3/5

10 avis

˜L'œagrume

Mréjen, Valérie (1969-....). Auteur

Edité par Éd. Allia. Paris - 2001-08-28

Langue : français

ISBN : 2-84485-071-5

Description physique : 77 p.. couv. ill.. 17,0 cm x 10,0 cm x 0,7 cm


Bruno, l'"Agrume", est un esthète d'aujourd'hui : il fait sécher des citrons et des oranges chez lui pour en observer leur pourrissement multicolore, il s'extasie devant un champ de navets du Val d'Oise et s'émeut de la beauté d'un bouchon de lavabo durci et craquelé. Ensemble, Valérie et l'Agrume essayent de vivre quelque chose qui ressemble à une histoire d'amour.

Suggestions

Du même auteur

Mon grand-père | Mréjen, Valérie (1969-....). Auteur

Mon grand-père

Livre | Mréjen, Valérie (1969-....). Auteur | Éd. Allia. Paris | 1999-09-01

"Mon grand-père amenait ses maîtresses chez lui et faisait l'amour avec elles en couchant ma mère dans le même lit.Ma grand-mère, dont c'était le deuxième mari, demanda le divorce. Après avoir fait mine de vouloir se tuer avec un ...

Eau sauvage | Mréjen, Valérie (1969-....). Auteur

Eau sauvage

Livre | Mréjen, Valérie (1969-....). Auteur | Éd. Allia. Paris | 2004-01-29

C'est bon cette herbe parfumée dans la salade... C'est quoi, du persil plat ?Eau sauvage se présente sous la forme d'un "dialogue" à sens unique entre un père et sa fille, dont seules nous parviennent les répliques de ce père env...

˜Une œdispute : et autres embrouilles | Mréjen, Valérie (1969-....). Auteur

˜Une œdispute : et autres embrouilles

Livre | Mréjen, Valérie (1969-....). Auteur | Petit POL. Paris | 2004-10-21

Premier recueil de nouvelles pour enfants à l'âge de la maternelle (3 ans et plus.). Il y est souvent question de rivalité, de méfiance, de conflits et de théories insolubles. Mais tous ces thèmes sont traités à la sauce Mréjen. P...

Avis des lecteurs

  • 5/5

    Un stylo caméra. C'est pas souvent qu'on peut en voir filer, de cette façon là, entre les lignes. Dans ma petite panoplie de lectrice, je n'ai pour l'instant rencontré cela que deux fois : Duras et Mréjen. Pas de parti pris narratif, l'auscultation dénué de tout soupçon, la palpation du regard. Les mauvais plans peuvent produire des séquences remarquables. Cela donne un style, un rythme, un ton couleur banche et citron. L'oeil surplombait... et regardait la mouche. Valérie Mréjen est auteure. Auteure de livres, auteure de films. Auteure donc en totalité.Elle écrit. Cruelle, ironique, à hurler de dire souvent, irritant, attendrissant, on ne sait pas sur quel plan il faudra que les mouches continuent de danser. Ce n'est pas «  je vois..» mais c'est « regarde ! », c'est la seule indication qui sera donnée au lecteur. Face stylo caméra. Sans jugement, sans valeur, sans sous titre, entre l'acidité du désir et l'amertume de l'amour le goût de cet agrume se déposera sur le bord de votre bouche. Quant au zest de l'histoire, il nous appartiendra ne pas laisser se perdre la mouche. Donc grande envie de poursuivre cette très belle découverte ! Une très belle rencontre à l'initiative de Libfly et les Éditions Alllia sur la voie des Indés 2015. Astrid SHRIQUI GARAIN

    par atos Le 08 juin 2015 à 10:27
  • 3/5

    Le sens unique n’existe pas seulement dans le code de la route. En amour, cela fonctionne très bien si l’on en croit Valérie Mrejen. Amoureuse ( ?) de Bruno, alias l’Agrume, espèce de mec lui aussi à sens unique, très imbu de sa petite personne, soit-disant esthète et amateur d’agrumes pourris. Dès le début, il a fixé les règles de leur histoire : c’est moi qui commande, c’est moi qui dit quand, où, pourquoi… Les rendez-vous où il ne vient pas, les absences, le téléphone silencieux, l’attente interminable…. Rien ne lui sera épargné, la narratrice accepte tout le lot avec en prime l’ex-petite amie. Chose bizarre, alors qu’elle nous parle de l’homme qu’elle aime, il n’y a aucun mot d’amour, rien qu’un rapport de faits. La construction du livre est faite de petits paragraphes. Elle écrit par petites touches très précises comme pour mieux disséquer son amour à sens unique. Dès le début, nous sommes fixés : « Nous étions assis sur un banc près des Halles, sous une espèce de pergola en bois. Il faisait bon. Il m’a dit je ne t’aime pas » La fin est assez inattendue : « A la scène du vaudeville en peignoir, j‘ai propos » que nous rompions. Il a tout de suite été d’accord. Je m’étais attendue à une apocalypse. Qu’allait-il se passer ? Je ne vous pas voir ça. En fait, il ne se passa rien : le téléphona n’a plus sonné. Ça n’a pas été trop brutal comme transition. » Les deux antagonistes sont aussi agaçants l’un que l’autre. Lui, par sa suffisance, sa lâcheté, sa petitesse ; elle par sa soumission. La force de Valérie Mrejen, est de nous donner une succession de faits, non des états d’âme et la banalité devient un bon livre. Quelques extraits « La première fois qu’il est venu chez moi, c’était en revenant de Tours. Il m’avait pris une boîte de macarons chez un pâtissier tourangeau. Nous sommes restés debout à nous embrasser au milieu du studio. Il était arrivé chez moi, avait réussi à trouver ma rue et apporté ces délicieux gâteaux. Bientôt, il m’a dit qu’il devait remettre un document à son frère aux environs de Jouy-en-Josas. Il est parti en promettant de revenir. Pendant ce temps, j’ai tournoyé en rond et admiré les macarons. Au bout d’un moment, je me suis mise à la fenêtre pour guetter sa voiture. Il est revenu au bout d’une heure. J’ai pensé ouf. » « La veille d’un jour passé, il m’avait dit qu’il m’appellerait. J’ai attendu. Je n’osais pas sortir. J’avais peur qu’il raccroche en trouvant le répondeur. Je suis restée chez moi, j’ai patienté non loin du téléphone en pleurant d’impatience. Il s’est mis à faire nuit. Je n’avais fait qu’attendre et espérer toute la journée. Peut-être était-il arrivé quelque chose? (Je me disais cela pour ne pas l’accuser). Je l’ai appelé vers 9h10. Puis vers neuf heures et quart. Tout à coup, il venait de rentrer. Il m’a dit : on est allés voir une exposition au Jeu de Paume. Il parlait gentiment mais avec une voix ferme. Il m’a promis de rappeler plus tard. Avant ça, j’étais tombée sur elle au téléphone. Je ne me posais pas trop de questions. J’avais surtout demandé à parler à Bruno. » « Une fois, il avait oublié un reste de couscous dans une cocotte minute avant de s'en aller trois jours. C'était moisi à son retour. Je me disais : comme il est attendrissant. Il a la tête ailleurs. Je trouvais les mouches drosophiles attendrissantes. »

    par zazy Le 19 mars 2012 à 21:30
  • 3/5

    <i>« Nous étions assis sur un banc près des Halles, sous une espèce de pergola en bois. Il faisait bon. Il m’a dit je ne t’aime pas ».</i> C’est par ces mots que commence L’Agrume de Valérie Mréjen, surnom que se donne l'homme avec lequel la narratrice entame dès lors une relation. Encore ne le comprend-on pas d'abord, tant le ton neutre et la succession de très courts paragraphes sans rapports apparents semblent peu aptes à décrire ceux qui vont s’établir entre les personnages. Et pour cause puisque, préfigurant son devenir, cette relation est avant tout une narration à laquelle elle s'adonne pour mieux tenter de lire entre les lignes, révélant sous une histoire somme toute banale une construction mathématique qui a d'ailleurs value à son auteur d'être l'année de sa parution l'invitée d'honneur de l'Oulipo. Ainsi est-ce au langage qu'elle emploie, au registre qu'elle utilise, qu'il nous faut davantage prêter attention pour saisir la progression qui s'opère. Après avoir situé le récit par des indications répétées, mais incertaines, de temps ( <i>« la veille », « une autre fois », « la veille d’un jour passé »</i> ), précises de lieux ( <i>« près des Halles », « porte d’Orléans », « dans la salle 3 » </i>), elle présente l'un après l'autre leurs modes de vie respectifs, ses manies à lui ( <i>« apprenait », « écourtait »</i> ) puis ses réactions à elle ( <i>« je m’efforçais », « j’en rajoutais »</i> ) comme pour mieux marquer ce qui déjà les sépare. Attachante, car attachée, elle note ensuite plus particulièrement, avec une bienveillante tendresse et une certaine dévotion, les faits, gestes et défauts de Bruno, s’inquiétant de ses silences répétés, de ses désistements sans fin, et n’obtenant en échange que plaintes, doléances et déclarations d’indépendance qui la conduisent à se dévaloriser et à culpabiliser de ne parvenir à le comprendre. Aussi la prendrait-on rapidement en pitié si, de guerre lasse, déçue dans son désir de devenir son infirmière, sa mère et sa confidente, elle ne finissait par s'interroger sur les liens si ténus qui la rattachent à cet amant si absent. À travers ses descriptions commencent alors à apparaître non plus ses propres aspirations mais ses défauts à lui, passant de la cristallisation à la crétinisation de cet être - dont l’ostentation pour les objets et ustensiles de cuisine confine au ridicule ; qui communique par le biais d'emballages ; se complaît dans l'identification à divers aliments ; parle constamment des <i>« impressions »</i> mais <i>« jamais des sentiments » </i>; voit les choses comme des gens et les gens comme des choses - pour finir par reconnaître qu'elle ignore tout de lui et ainsi former par les tranches de vie qu'elle étale un portrait sans concession de ce fruit plus pourri que les citrons qu'il collectionne. L’Agrume est le troisième roman de Valérie Mréjen, et le second paru chez Allia. Avec sa couverture acidulée, douce et rigide à la fois, il constitue une belle et habile réalisation où la forme rejoint très judicieusement le fond, servi par une typographie large et aérée. Un récit court que l’on retrouve plus prosaïquement chez J’ai lu dans un recueil intitulé <i>Trois quartiers</i>, entre --Mon grand-père<i> qui précède, et </i>Eau sauvage<i> qui le suit, où elle dépeint tour à tour son aïeul, son amant et son père. Une oeuvre dont la brièveté n’a d’égale que l’exigence du pacte autobiographique et où la concision sert l’inventaire qu’elle s’impose et par lequel elle s'expose toute en pudeur et suggestion comme dans ce passage où elle constate </i>« il n’y avait plus de feu, ma chandelle était morte ».<i> Après l’opération spéciale Maghreb du mois dernier ( qui comprenait </i>Cinq fragments du désert,<i> puis </i>Tsuru<i> et </i>La Marche de l'incertitude<i> ) j’ai le plaisir de vous présenter la huitième édition d’un éditeur se livre organisée par Libfly, que je remercie, ainsi qu'Allia mis à l'honneur à l'occasion de ses trente années d'existence et d'exigenc

    par Darsan Le 01 mars 2012 à 13:38
  • 3/5

    J'ai trouvé le livre de Valérie Mréjen fin, original dans sa manière de raconter l'histoire. Ses petites touches sensibles, qui ne font que donner des instantanés de vie, sorte de polaroids écrits, sont assez percutants pour peu que l'on s'y arrête. Ses accents parfois drôles, souvent justes, ne masquent pas la faille émotionnelle de la narratrice, bien au contraire. Avec cette opération &quot;un éditeur se livre&quot;, je découvre donc une écriture que je conseillerai autour de moi. Vraiment une belle surprise !

    par FrancoisAnnycke Le 14 février 2012 à 19:08
  • 4/5

    « L’agrume », c’est Bruno. Un homme de son temps, un artiste dans l’âme qui voit la beauté au travers d’un champ en fleur, d’une photographie de charnier ou d’un film d’auteur. La narratrice, c’est Valérie Mréjen elle-même. Fiction la mettant en scène ou autobiographie ? Le lecteur n’a pas le moyen de le savoir vraiment. Cette histoire, c’est avant tout celle d’un semblant d’amour. Le livre commence par « Il m’a dit je ne t’aime pas« . A la suite de cette courte phrase, Valérie se remémore des anecdotes, des instants de vie passés avec ou sans Bruno. Le roman est truffé de paragraphes courts, comme des passages se rappelant à la mémoire de l’héroïne. Peu à peu le lecteur arrive à cerner cette relation, comme étant presque à sens unique. Une relation destructrice et sadique psychologiquement puisque Valérie aime l’Agrume et lui pardonne tout : infidélité, rendez-vous manqué, intérêt feint pour sa vie, etc. L’Agrume, lui, profite de l’amour aveugle de Valérie : il lui en fait voir de toutes les couleurs, sachant qu’il sera excusé. Deux personnages auxquels je ne me suis pas attachée, simplement du fait qu’ils sont tous les deux agaçants. D’une part, Bruno, dit « l’Agrume ». Un homme comme on n’aimerait pas en croiser ; un individu dont le narcissisme est extrême. Il m’a donné l’impression de bien trop s’aimer pour pouvoir aimer quelqu’un en retour. Égocentrique, il n’en a pas moins besoin d’autrui, mais uniquement pour l’accomplissement de sa propre personne. Antipathique à souhait. Concernant ce surnom « l’Agrume » qui donne son titre au livre, je ne l’ai pas compris. Mis à part le fait que Bruno signe souvent d’un citron, qui semble être l’emblème dont il s’est affublé. D’autre part, Valérie, la narratrice. Étonnamment, elle n’est pas plus sympathique que son amant aux yeux du lecteur. Une femme amoureuse et naïve. Est-ce son attitude ou le reflet de celle qu’on a déjà pu être qui nous énerve ? Quoiqu’il en soit, sa capacité à tout pardonner, ses oeillières concernant les infidélités de l’Agrume sont dérangeantes. On a une impression d’autodestruction malsaine dans son comportement. Aucune affinité mais beaucoup de pitié pour ce personnage. Avec ce livre, j’ai découvert une plume qui m’a beaucoup plu. Une écriture très poétique, qui décrit une situation amoureuse délicate avec beaucoup de finesse et de tendresse. L’auteur arrive à nous suggérer lorsque Valérie se rend compte que quelque chose ne va pas ou lorsque sa naïveté prend le dessus. En conclusion, j’ai beaucoup aimé ce moment littéraire, même s’il est toujours étrange de ne pouvoir s’attacher à aucun personnage. Cadre de lecture : Lu dans le cadre de la huitième édition de l’opération « Un éditeur se livre« , mettant à l’honneur les éditions Allia ; mis en place par Libfly. Je suis ravie de faire partie des huit lecteurs et je découvre avec intérêt cette maison d’édition. Marylin

    par marylinm Le 12 février 2012 à 15:16
Chargement des enrichissements...