4/5

19 avis

Tangente vers l'est : roman

Kerangal, Maylis de (1967-....). Auteur

Edité par Verticales. [Paris] - 2012-01-12

Langue : français

Collection : Minimales (Paris) ; Minimales

ISBN : 978-2-07-013674-2

Description physique : 1 vol. (127 p.). couv. ill. en coul.. 17,0 cm x 11,7 cm x 1,1 cm


'Ceux-là viennent de Moscou et ne savent pas où ils vont. Ils sont nombreux, plus d´une centaine, des gars jeunes, blancs, pâles même, hâves et tondus, les bras veineux le regard qui piétine, le torse encagé dans un marcel kaki, allongés sur les couchettes, laissant pendre leur ennui résigné dans le vide, plus de quarante heures qu´ils sont là, à touche-touche, coincés dans la latence du train, les conscrits.' Pendant quelques jours, le jeune appelé Aliocha et Hélène, une Française montée en gare de Krasnoïarsk, vont partager en secret le même compartiment, supporter les malentendus de cette promiscuité forcée et déjouer la traque au déserteur qui fait rage d´un bout à l´autre du Transsibérien. Les voilà condamnés à fuir vers l´est, chacun selon sa logique propre et incommunicable.

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Avis des lecteurs

  • 2/5

    On me propose depuis quelques années de prendre le Transsibérien. Mais la promiscuité en espace clos pendant plusieurs jours, non merci. Par contre je veux bien monter dans ce train avec les mots de Maylis de Kerangal, y accompagner Aliocha - ce jeune appelé qui veut déserter - et suivre son périple. Je m'ennuie vite. La narration ne me convient pas, longues phrases, énumérations. Ce qui s'y passe ne m'accroche pas longtemps. Je m'échappe, même pas par la fenêtre du train, je n'arrive pas non plus à suivre les descriptions du paysage. Je termine le livre mollement parce qu'il est court, après m'être répété que sa beauté m'échappe, que la plume de Maylis de Kerangal ne me convient pas, même lorsque le rythme s'accélère dans les dernières pages. J'ai lu beaucoup d'éloges sur son dernier roman 'Réparer les vivants'. Le sujet me fait reculer, le style de l'auteur aussi, désormais. Canel

    par Canel Le 28 septembre 2014 à 16:33
  • 4/5

    <strong>Tout au bout du monde...</strong> Tangente vers l’est est un petit roman plein d’énergie et de poésie, au style tout à la fois impulsif, léger et enlevé, écrit par Maylis de Kerangal à la suite d’un voyage officiel à bord du Transsibérien, célébrant l’année France-Russie. Fiction des contraires, le train mythique devient le lieu d’une rencontre improbable entre Hélène, jeune femme française quittant un amour russe (par incapacité de se fondre dans l’esprit sibérien peut-être et dans la rugosité de son climat), et Aliocha, jeune conscrit que la perspective de l’engagement effraie et qui n’aura de cesse, durant cette traversée, d’essayer de déserter. Ils se parleront dans une langue au-delà des mots et s’aimeront dans un rapprochement organique et presque animal. Elle l’aidera à se cacher pour, finalement, après une pause dans les plaines sibériennes, au-delà du temps et du rythme des rails, l’emmener avec elle jusqu’à Vladivostok, ville du bout du monde au bout de laquelle se trouve le Pacifique. Tangente vers l’est est l’occasion de traverser un territoire russe aussi attachant qu’harassant, aussi bouleversant (le lac Baïkal) que violent (la dureté de son climat, la sécheresse de ses autorités…). Dans ce Transsibérien, tout devient possible : la banalité côtoie en permanence le sublime et une histoire contemporaine s’y écrit. Les plus belles rencontres semblent bien être les plus improbables, et les plus romanesques !

    par vlvl1600945076 Le 19 août 2014 à 12:09
  • 4/5

    Aliocha, jeune russe, est appelé pour effectué son service militaire. A bord du Transsibérien qui l'emmène vers son affectation inconnue, il tente de s'enfuir. Il rencontre Hélène, une française qui traverse la Russie pour se rendre à Vladivostok et qui accepte de partager son wagon avec lui afin qu'il échappe à la traque des déserteurs. Maylis de Kerangal nous embarque dans un huis-clos saisissant. Tout se passe à bord du Transsibérien et dans quelques gares entre Moscou et Vladivostok. Très peu de personnages peuplent ce court roman : Aliocha, Hélène, une provodnista (responsable de wagon) qui se prend d'affection pour le jeune conscrit et l'aide à se cacher et le sergent Letchov en charge des appelés. J'ai beaucoup aimé la relation qui se crée entre Hélène et Aliocha, relation renforcée par les heures et les jours passés seuls dans leur compartiment. Il y a très peu de dialogues dans ce roman : Hélène et Aliocha ne parlent pas la même langue et communiquent uniquement par gestes et surtout par regards. Si, à première vue, tous les opposent, ils finissent par se comprendre car quelque chose les rassemble : tous deux fuient. Aliocha fuit le service militaire, et notamment le diedovchina, le bizutage des appelés : &quot;et lorsqu'il sera là-bas, si les conscrits de deuxième année lui brûlent la verge à la cigarette, lui font lécher les latrines, le privent de sommeil ou l'enculent, il sera seul, personne ne pourra rien pour lui&quot;. Hélène fuit Anton, son amant qu'elle a suivi jusqu'en Sibérie, mais qui maintenant a changé. Tous deux deviennent complices dans leur fuite. Vers où ? Vers quoi ? Ils ne savent pas trop, mais ils iront jusqu'au bout du voyage, pour récupérer leur liberté. De gare en gare, les personnages sont comme prisonniers du train, qui les emmènent peut-être vers une vie meilleure, mais en leur faisant subir des épreuves, comme la fouille du train à la recherche du déserteur, la peur qu'on les dénonce... Tout comme Hélène et Aliocha, on panique, on angoisse, on espère. L'écriture de Maylis de Kerangal est à la fois brute et belle, un peu comme les paysages que le Transsibérien traverse. Une très belle découverte ! http://leschroniquesassidues.blogspot.com/

    par chroniquesassidues Le 28 juillet 2014 à 11:38
  • 5/5

    Dans ce court roman, Maylis de Kerangal réussit à nous donner une image de la Russie, de son immensité, de la beauté des paysages, de la détresse des individus, de la violence des rapports humains, des réminiscences de l'air soviétique, tout en nous faisant percevoir la longueur de trajet dans le Transsibérien. Aliocha est un conscrit en partance dans ce train pour une destination inconnue qui l'effraye, il ne voit comme issue que la désertion, il rencontre Hélène, une française, elle voyage vers Vladivostok, pour rejoindre son compagnon russe, elle va partager le secret de Aliocha et l'aider à échapper à la traque qui s'organise tout au long du train, elle se retrouve condamnée à lier son destin, à la fois volontairement, mais aussi contre son gré, à celui du jeune déserteur. La construction de l'histoire, les rebondissements, l'écriture réussissent parfaitement à ce que lecteur perçoive le bruit lancinant des roues, circule dans le couloir avec les personnages, tremble lorsque les contrôleuses zélées frappent à la porte du compartiment d'Hélène. Le temps de la lecture on vit tout à fait au rythme de ce long périple. C'est un roman qui vaut tous les récits où reportages sur le Transsibérien. Paru entre &quot; Naissance d'un pont &quot; et &quot; Réparer les vivants &quot;, &quot; Tangente vers l'est &quot; est encore un exemple du grand talent de Maylis de Kerangal.

    par JoelC17 Le 24 juillet 2014 à 15:42
  • 4/5

    Au printemps 2010, Maylis de Kerangal fut invitée avec d’autres écrivains pour un voyage officiel dans le Transsibérien organisé pour l’année France – Russie. Elle en a tiré cette fiction, pièce radiophonique ensuite retravaillée et adaptée en livre en 2012. Cette fiction est l’histoire de deux êtres en fuite dans le mouvement du train ; Aliocha le conscrit, pris de panique et qui préfère tout plutôt que de rejoindre l’armée russe, et Hélène la française, embarquée par hasard à bord du Transsibérien pour se soustraire au vide et à la dureté de la vie sibérienne, région dans laquelle elle suivit Anton, son amant russe. «Et de nouveau la trouée translucide, les rails qui surgissent sous ses pieds, la brève piste métallique sitôt engloutie dans la nuit, les pierres crayeuses concassées entre les traverses, parfois une poignée d’herbes blanches, poudreuses, et de nouveau ce chemin de fer qui lui rappelle qu’il n’existe plus que pour s’enfuir.» Ces deux personnages que rien ne rassemble, que la langue sépare, vont se retrouver liés par leur échappée dans le Transsibérien, leur impulsion pour fuir, leur brève complicité. Et dans ce récit bercé par le rythme du train trouant l'étendue ténébreuse de la forêt sibérienne, le temps semble prendre une nouvelle consistance, tantôt ramassée et nerveuse, tantôt élastique et comme distendue. Malgré une évocation de la Russie qui tend ici vers sa caricature, Maylis de Kerangal a toujours autant de talent pour donner vie aux lieux, les couloirs et les compartiments du train de cette &quot;Tangente vers l'est&quot;, lieu d’histoires et de rencontres improbables comme celle d'Aliocha et d'Hélène. «Ceux-là viennent de Moscou et ne savent pas où ils vont. Ils sont nombreux, plus d’une centaine, des gars jeunes, blancs, pâles même, hâves et tondus, les bras veineux le regard qui piétine, le torse encagé dans un marcel kaki, futes camouflage et slips kangourous, la chaînette religieuse qui joue sur le poitrail, des gars en guise de parois dans les sas et les couloirs, des gars assis, debout, allongés sur les couchettes, laissant pendre leurs bras, laissant pendre leurs pieds, laissant pendre leur ennui résigné dans le vide, plus de quarante heures qu’ils sont là, à touche-touche, coincés dans la latence du train, les conscrits.»

    par MarianneL Le 17 mars 2014 à 16:20
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