4/5

8 avis

˜Les œNoces barbares

Queffélec, Yann (1949-....). Auteur

Edité par Gallimard. [Paris] - 1987-08-26

Langue : français

Collection : Collection Folio

ISBN : 2-07-037856-X

Description physique : 343 p.. couv. ill. en coul.. 17,8 cm x 10,8 cm x 1,4 cm


Fruit d'une alliance barbare et d'un grand amour déçu, Ludovic, enfant haï par sa trop jeune mère - Nicole - et ses grands-parents, vit ses premières années caché dans un grenier. La situation ne s'arrange guère après le mariage de Nicole avec Micho, brave et riche mécanicien qui cherche à protéger Ludovic. Hantée par ses amours brisées, sombrant dans l'alcoolisme et méprisant son mari, la jeune femme fait enfermer son fils dans une institution pour débiles légers. Mais Ludovic n'est pas l'arriéré qu'on veut faire de lui. Il ne cesse de rêver à sa mère qu'il adore et qu'il redoute. Même une première expérience amoureuse ne parvient pas à l'en détourner. Son seul but, son unique lumière : la retrouver. S'enfuyant un soir de Noël, il trouve refuge sur la côte bordelaise, à bord d'une épave échouée, écrit chez lui des lettres enflammées qui restent sans réponse. Et c'est là-bas, sur le bateau dont il a fait sa maison, que va se produire entre Nicole et son fils une scène poignante de re-connaissance mutuelle - qui est aussi le dernier épisode de leurs noces barbares.

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Avis des lecteurs

  • 4/5

    Ludovic a les même grands yeux verts que son père. Mais son père n'est pas un papa, c'est un violeur. Un soldat américain qui a abusé d'une jeune fille de treize ans avant de retourner dans son pays, auprès de sa femme. Alors la mère et les grands-parents boulangers de Ludovic ne supportent pas les grands yeux verts du petit garçon, ça leur rappelle le drame. L'enfant vit reclus au grenier, attifé de vêtements féminins, mal nourri : « Nicole avait refusé son lait ; le boulanger refusait son pain. » (p. 30) De loin en loin, Ludovic reçoit la visite d'une cousine, Nanette, une chouette fille qui essaie de lui apprendre à lire, à écrire. Pourquoi n'irait-il pas vivre chez elle ? Elle ne demande pas mieux. Mais non, il ne le mérite pas... Terrible roman, sombre, suffoquant, qui nous laisse peu de répit. De rares rayons de soleil avec la tendresse de Nanette, l'affection de Micho, qui réchauffent brièvement le coeur glacé du lecteur, mais pas celui de l'enfant, qui souffre trop, depuis trop longtemps, d'un cruel manque affectif. C'est la reconnaissance de sa mère qu'il attend, il n'y a que cela qui puisse le rendre réceptif à l'amour des autres. Alors le lecteur garde la gorge nouée parce que Ludovic est attachant, bouleversant, mais que visiblement personne ne peut rien pour lui. La seule qui pourrait - sa jeune mère - ne le peut pas, revivant à l'infini à la vue de cet enfant le traumatisme d'un viol collectif, pas aidée par des parents bornés qui ont honte et la traitent de catin. J'ai dévoré ce livre, au programme de 3e de ma fille. Je l'avais lu à sa sortie en 1985, je me souvenais seulement de l'abandon maternel consécutif à un viol et de la douleur d'un enfant. J'ai redécouvert une excellente plume, très classique, qui pourrait être celle d'un auteur du XIXe, et tous les changements dans la vie de Ludovic que j'avais oubliés. Ce roman est l'un des plus poignants que j'aie lus à ce jour, il me semble, à cause de la douleur morale du petit et du sentiment de révolte et d'impuissance qui étreint le lecteur. On peut y voir un plaidoyer en faveur de l'avortement, de l'adoption. Mais surtout de la parole entre adolescents et adultes - les dégâts auraient été moindres si les parents de la gamine violée n'avaient pas réagi ainsi. C'est une bonne idée de faire lire ce roman à des collégiens dès 13-14 ans, si souvent persuadés d'être mal aimés, d'avoir des parents tortionnaires, d'être enfermés... Suis mon regard, ô jeune fille qui ressors de cette lecture impressionnée et conquise. Canel

    par Canel Le 31 janvier 2016 à 11:35
  • 4/5

    lu fin des années 80, mais m'a laissé un grand souvenir et m'a fait devenir lectrice de Quéfellec. La mère biologique a enfanté à la suite d'un acte odieux et ne parvient pas à être une mère pour l'enfant en quête de tendresse berthe

    par afbf Le 17 mars 2015 à 14:05
  • 4/5

    Ce livre lu lors de sa sortie en 1985, récompensé par le Prix Goncourt, m'est tombé entre les mains et je viens de le relire. Je ne peux pas dire que j'avais gardé un souvenir précis de ce terrible destin de gamin, celui de Ludovic, abrégé en Ludo. Lors de ma rencontre avec Quéffelec, dans les années 90, j'ai plus ou moins abordé avec lui cette histoire mais l'échange m'avait un peu déçue. Il était passé à autre chose. Le livre commence de façon terrifiante, par le viol prémédité par des soldats américains en garnison en France sur une gamine de treize ans, follement amoureuse de l'un d'entre eux et qui tombe dans un traquenard odieux. Puis c'est le vide, pendant huit ans dont on ne sait presque rien sauf que, de ce crime est né un gamin pas comme les autres. Bâtard d'un « Boche » (selon la vox populi qui cherche l'odieux le plus odieux), séquestré au grenier durant des années, à-demi attardé par manque de socialisation, totalement ignoré de sa mère et de se grands-parents qui le nourrissent à peine, il a la chance, croit-on un moment, d'être adopté par un beau-père miraculeusement tombé amoureux de sa mère, Nicole. Une éclaircie ? Pas vraiment, Nicole le hait, le demi-frère nouvellement hérité lui joue des tours cruels, seul le beau-père Micho éprouve un peu d'affection à son égard. Cela ne suffira pas à le protéger. Il mendie l'amour de sa mère, au moins la reconnaissance d'une existence à laquelle il ne peut rien. En vain. Dure, égoïste, incapable de distinguer le moindre sentiment chez son fils, elle le rejette et le nie, jusqu'à le placer dans une institution spécialisée où il va, des mois durant, attendre le moindre signe de cette mère incapable de l'aimer. De façon obsessionnelle, Ludo dessine des doigts noirs entre lesquels des cheveux rouge sang sont visibles, comme une image torturée de sa mère, inaccessible derrière le rempart noir. , Et jusqu'au bout, on espère quelque chose de doux, de chaud pour ce gamin né victime. Une très belle écriture sert cette histoire sans tendresse, sans espoir. Finalement, qui est le plus détraqué ? Hebelín

    par hebelin Le 17 mars 2015 à 13:31
  • 4/5

    Il était une fois un gentil petit garçon , Ludovic , choyé par des grands-parents aimants et une maman surprotectrice qui le couvait de son amour journalier . Bon , visiblement , ce scénario ininteressant et convenu à la miévrerie sirupeuse n'a pas tapé dans l'oeil de Queffélec qui a décidé d'en conter son exact opposé . Une couverture rose , pastichant de façon éhontée la délicieuse collection Harlequin , gage d'amour forcément contrarié mais au final toujours vainqueur . Huuum , prometteur tout ça ! Amour contrarié , le doux euphémisme que voilà ... Ludovic , victime expiatoire d'une jeune mere démissionnaire et aussi encline aux marques d'affection que le Trésor Public à vous restituer de l'argent , connaitra une vie météorique au cours de laquelle il découvrira un panel de sentiments divers et variés tels que tristesse , désillusion , peur , colere...mais jamais au grand jamais il ne touchera du doigt ce sentiment maternel bien légitime que l'on nomme amour ! Ludo est le fruit d'un viol ! Fruit pourri dès sa naissance . Cicatrice que l'on cache au grenier , tache indélébile sur l'arbre généalogique des Blanchard , batard emmuré dans un silence familial se voulant punitif . Sept longues années à ruminer , seul , à espérer et quémander le moindre signe d'affection de la part de Nicole , sa maman qu'il aime malgré tout...A entendre , par une lucarne , le bruit de la mer qu'il n'a jamais vu mais qu'il apprécie terriblement . Pas facile de se construire...Puis vient le temps de l'espoir symbolisé par Micho , un brave mécanicien veuf assorti de son fils , Tatav , publicité vivante des méfaits du Mc Do et peu partageur quand à l'amour paternel . Tatav est un passionné malgré tout ! Il vit pour deux choses : emmerder le monde et s'emmerder tout seul en pratiquant un petit loisir assez peu représenté dans le milieu associatif : la scatophilie . Une mere desormais esclavagiste , un demi-frere jaloux et merdique , un beau-pere aimant mais ayant bien du mal à s'affirmer face à sa nouvelle compagne : rien de nouveau sous le soleil . Ludovic subit encore et encore . Ses rares éclaircies , il les doit à Nanette , la cousine qui voit en lui ce qu'il est , à savoir un petit garçon en mal d'affection qu'elle s'efforcera de lui apporter avant de personnifier l'adage : ce sont toujours les meilleurs qui...Quand ça veut pas... Nicole ne supporte plus son fils . Désormais prégnante , c'est là l'occasion de s'en débarasser en l'expédiant illico presto dans une pension assez particuliere : le Centre Saint-Paul ,établissement mixte dévoué aux simples d'esprit . Car si Ludo n'est pas attardé , il en présente tous les symptomes . Son phrasé est parfois incohérent et souvent aléatoire , ses réactions atypiques mais comment en etre autrement apres un tel parcours ? Mademoiselle Rakoff , vieille fille acariatre , regne en maitre sur ce petit monde et prendra tres rapidement en grippe le dernier arrivant . Les pensionnaires sont éclectiques . Cela va de l'autiste au délirant en passant par l'halluciné . Un monde hétéroclite favorisant peu l'épanouissement personnel . Olidon , nain trigant et posteur , verra d'un tres mauvais oeil sa cote de popularité chuter au profit d'un Ludo n'ayant rien fait pour . Bref , les jours passent et se ressemblent , le confortant dans sa solitude innée , ses parents trouvant toujours un pretexte pour échapper à la visite dominicale . Quand ça veut pas... Et le pire reste à venir . Ce bouquin est une ode à la désillusion filiale . Un chant puissant clamant haut et fort les couleurs de la solitude et du ressentiment . Porté par une écriture magistrale , ce récit vous colle un bourdon terrible . Ce petit bonhomme , condamné des la naissance , cristallisant la faute supreme sans en etre en rien responsable , est desormais voué à une vie de ténebres , à une quete sentimentale que l'on sait vaine mais en laquelle il s'evertuera à croire jusqu'au bout , son reve ultime etant de se retrouver enlacé dans les bras de s

    par TurnThePage Le 04 novembre 2013 à 22:32
  • 5/5

    Cette histoire est bouleversante. Beaucoup d'émotions et surtout l'horreur du viol. Et ses conséquences cet enfant qui n'a pas demandé à naître mais qui paye les pots cassés... Vraiment magnifiquement bien écrit. Le départ m'a donné les larmes...

    par cloclo85 Le 10 mars 2013 à 10:03
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