4/5

5 avis

Naufrages : roman

Yoshimura, Akira (1927-2006). Auteur

Edité par Actes Sud. Arles ; Leméac. [Montréal] - 2004-02-05

Langue : français

Collection : Babel (Arles) ; Babel

ISBN : 2-7427-4651-X ; 2-7609-2384-3

Description physique : 188 p.. couv. ill. en coul.. 17,6 cm x 11,0 cm x 1,4 cm


Isaku n'a que neuf ans lorsque son père part se louer dans un bourg lointain. Devenu chef de famille, le jeune garçon participe alors à l'étrange coutume qui permet à ce petit village isolé entre mer et montagne de survivre à la famine : les nuits de tempête, les habitants allument de grands feux sur la plage, attendant que des navires en difficulté, trompés par la lumière fallacieuse, viennent s'éventrer sur les récifs, offrant à la communauté leurs précieuses cargaisons. sombre et cruel, ce conte philosophique épouse avec mélancolie le rythme, les odeurs et les couleurs des saisons au fil desquelles isaku découvre le destin violent échu à ses semblables dans cette contrée reculée d'un lapon primitif.

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Avis des lecteurs

  • 4/5

    Isaku a neuf ans. Ainé de quatre frères et sœurs, il vit dans un petit village côtier du Japon, un village pauvre de pêcheurs, isolé par la montagne d'un côté, la mer de l'autre. Alors que son père part se vendre hors du village pour travailler, Isaku devient l'homme de la famille chargé de nourrir les siens et subvenir à leurs besoins. Comme les autres villageois, il pêche par tous temps mais se voit aussi confier une mission importante : la cuisson du sel. Les pêcheurs peuvent échanger ce sel avec les villages voisins contre d'autres denrées. Pourtant, ce n'est pas le but premier de cette mission primordiale. Lorsque surviennent mauvais temps et tempêtes qui déchainent la mer, les feux allumés la nuit sous les chaudrons de sel deviennent de terribles phares vers lesquels se dirigent les bateaux en difficulté pensant trouver refuge. Mais, ils se brisent sur les rochers invisibles et les villageois se chargent d'achever les survivants pour récupérer leur précieuse cargaison : nourriture, vêtements, ustensiles... qui viennent considérablement améliorer la vie des villageois. Naufrages est un conte assez sombre et cruel mais pourtant, en lisant l'histoire de ces villageois pauvres et démunis, on comprend, sans accepter, leurs terribles actes. Car la survie du village dépend de cet horrible stratagème mis en place depuis des générations. Ces villageois vivent au jour le jour au rythme des changements de saisons. Ils pêchent maquereaux, poulpes et autres poissons, tout ce que la mer veut bien leur donner. Mais parfois, les temps sont rudes et les pêches moins bonnes. La famine est une situation qu'ils connaissent souvent. L'arrivée d'un bateau échoué et de sa cargaison est une bénédiction pour eux, une fête, l'occasion de vivre mieux. Naufrages est aussi un roman d'apprentissage, dans lequel on suit le personnage d'Isaku sur plusieurs années. Isaku est élevé à la dure et obligé de grandir plus vite suite au départ de son père. Sa mère le rudoie sans cesse et il doit faire ses preuves, apprendre seul ou auprès de son cousin Takichi les différentes sortes de pêches, et montrer qu'il est capable de prendre soin des siens. Son apprentissage n'est pas sans échec et l'on ne peut qu'être touché par cet enfant qui a déjà une volonté de fer et des responsabilités d'homme. Homme en devenir, il est également de plus en plus troublé par la belle Tami dont il est amoureux. Avec une belle écriture et un style simple et épuré, Akira Yoshimura nous embarque dans un Japon primitif, qui fait rêver avec ses sublimes paysages, malgré la noirceur et la cruauté de l'histoire racontée. http://leschroniquesassidues.blogspot.com/

    par chroniquesassidues Le 20 juillet 2015 à 14:35
  • 5/5

    Akira Yoshimura nous livre ici, un conte sombre et cruel, violent. Isaku, un jeune garçon de neuf ans, vivant dans une "contrée reculée d'un Japon primitif", voit son destion bouleversé un jour de printemps. Son père a été obligé de se vendre dans un village voisin pour trois ans, afin de permettre à sa famille de survivre dignement. Isaku devient alors, par la force du destin, le chef de famille. C'est lui qui doit subvenir aux besoins de son frère, sa mère et ses soeurs. Commence alors pour lui, une vie faite de pêche, de cueillette et de divers travaux. Parmis ceux-ci, il se voit confier la tâche de la cuisson du sel, sur la plage, lors des longues nuits d'hiver. Mais cette corvée ne sert pas seulement à cuire le sel pour l'échange contre des céréales ; Isaku, très vite, découvrira l'autre but macabre de ce travail. "Il commençait à comprendre. Il avait été longtemps persuadé que la cuisson du sel était une cérémonie pour que les bateaux en difficulté viennent s'échouer sur la plage, et il se rendait compte maintenant que c'était surtout un moyen de provoquer un naufrage". Le naufrage des bateaux certains hivers, permet au village de survivre et de ne pas être rayé de la carte. Les villageois ne peuvent malheureusement, pas faire autrement, la survi de leurs familles et du village tout entier dépend de cela. "Les naufrages avaient permis à leurs ancêtres de survivre sur cette terre, et les villageois se devaient de perpétuer la tradition.". Ce livre bouleversant, intense, brutal, obscur est écrit magnifiquement. Très poétique, ce conte philosophique m'a littéralement transportée, absorbée. Devant mes yeux se dessinait le village d'Isaku, aux pieds des montagnes ; je sentais le froid glacial de l'hiver me mordre ; j'avais dans la bouche le goût de la soupe de riz et du saké ; je vivais au rythme des couleurs des saisons qui défilaient, gravées à jamais sur ces pages magnifique. Je pleurais en accord avec Isaku et sa famille. Mon coeur battait au rythme du sien... Ma vie se mêlait à la sienne... Un récit dépaysant, ravageur qui joue avec la perfection littéraire. Un chef d'oeuvre de la littérature Japonaise qui m'a subjuguée et qui a insinué le désir, pour moi, de continuer l'exploration de cette dernière.

    par malorie Le 24 juillet 2012 à 09:32
  • 4/5

    C'est un livre qui m'aura mis sur un petit nuage. Isaku, jeune garçon habite dans un petit village de pécheur isolé le long de la côte japonaise. Lorsque débute ce roman après des années peu fructueuses la pauvreté est installé au village la famine menace pour sauver sa famille son père part se louer pour trois ans dans un bourg lointain. Isaku devient alors le seul soutien de sa famille, c'est à lui que revient désormais la lourde tache de pêcher, il sera aussi chargé par le chef du village d' une tache importante pour la survie de tous, prendre un tour de garde pour entretenir les feux qui vont servir par les nuits de tempête à sécher le sel mais également à faire venir près s'échouer près du village des navires en difficulté chargé de lourdes cargaisons. C'est un roman intemporel, rythmé par les saisons de pêches, les bonnes années, les mauvaises, l' apprentissage, les pêches fructueuses, « les années à bateau »... Une très belle histoire porté par une écriture épurée, on est bercé par les mots d' Akira Yoshimura. Elle parvient peu à peu à faire monter la tension jusqu' aux drames, on ne peut certes pas dire que tout est bien qui fini bien mais c'est un conte dont je vais garder un très bon souvenir.

    par Lacazavent Le 11 mai 2012 à 06:56
  • 4/5

    Ce roman attire d'abord l'attention à cause du sujet qu'elle traite: un village au bord de la mer attire les bateaux qui croisent au loin avec des feux de fortune, afin qu'ils échouent pour récupérer leurs richesses et ainsi améliorer le quotidien des villageois. Dans un Japon intemporel, le lecteur suit les journées d'Isaku, petit garçon de neuf ans, devenu soudain l'unique "homme" de la famille, depuis que son père est allé se vendre en ville pour faire survivre ses proches. Isaku vit avec sa mère et ses petits frères et sœurs. Le quotidien est pénible, les sentiments affectueux n'ont pas de place. Seule la pêche et la cueillette permettent la survie au quotidien. Car, on ne peut pas parler de vie puisque, du matin au soir, seule la quête du repas est essentielle. Yoshimura ne s'attarde pas sur le pathos, son récit est davantage axé sur le descriptif du quotidien dans un village qui perpétue les croyances ancestrales (la croyance en la résurrection des petites âmes est poétique) et s'organise toute l'année en prévision de son objectif ultime: attirer un bateau pour qu'il s'échoue, et récupérer ses richesses: "ce sont les ancêtres qui ont décidé qu'il fallait les tuer, et cela continue depuis.Il faut se plier à la loi du village". Ainsi, on ne trouve pas de prise de position, d'avis contraire, juste l'angoisse qu'un bateau ne coule pas, et la joie de voir sombrer un navire alors que des vies sont en jeu. Ce roman n'est ni ennuyeux, ni moralisateur. J'y ai trouvé une certaine forme de poésie qui permet d'atténuer la description de la souffrance humaine et la perte d'un proche. Peut-être certains y trouveront une critique larvée des croyances populaires, mais il faut lire ce roman comme il désire être lu: un conte philosophique. vivi

    par vivicroqueusedelivres Le 11 février 2012 à 19:44
  • 3/5

    Isaku, jeune garçon de neuf ans, apprend la vie en grandissant au cœur d'un village de pêcheurs coincés entre mer et montagnes. Son père est parti "se louer" comme force de travail laissant à son fils aîné mais pourtant si jeune la lourde responsabilité de sa famille. Pour échapper à la misère omniprésente les villageois se soumettent à une étrange coutume en se faisant naufrageurs : les nuits de tempêtes ils allument de grands feux sur la plage, attendant que des navires en difficulté, trompés par la lumière, viennent s'échouer sur les récifs, afin de les piller après en avoir tué l'équipage. Hors du temps, hors du monde, le village ne survit que par sa monstruosité. Bien sûr, il devra en payer le prix... Akira Yoshimura nous propose ici un conte philosophique inspiré d'une légende japonaise. Sombre et cruel, ce récit parabolique épouse avec mélancolie le rythme lent des saisons au fil desquelles Isaku découvre le destin violent dévolu à ses semblables. A la fois sublime, triste et rude ce récit d'une grande intensité est souligné par une écriture austère, épurée à l'extrême, à la limite de l'exsangue et d'une remarquable précision.

    par Kara Le 14 janvier 2009 à 14:52
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