    par Mirontaine Le 25 octobre 2012 à 06:53
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