4/5

7 avis

Malevil

Merle, Robert (1908-2004). Auteur

Edité par Gallimard. [Paris] - 1983-03-03

Langue : français

Collection : Collection Folio

ISBN : 2-07-037444-0

Description physique : 635 p.. couv. ill. en coul.. 17,8 cm x 10,8 cm x 2,6 cm


Une guerre atomique dévaste la planète, et dans la France détruite un groupe de survivants s'organise en communauté sédentaire derrière les remparts d'une forteresse. Le groupe arrivera-t-il à surmonter les dangers qui naissent chaque jour de sa situation, de l'indiscipline de ses membres, de leurs différences idéologiques, et surtout des bandes armées qui convoitent leurs réserves et leur « nid crénelé » ?

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Avis des lecteurs

  • 4/5

    Malevil est un roman que j’avais prévu de lire plusieurs fois mais dont j’ai toujours reporté la lecture, peut-être en raison de son épaisseur. Mais je ne comprends plus cette réticence quand à la lecture je redécouvre le talent de conteur de Robert Merle. C’est sûr que le début est fastidieux car Merle nous raconte de long en large l’histoire de Malevil et d’Emmanuel Comte. Mais ça se décoince lorsqu’arrive l’évènement. A partir de là le récit est fluide, les rebondissements arrivent régulièrement pour accrocher le lecteur. Robert Merle ne s’intéresse pas vraiment à comment ses personnages vont s’en sortir car ils sont assez vite dotés d’un capital qui leur permet d’envisager l’avenir avec une certaine confiance. Non ce qui l’intéresse le plus ce sont les relations entre ses personnages. Voir comment vont interagir des personnes de conditions différentes, de voir comment vont évoluer les personnes ayant une idéologie contraignante (qui ne serait plus adaptée aux nouvelles circonstances). Il n’y a qu’une seule chose qui m’a choqué, c’est la représentation de la femme dans le roman. Il y a trois types de femmes : la vieille paysanne patoisante et usée par le travail; l’homasse (c’est Merle qui utilise le mot) certes cultivée mais trop virile; la dévergondée qui couche avec tout ce qui bouge et qui par son manque d’esprit met tout le monde en danger. Celle qui semble à peu près normale, le narrateur regrette de ne pas l’avoir épousée car elle lui aurait fait « bon usage ». Malevil est un bon roman post-apo d’un auteur pourtant pas versé dans la littérature de l’imaginaire. A part des réflexions sur les rapports entre les sexes qui sont plutôt datées, c’est un roman qui se laisse très facilement lire.

    par Chiwi Le 27 février 2015 à 11:07
  • 5/5

    <strong>Un roman qui combine les genres terroir et anticipation</strong> Suite à une catastrophe nucléaire, les habitants d'un village du sud de la France doivent réapprendre à vivre, dans un Monde agonisant, et réorganiser leur microsociété selon des règles nouvelles. A la lecture de ce livre, on se dit que Robert Merles est assez visionnaire. La thématique du Monde post-apocalyptique est assez répandu aujourd'hui, mais en 1983, il est certain que son ouvrage a dû paraitre bien singulier. On ne décroche pas avant la fin, et le fait de placer l'action à une toute petite échelle rends les personnages très familiers...A lire de toute urgence !

    par 90011447 Le 19 septembre 2014 à 12:12
  • 5/5

    Pâques, 1977 dans le château de Malevil, Emmanuel et ses amis sont en train de mettre son vin en bouteille quand un accident ou une guerre atomique se produit et détruit une grande partie de l'espèce humaine. Tout autour du château tout est dévasté et commence alors pour Emmanuel et ses compagnons l'obligation de survivre même si le futur leur semble bien compromis. Peu a peu une organisation se met en place pour que ce petit groupe de survivant arrive a cohabiter malgré leurs différences idéologiques et ce retour a une civilisation rudimentaire où le progrès n'est plus qu'un souvenir. Puis viendra le moment de se poser la question de savoir si d'autres êtres humains ont eux aussi réussis a survivre et si dans un contexte de disette leurs intentions seront pacifiques ou au contraire belliqueuses. C'est un livre que j'ai lu il y a une vingtaine d'années ,qui m'avait marqué et dont je m'étais promis de le relire. A u delà du fait que j'avais oublié beaucoup de détails sur ce roman je me rend compte qu'avec le temps le niveau de lecture évolue. Où je ne voyais qu'un très bon roman d'anticipation, j'y vois en plus un roman sociologique où tous les sujets sont explorés sans tabou ni crainte de choquer. Avec un point de départ pratiquement identique a celui de &quot;la route&quot; de Cormac McCarthy, ce roman écrit en 1972 en pleine Guerre Froide, explore avec beaucoup d'intelligence tous les aspects de l'être humain face a une situation exceptionnelle où la lutte pour survivre oblige des hommes civilisés a avoir recours a des moyens extrême . Au travers d'une intrigue passionnante et haletante où l'on assiste au combat d'un groupe d'homme pour réussir a maintenir l'espèce humaine sur terre, l'auteur nous livre une étude sociologique pertinente sur la place de la religion, la monogamie, le progrès et l'espérance en l'être humain. Vision pas très optimiste sur l'Homme, ce roman évite malgré tout l'écueil de dépeindre un monde trop sombre . Une très belle réussite de Robert Merle a qui l'on doit beaucoup d'excellents romans et qui arrive a toucher tous les genres de la littérature avec un égal bonheur. Je recommanderai plus particulièrement &quot;la mort est mon métier&quot; (biographie romancée de Rudolf Hoess), &quot;Week-end a Zuydcoote&quot; (prix Goncourt 1949) et la série historique &quot;fortune de France&quot;.

    par Zembla Le 12 octobre 2013 à 19:15
  • 5/5

    Recherche gîte rural post-apocalyptique Le jour de l'Incident, Emmanuel Comte - ancien instituteur ayant pris à la mort de son oncle la succession des terres et du château de Malevil - a eu la bonne idée de se trouver dans sa cave pour &quot;tirer le vin&quot; avec la vieille Menou et son fils Momo. Heureusement pour eux, les amis d'enfance d'Emmanuel (Peyssou, Colin, Meyssonnier) ainsi qu'un jeune étudiant en &quot;cailloux&quot;, Thomas, les y ont rejoint. Après des heures de souffrance Emmanuel et Thomas, en éclaireurs, quittent leur abri de fortune pour rejoindre l'extérieur. Là, ils ont la confirmation de ce qu'ils avaient pressenti : une bombe dite propre (sans retombées) a laissé un paysage dévasté, des cendres, de la grisaille à perte de vue et le silence. Cette vision d'apocalypse nous est donné à voir à travers le regard d'Emmanuel. &quot;Maintenant oui, il y a du silence. Et ciel et terre, rien d'autre que du plomb, de l'anthracite et du noir. Et en plus, l'immobilité. Un cadavre de paysage. Une planète morte.&quot; [...] &quot;Le monde n'était plus qu'une fosse commune, et moi, on m'avait laissé seul sur ce charnier, avec mes compagnons, pour enterrer les morts et vivre avec leur odeur&quot; De désespoir (&quot;mince on est 6 hommes pour une &quot;vieille&quot; femme! Comment allons-nous perpétuer l'espèce?&quot; question existentielle s'il en est une dans le roman) en espoir (&quot;oh chouette une femme, faites tourner!&quot; Comme quoi les hommes ne sont bien rien sans nous!!!), nos 7 compagnons reprennent du poil de la bête mais, c'est sans compter les Hommes et cette nature humaine portée à l'auto-destruction. Eh oui, même dans un monde en ruine où l'on pourrait s'attendre à de la solidarité entre rescapés, il faut encore se battre contre l'avidité, la jalousie, la tyrannie, la soif de pouvoir et les pillards... Le Cercle affublé petit à petit de nouveaux membres se reconstitue pour former la communauté de Malevil (toute allusion à l'autre communauté avec des elfes, des nains, des orcs serait fortuite, bon on a bien Colin qui se prend pour Legolas mais bon...). Je disais... Il s'agit non plus de survivre à une bombe mais à l'Homme et de sauvegarder à tout prix la terre, la &quot;famille recomposée&quot; et l'ultime vestige du temps d'avant : le château de Malevil, le dernier abri contre la bêtise humaine. &quot;Malevil, aujourd'hui, c'est bien autre chose. C'est une tribu - avec des terres, des troupeaux, des réserves de foin et de grain, des compagnons unis comme les doigts de la main, et des femmes qui nous porteront des enfants. C'est aussi notre repaire, notre tanière, notre nid d'aigle. Ses murs nous protègent et nous savons que nous serons enterrés dans ses murs.&quot; Malevil, roman d'anticipation de 1972, écrit sous forme d'un &quot;journal de bord&quot; tenu par Emmanuel est empreint d'un réalisme mis en avant par les commentaires, annotations et corrections apportées par Thomas. Ce roman n'a pas mal vieilli (Tchernobyl, Fukushima en sont la preuve dans une moindre mesure). Les réflexions qu'il amène sont toujours d'actualité. Comment survivre à un cataclysme qui éradiquerait toute vie animale, végétale sur terre ; en l'absence de technologies? Comment et en qui trouver la force pour tout reconstruire et repartir de &quot;zéro&quot;? Leçon de survie Je n'sais pas si ce livre donne des réponses mais il autorise la remise en question de tout un tas d'idées pré-établies dans nos sociétés modernes. Comme le dit si bien Emmanuel, comme tous finissent par le comprendre et s'y résoudre, &quot;les valeurs ont changé&quot; : la religion, l'ordre et la morale, les relations homme/femme, la propriété. On met en place de nouveaux consensus qui à la lumière des évènements ne nous choquent pas plus que ça. Leçon de choses Malevil c'est aussi une mise en garde sur ce que nous prenons pour acquis. &quot;On s'y habitue, à ce qui vous fait vivre. On finit par croire que ça va de soi.

    par Cera1volta Le 11 novembre 2012 à 20:06
  • 5/5

    Dès la première page, j'ai été cuite. Foudroyée immédiatement par la beauté de la langue, qui se fait multiple en plus tout au long du roman (avec une prof de maths qui articule exagérement un vocabulaire recherché, un brave attardé mental, du patois, de la rhétorique, de la propagande, j'en passe, et même, figurez-vous, une muette, qui saura parfaitement se faire comprendre). Mais tout aussi forte est l'histoire, qui dénie au lecteur la possibilité de s'arrêter : Non, on ne peut pas marquer de pause, chaque page appelle la suivante, on est à fond dedans ! Malevil, c'est un récit post-apocalyptique. La guerre atomique a eu lieu (fulgurante). Personne n'a rien compris, personne ne sait quelle est l'ampleur de la destruction (mondiale apparemment, en raison du dérèglement climatique) et à la limite peu importe : pour ceux qui ont survécu, il s'agit de continuer à vivre, et donc de s'organiser. A Malevil, ils sont un petit groupe vite mené par Emmanuel Comte, notre narrateur. Ils se débrouillent comme des chefs, créent une petite société en communisme agraire primitif, sont en autarcie et retrouvent peu à peu un sens à la Vie. Mais ils ne sont pas les seuls survivants, et ce sont véritablement des guerres qu'il faut gérer... Aux côtés d'Emmanuel, on a ponctuellement l'intervention du jeune Thomas, qui recadre un peu les évènements, avec une objectivité dont le narrateur manque de plus en plus au fil des pages. Emmanuel se révèle dans ces conditions difficiles, se dépasse même très certainement, et a besoin pour ce faire d'une importante confiance en lui, qu'on comprend parfaitement en tant que lecteur. Il nous agace malgré tout, parce que c'est comme ça, on n'aime pas les hâbleurs à qui tout réussit. En même temps on s'identifie complètement à ses &quot;ouailles&quot;, on compte sur lui pour se montrer fort quand c'est nécessaire (allez tuer des inconnus morts de faim en face à face, vous, parce qu'ils mangent votre blé même pas encore mûr sur sa tige, tout cru), réfléchi quand il s'agit de gérer les relations sociales, généreux pour les survivants du village voisin, impitoyable pour l'affreux curé qui a y a pris le contrôle, pénétrant quand il se penche sur la religion, bref, on veut un guide, un appui, un leader &quot;qui sait&quot;. Et on voudrait, qu'en plus, il soit modeste ? Bon on se gausse quand même de ce &quot;il parpalège&quot; qu'on voit toutes les 3 pages. Alors j'ai cherché, c'est cligner de l'oeil. A priori sur le net c'est uniquement en rapport avec Robert Merle qu'on en parle ;o) Mais Malevil, quoi. Le genre de roman qui vous promet des nuits agitées, des interrogations sans fin, et qui est, au final, d'un pessimisme profond, mais absolument pas déprimant. Marquant. Sylvie Sagnes

    par SagnesSy Le 06 juillet 2012 à 16:11
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