3/5

23 avis

HHhH : roman

Binet, Laurent (1972-....). Auteur

Edité par B. Grasset. Paris - 2010-01-13

Langue : français

ISBN : 978-2-246-76001-6

Description physique : 1 vol. (440 p.). 20,5 cm x 14,0 cm


Deux parachutistes tchécoslovaques envoyés par Londres sont chargés d'assassiner Reinhard Heydrich, chef de la Gestapo, chef des services secrets nazis, planificateur de la solution finale, protecteur de Bohème-Moravie, surnommé « le bourreau », « la bête blonde », « l'homme le plus dangereux du IIIe Reich ». Après des mois de préparation, il est finalement abattu dans sa Mercedes. Il s'ensuit une folle traque qui se termine dans une église du centre de Prague. HHhH est un acronyme inventé par les SS qui signifie en allemand : « le cerveau d'Himmler s'appelle Heydrich » (Himmlers Hirn heisst Heydrich). L'essentiel de l'histoire se situe entre 1938 et 1942. Le récit est structuré comme un entonnoir : des chapitres courts relatent différents épisodes en divers lieux et à diverses époques, qui tous convergent vers Prague où s'est déroulé l'attentat. Tous les personnages de ce livre ont réellement existé ou existent encore. L'auteur a rapporté les faits le plus fidèlement possible mais a dû résister à la tentation de romancer. Comment raconter l'Histoire ? Cette question conduit parfois l'auteur à se mettre en scène pour rendre compte de ses conditions d'écriture, de ses recherches, de ses hésitations. La vérité historique se révèle à la fois une obession névrotique et une quête sans fin.

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Avis des lecteurs

  • 4/5

    Ce livre, je le connaissais. Le titre m'avait déjà interpellée, j'avais vu mon père le lire et savais qu'il était dans sa bibliothèque. Mais j'avoue que je ne m'y étais jamais intéressée, je n'avais jamais eu la curiosité de creuser. C'est mon prof d'Histoire/Géographie qui nous en a récemment parlé, en bien évidemment, puisqu'il a fini par me convaincre. C'était l'occasion ou jamais d'en apprendre plus sur la Seconde Guerre Mondiale, sujet qui m'intéresse franchement. Alors je l'ai lu. Et je suis perplexe. A vrai dire, je suis à l'heure actuelle incapable de vous dire si j'ai adoré ou si j'ai détesté. Je ne sais même pas par quel bout prendre ma chronique, j'ai l'impression d'avoir à vous chroniquer un OVNI. En même temps, je ne crois pas que ce ne soit qu'une métaphore... Bref. Ici, on ne peut pas parler de personnages. Toutes les personnes citées ont réellement existé, ont eu ces caractères. Heydrich est mis en avant dans le résumé, mais il n'y a bien entendu pas que lui : Nous découvrons de nombreux autres acteurs de l'Histoire, et en particulier de l'Opération Anthropoïde, dont deux hommes marquants : Gabcik et Kubis. (Vous m'excuserez, il manque les accents.) Ma curiosité a été ainsi assouvie : Evidemment, cet assassinat a été un début d'enfer, (Je pense notamment au village de Lidice), mais aussi un début de libération à mon sens, c'est donc pour cela que mieux découvrir ces deux jeunes et ceux qui les ont aidés de près ou de loin m'a semblé fondamental. Je ne peux de toute évidence ni vous analyser ni vous décortiquer les personnalités de chacune de ces personnes : Etant chroniqueuse et non psy, juger des gens "réels" serait un peu grotesque. Mais je peux en revanche vous dire qu'on en apprend beaucoup sur eux, et qu'on est parfois surpris... Clairement, le style de l'auteur est vraiment étrange, et déstabilisant. Celui-ci est en effet omniprésent dans le texte, nous confiant ses réflexions, ses pensées, ses gestes les plus futiles. On a l'impression de lire son livre en même temps qu'il l'écrit, c'est vraiment spécial. Il faut s'accrocher, avouons-le. Certes, certains trouveront cette "incrustation" égocentrique ; pour ma part, je l'ai trouvée pertinente : Elle permet en effet de ne pas tomber dans la récitation pure et simple, d'apporter plus de fluidité et de souplesse à cet ouvrage béton. Et il est toujours intéressant d'avoir un autre point de vue, ou un humour un brin caustique... Bien entendu, ça reste froid et distant, mais n'est-ce-pas le reflet de cette barbarie gratuite qu'était la Solution finale ?... (Et encore là, je vous fais un bel euphémisme...) Mais alors, avec un tel résumé et une écriture si atypique, comment peut-on définir ce "roman" ? Excellente question, car ce bouquin est tout simplement indescriptible. Inutile de le préciser (Mais je le fais quand même, notez-le.) que ce livre est une mine d'or en matière d'informations historiques. Il y a tellement de choses à dire ; on comprend assez vite pourquoi l'auteur semble, au début, se perdre à chaque chapitre. Je pense pouvoir dire que le contenu est irréprochable, on ressent -voire même on vit- les nombreuses recherches de l'auteur, on apprend tellement ! Pour être tout à fait honnête, j'avais un peu l'impression d'un bourrage de crâne intensif durant plus de 400 pages. Mais je ne dis pas que c'est pénible, loin de là ! Au contraire, ceci est vraiment enrichissant. Toutefois, il faut signaler que c'est vraiment surprenant. L'Histoire, j'adore ça, les romans historiques, j'en ai lu une palanquée, en jeunesse comme en adulte. Mais jamais je ne me suis trouvée face à tant d'authenticité, et c'est franchement effrayant, il faut le dire. On a au départ du mal à réaliser que le moindre détail de ce livre est vrai, jusqu'à la couleur de la voiture d'Heydrich. Oui, ceci m'a marquée, parce que sincèrement, en temps normal, on s'en fiche totalement de savoir si elle est noire ou verte. Mais là, non, il y a une nécessité

    par MaMalleauxLivres Le 23 janvier 2016 à 17:37
  • 4/5

    Un livre dont tout lecteur, un peu passionné par l'histoire du XXème siècle connait la fin...L'élimination de Reinhard Heydrich, chef de la Gestapo, chef des services secrets nazis, par deux parachutistes venus de Londres..Un livre toutefois passionnant J'avais écrit "l'assassinat", que j'ai remplacé par "l'élimination"...l'assassinat est un crime réprimé par la loi de tout pays civilisé, ...l'élimination est une délivrance Livre d'histoire ou roman? Laurent Binet dont ce fut le premier livre s'est appuyé sans aucun doute, il le dit lui-même et le résultat le prouve, sur une documentation importante pour retracer le parcours de Heidrich au sein de l'organigramme nazi, sa jeunesse, ses crimes et sa violence par tueurs interposés, la traque de ses tueurs, les exactions nazies qui suivirent.... Il a romancé ce travail en prêtant à ses personnages des conversations, des sentiments, des rencontres...Et alors? certains y trouvent à redire...Les faits historiques, la grande Histoire ne sont pas mis en doute par certains aspects romancés du livre...Il a su et c'est important, nous faire partager l'ambiance, l'atmosphère de ces années, la peur que de tels monstres inspiraient, le courage de ces hommes et femmes qui s'engageaient dans une mission en sachant qu'ils seraient torturés, qu'il y perdraient la vie s'ils étaient capturés, la préparation en Angleterre de l'opération "Anthropoïde", la formation des hommes qui devaient tuer Heydrich... On découvre, même si on le savait déjà, le **** qu'était Heydrich, père aimant de ses enfants, de son épouse devant elle, mais la trompant sans vergogne, ce monstre planificateur de la Solution finale, ce parfait aryen blond....peut-être un peu juif par certains de ses ancêtres, ayant droit de vie et de mort sur les tchèques...un droit dont il ne s'est pas privé...cet homme "cerveau de Himmler" dont on disait chez les SS, selon Binet : "HHhH" : Himmlers Hirn heiβt Heydrich – le cerveau d’Himmler s’appelle Heydrich... Vrai ou faux? Laurent Binet invente ces conversations, ces situations, ces rencontres...elles nous semblent réalistes et historiques..Le sont-elles? Lui-même attire notre attention et s'en défend : "Cette scène n'est pas forcément très utile, et en plus je l'ai pratiquement inventée, je ne crois pas que je vais la garder" (P. 288)...et il la garde! Les principaux héros ou les monstres, personnages principaux du livre ont existé...Alors pourquoi ne pas leur prêter vie? A t-il inventé d'autres scènes ayant un caractère beaucoup plus historique, notamment le fait qu'Hitler envisageait de déplacer Heydrich à Paris pour mater comme il l'avait fait avec les tchèques tout esprit de résistance en France?.....prétexte de la rencontre entre Heydrich, Bousquet, secrétaire général à la Police, et Darquier de Pellepoix...J'aurais aimé le savoir Malgré tout un bon rappel historique...et un bon roman couronné par le Goncourt du premier roman Binet nous prévient très tôt : "J'ai dit que je ne voulais pas faire un manuel,d'histoire. Cette histoire-là j'en fais une affaire personnelle. C'est pourquoi mes visions se mélangent quelque fois aux faits avérés. Voilà, c'est comme ça" (P. 146) Et pour l'amateur d'histoire que je suis, ce fut un bon moment de plaisir malgré des interrogations qui subsistent JPV

    par JPV11 Le 18 janvier 2016 à 07:51
  • 5/5

    La Seconde guerre mondiale et plus particulièrement le nazisme sont une tragédie de l'Histoire humaine qui n'a pas fini de fasciner historiens et romanciers, qui nous gavent d'ouvrages, de films et autres depuis des décennies pour chercher à comprendre les engrenages et les mécanismes d'un tel parti totalitaire. Je pensais m'être lassé de la lecture de ces ouvrages, mais HHhH m'a détrompé. Sous ce titre énigmatique se cache un "slogan" nazi qui signifie en français "le cerveau d'Himmler s'appelle Heydrich". Dans ce roman (et encore cette définition est probablement inexacte), Laurent Binet décrit de manière générale l'ascension du nazisme et le début de la Seconde Guerre mondiale, plus particulièrement à travers le prisme de Heydrich. Contrairement à beaucoup d'ouvrages français qui se concentrent sur l'Occupation dans l'Héxagone ou, à la rigueur, sur la Shoah en Pologne, l'auteur se focalise ici sur la Tchécoslovaquie, qui a beaucoup souffert pendant la Guerre. Le lien entre Heydrich et la Tchécoslovaquie : Heydrich périra de ses blessures lors d'un attentat à Prague mené par deux vaillants parachutistes tchèque et slovaque. Mais HHhH ne se contente pas de décrire les tenants et les aboutissants de cet attentat qui, contrairement à ceux fomentés contre Hitler, fonctionnera ; Binet livre une réflexion fascinante sur l'irrépressible manie des historiens à vouloir narrativiser l'Histoire avec un grand H pour en faire une histoire avec un petit h ; ajouter des commentaires pour boucher les trous ou transformer un personnage historique pour qu'il soit plus charismatique... HHhH est un ouvrage fascinant, mêlant Histoire, fiction, recherche historique dans un style très agréable à lire (malgré des passages assez insoutenables, d'autant plus qu'ils sont véridiques). Un chef d'oeuvre à mettre entre toutes les mains !

    par Shirayukihime Le 19 juin 2015 à 17:20
  • 5/5

    En 1942, en pleine seconde guerre mondiale, Reinhard Heydrich, chef de la Gestapo et des services secrets nazis, fait régner la terreur depuis des mois à Prague tout en planifiant la solution finale. « L’homme le plus dangereux du IIIè Reich » ne recule devant rien pour satisfaire son Hitler et Himmler dont il est le bras droit et n’hésite pas à faire fusiller tous les Juifs et les opposants au régime que compte la capitale Tchèque. Depuis Londres, la résistance s’organise et entend bien frapper fort en montant l’opération « Anthropoïde ». Deux parachutistes tchécoslovaques seront chargés d’assassiner celui que l’on surnomme aussi « le bourreau de Prague » ou « la bête blonde ». Tous les personnages du livres ont existé et tous les faits sont réels. Pourtant, il ne s’agit pas d’un documentaire historique mais d’un roman. Oui, mais comment raconter l’histoire de cet attentat sans déformer le réel ? Comment raconter, maintenir le lecteur en haleine sans romancer et sans trahir l’Histoire ? C’est la question que se pose Laurent Binet tout au long de son roman. Le lecteur lit donc deux livres en un : le roman sur l’attentat, et le journal de bord de l’écrivain qui s’interroge sur la manière dont il doit s’y prendre pour raconter un pan de l’Histoire qui lui tient à cœur sans le déformer et pour être le plus précis possible sans être barbant. Le pari était risqué de livrer ses réflexions d’auteur au sein même de l’intrigue mais je dois avouer que c’est plutôt réussi. On comprend les doutes de Binet, on se demande quelle solution il va adopter, on compatit – et pour être auteur moi-même d’autant plus ! – au mini drame personnel lorsque son éditeur décide de changer son titre initial Opération « Anthropoïde » pour HHhH (Himmlers Hirn heiβt Heydrich : le cerveau d’Himmler s’appelle Heydrich). On se demande même à un moment si Binet réussira à raconter l’attentat. Pour ne pas être fan de roman historique, je me suis vraiment laissée séduire par celui-ci grâce à cette double lecture qui m’a, en outre, permis d’enrichir mes connaissances sur cette période si sombre de l’Histoire.

    par Naurile Le 06 mars 2014 à 14:10
  • 5/5

    Et bien, voilà un roman qui donne matière à réflexion ! Avant de nous intéresser au sujet en lui-même, je crois qu’il est judicieux de toucher quelques mots à propos de la narration. Dès le début, Laurent Binet avertit son lecteur (et, en quelque sorte lui-même) qu’il ne s’agit pas d’un livre d’Histoire, certains faits ne collant strictement à la réalité historique. Pour autant, il ne s’agit aucunement d’une fiction, mais de faits historiques avérés. Au fil de cette lecture, les pensées de l’auteur vont venir se mêler à l’histoire, tantôt pour apporter une information, tantôt pour exprimer ses doutes quant à la façon dont il relate un évènement, ou encore pour justifier sa démarche dans l’écriture de cet ouvrage. Une démarche qui traduit l’implication de Laurent Binet dans ce récit, mais qui met également en exergue la difficulté de se remettre en question soi-même face à une Histoire loin d’être mirobolante. S’il est vrai que ses réflexions reviennent régulièrement dans ce roman, pour autant elles ne viennent pas gâcher le récit. Au contraire, elles viennent appuyer des faits, donner de la valeur à cette page d’histoire. Au-delà de ce livre, c’est bien sa passion pour l’Histoire, pour la Tchécoslovaquie que Laurent Binet veut nous faire partager. Et puis il y a l’histoire. Celle qui fait partie de l’Histoire : L’opération Anthropoïde. Son but est d’éliminer celui qui fut surnommé Le boucher de Prague : Reinhard Heydrich. Mais avant d’en arriver à cette opération, c’est le parcours de cet homme que l’auteur nous propose de suivre. Heydrich qui eut un rôle si important dans le IIIème reich, et pourtant je n’ai pas souvenir d’en avoir entendu parler lors de mes cours d’histoire au lycée. En effet, lorsqu’on évoque cette période on parle d’Hitler, Himmler, Göring et Goebbels, Heydrich n’est que très rarement évoqué. Et pourtant, quand on sait que même les hauts dignitaires nazis le craignaient, quand on sait que suite à son « succès » pour maintenir l’ordre à Prague, il était préssenti pour faire de même à Paris… on peut réaliser l’importance et le rôle qu’il a eu. Ce n’est pas grâce à ce roman que j’ai découvert son existance, bien sûr, ni grâce à ce roman que j’ai pris connaissance de l’opération anthropoïde, mais c’est bien grâce à lui que j’ai mesuré l’importance l’homme et de cet attentat. En découvrant son parcours, je n’ai pu m’empêcher de faire le rapprochement avec le Rudolf Lang décrit dans le roman de Robert Merle, La mort est mon métier. L’un comme l’autre sont prêts à obéir sans condition, l’un comme l’autre sont persuadés du bienfondé de leurs actions. Des hommes faisant parti d’un engrenage, celui du 3ème Reich dirigé par un Hitler implacable. Et puis découvrir que Heydrich s’avère être aussi impitoyable, voir même plus que le Führer lui-même… prendre conscience une fois de plus que si Hitler est l’instigateur du Nazisme, c’est bien parce que d’autres hommes ont suivi qu’il a pu exister. Comme le rappelle d’ailleurs ce roman, Hitler n’était pas présent lors de la conférence de Wansee où l’organisation administrative de « la solution finale à la question juive » a été mise en place. Enfin, arrive la question de l’attentat contre Heydrich en lui-même. Nous suivons la mise en place et l’avancée de la Résistance Tchèque jusqu’à cette fameuse opération Anthropoïde. J’ai beaucoup aimé la façon dont l’auteur relate les faits. D’une part grâce à ses propres réflexions quant à l’écriture de ce livre. D’autre part, car ce récit, bien que mettant en avant un acte héroïque de la part de résistants, ne verse pas dans le super-héros. Au contraire, il fait bien sentir que Gabcik et Kubis sont des êtres humains avant d’être des résistants. HHhH s’est donc avéré une lecture non pas divertissante, car le sujet ne s’y prête pas, mais en tous les cas très instructive. Et c’est bien sûr sans hésiter que je vous conseille ce livre.

    par Nelcie Le 10 décembre 2013 à 20:00
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